‹ Le costume en FranceChapitre 98 sur 117 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

tives nous échappe; un vêtement à l'Austrasienne, une veste à la Péruvienne^ sont des inventions originales de la couturière en renom. C'est quelquefois révénement du jour qui donne son nom à la coiffure du lendemain : tel est le cas pour la coiffure à la Belle-Poule et au glorieux d'Estaing.

Il faut noter, comme une chose symptomatique, le goût et les mœurs rustiques. Sans doute ce n^est pas un goût bien profond. La société frivole ne se mêle pas réellement à la vie des population rurales. Mais il y a une certaine décentralisation. L^aristocratie habite volontiers ses propriétés de provinces, ses châteaux, ses petits hôtels suburbains, ses folies. La reine donnait l'exemple à Trianon. Dans ce cadre élégant, dans cette nature artificiellement composée à main d'homme, les costumes sans façon, les négligés, les déshabillés sont assez à leur place. On vit plus en plein air que jadis; on jouit de la campagne, de la promenade dans les beaux parcs; on prend plaisir à visiter des laiteries toutes préparées pour cette visite. Les étoffes claires et légères, de fabrique nouvelle, s''harmonisent avec cette vie élégante et factice.

Mais on ne saurait dire que ce soit là le costume français de l'époque. La bourgoisie, honnête et retirée, dont rheure va sonner, le porte plus justement. Les délicieuses excentricités dont nous venons de parler sont le fait de quelques milliers d'écervelés. Il ne faut pas être sévère à leur égard ; c'est leur charmante folie qui a suscité cette renaissance du luxe élégant en toute matière. Mais la mode défait elle-même ce qu'elle a créé; comme le dit Mercier : « Tandis que j'écris, la

langue des boutiques change; on ne m'entendra plus dans un mois. » Il est vrai que le Cabinet des Modes jetait, à la veille de la Révolution cette présomptueuse boutade : « Nos marchandes de mode feront honte aux siècles passés et aux siècles futurs, qui dégénéreront nécessairement parce que tel est le sort de ce qui est parvenu à la perfection. »

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