TAB. VII
COUPES DE LA ROBE DU CARACTÈRE MONGOL ; DU ferez TURC ET DU caftan POLONAIS. — LA BOTTE TARTARE ET LES CHAPEAUX. — VÊTEMENTS ET PARURES LITURGIQUES. — LES BRODERIES EN PERLES DU STYLE GRÉCO-BYZANTIN; CES DIVERSES PIÈCES APPARTENANT AU PASSÉ DE LA RUSSIE.
Nos 103, 107, 108, 110, 111, 113, 116, 117, 119, 120 et 121. — Ces fragments donnent l'ensemble et les détails significatifs de vêtements ayant été à l'usage d'un patriarche de Moscou, Nikon, représenté en pied, et qui fut un personnage important du commencement du dix- septième siècle.
Le n° 103 offre le développement de la robe en surtout que l'on voit à ce patriarche dans sa grande tenue ; c'est le principe même de la robe mongole, ouverte droit dans toute sa longueur, mais boutonnée sur la poitrine. La disposition rayonnante des côtés de ce vêtement est celle des lés de l'étoffe persane dont la robe est faite ; le détail n° 103 donne la forme en olive des boutons passementés, d'un genre tout oriental. Ce surtout a des manches ouvertes et tombantes dans lesquelles on passait ou on ne passait pas le bras ; le n° 116 en donne la physionomie de profil, le vêtement étant emmanché.
Le n° 107 est le développement de la robe plus étroite portée sous le surtout ; elle est aussi longue que le pardessus, et Nikon l'avait seule, en été, dans la petite tenue où il est coiffé du chapeau jaune n° 110, se rapprochant de la forme du chapeau de nos cardinaux; cette robe, boutonnée du haut en bas et à manches fermées au poignet, est également d'étoffe persane ; avec son petit collet, elle a les caractères du sarafan, et ses boutons en olive, comme on le voit par le second n° 107, sont encore du même genre oriental.
Le capuchon est indépendant du vêtement, ainsi que le montre par le dos le n° 119, aussi bien que le n° 120 le présentant de face, en figure régulière. Les larges bandes en pendentifs latéraux donnent à ce couvre-chef une physionomie des plus caractéristiques, et avec les broderies de son frontal et le petit couronnement du sommet surmonté de la croix grec-
que en orfèvrerie émaillée, c'est assurément l'un des plus beaux spécimens du genre.
Deux modes de décor étaient en usage pour les pendentifs, plus ou moins longs et plus ou moins larges de ce capuchon. Tantôt l'étoffe était couverte par une suite de petites plaques métalliques ornées de nielles, avec encadrement de perles brodées couvrant les solutions de continuité en faisant du pendentif une pièce articulée (c'est le système employé n° 114), et tantôt, comme au capuchon de Nikon, le décor était une broderie en perles, mêlée de pierreries de couleur, sur un fond de soie en fils d'or. Le fragment n° 113 indique dans son caractère essentiel la broderie en perles du genre gréco-byzantin, dans lequel l'écriture des inscriptions ainsi que les linéaments du dessin des figures sont des tracés en perles fines. C'est une joaillerie souple, d'une physionomie toute particulière. Ce capuchon de Nikon est représenté en soie blanche, bien qu'à partir de 1589, le patriarche de Moscou ait eu le privilège de le porter noir, les autres dignitaires devant s'en tenir au blanc.
La botte à la tartare, n° 111, botte à tige courte et ferrée au talon en demi-lune cloutée, détail n° 121, paraît avoir appartenu, ainsi que le chapeau de cuir, n" 117, à un costume de ville d'un caractère laïque dont Nikon faisait usage.
Nns 104 et 106. — Collets mobiles, ayant la figure de larges colliers, et du même caractère que celui porté par le patriarche n° 114. Ils sont décorés de ces broderies en perles mêlées de pierreries de couleur, et parfois aussi de parties métalliques rapportées, dont il est parlé ci-dessus. Ces nos 104 et 106 sent des ornements impériaux, et ont vraisemblablement une signification liturgique sur les épaules de l'empereur, chef de la religion grecque.
N° 105. — Capuchon de l'archevêque Basile, quatorzième siècle ; on en fait remonter le mode au
dixième siècle. Il est en soie blanche, mêlée de parties moirées; il a les deux longs pendentifs par devant, et dans le dos un seul pendentif, au moins aussi long que les autres.
N<> io9. — Développement du ferez porté par Boris Godounow, tzar de la Moscovie en 1598, pl. 430, fig. 15.
N° 112. — Chasuble de l'évêque Nicetas, fin du onzième siècle et commencement du douzième. Elle est représentée par devant et par derrière, en même temps que drapée à l'aide des boutons et agrafes qui se trouvent sur les deux faces du vêtement. Ces boutons sont en forme de grelots de cuivre pour la facilité du maniement ; on en voit ici le détail de face et de profil.
N09 114 et 115. — Capuchon du patriarche Philarète,
vu de face et de dos (dix-septième siècle). Nous n'avons point à revenir sur le système de la décoration des bandes ; ce qu'il y a de particulier ici, c'est que l'arrière dn capuchon tombant dans le dos est orné par une des plaques métalliques dont les bandes sont décorées. L'aigle qui figure sur l'avant du capuchon est une broderie en perles. Le large collet formant collier est du genre des n"s 104 et 10G ; il a de plus une peinture émaillée dans la partie centrale, représentant le crucifiement.
N° 118. — Développement du caftan d'honneur du cosaque Brechka porté par les fig. 2 et 5, pl. 438, le vêtement y est représenté sous ses deux faces, et l'un des deux exemples montre qu'on le fixait parfois au corps avec une ceinture. Il a le caractère polonais, ainsi qu'il est dit dans la notice.
Documents empruntés aux Antiquités de l'empire de Russie, grand ouvrage de Solntzer, publié par ordre de l'empereur Nicolas ; Moscou, 1849-53 (texte russe).