‹ Le costume historique (volume 2)Chapitre 58 sur 87 · TAB. VIII · texte numérisé non relu

TAB. VIII

ROBES, TUNIQUES ET MANTEAUX DE LA CHTNE ET DU JAPON. — LE haol, LE han-chaol, LE ma-COUCll ET LE pikien. — LE SURTOUT FLOTTANT DES PORTEURS DU SABRE AU JAPON.

Nous n'avons point à revenir sur le caractère des pièces du vêtement chinois représentées ici isolées, et dont la définition se trouve dans les notices accompagnant les planches, particulièrement dans la notice de la pl. 89. Toutes les coupes de ces vêtements étant des plus simples, il n'y a pas lieu de donner les tracés de patrons aussi faciles à comprendre. Enfin nous parlons assez longuement dans notre introduction du caractère du vêtement officiel et du décor de la robe d'honneur pour n'y point revenir non plus.

N° 123. — Haol, la grande robe fermée par le côté. Celle-ci est décorée du dragon à cinq griffes, et a été portée par un empereur ou quelqiie membre de sa famille, ou encore a été décernée par le souverain à titre dejou-y, ou récompense honorifique.

N° 129. — Cet exemple appartient au même vêtement, et ayant été photographié en même temps , il conserve les rapports de proportion relative qui existent entre les deux pièces. Ce n° 1 29 est le kan-chao7, la tunique courte, s'ouvrant dans toute sa longueur, sur le devant ; il se porte sous la robe, et par-dessus la chemisette de soie.

N° 128. — Partie supérieure d'un autre haol impérial dont l'aspect modifié aide à mieux faire comprendre la disposition des manches, et aussi le collet en pèlerine, le pi-Men, pièce mobile, se fermant étroitement autour du cou, et que l'on fixe sur le vêtement avec les agrafes de la fermeture.

N° 130. — Ma-coual. C'est le surtout que l'on met sur la longue robe ceinte , qui est plus court et est fendu sur les côtés. L'ouverture est droite sur le devant, fermée à l'encolure par un bouton, et vers le milieu par un ruban noué aux bouts pendants. Celui-ci est un vêtement de femme. Les larges manches développées couvrent les mains, selon l'usage et conformément à l'étiquette. Le pi-kien tailladé est figuré par une broderie; enfin sur ce coquet vêtement

en soie brochée de couleur rose, une plaque de oie, décorée de personnages brodés, occupe la placi du pou-fou, le pectoral des mandarins.

Nos 122, 124, 125, 126 et 127. — La série se rattiche à la représentation du vêtement japonais qui le n° 124 montre par le dos, vêtement qui est une s>rte de manteau volant, à amples ailerons d'une esjèce particulière, un surtout combiné pour les besdns du porteur des sabres. Les chefs militaires de l'odre le plus relevé en font usage, ce manteau de gnnd caractère, devenant un vêtement magnifique pa la richesse des broderies appliquées et les franges qi'on y ajoute.

Cette pièce du costume ne figurant point danfles planches de notre recueil, nous ne saurions y Envoyer pour montrer ce surtout porté ; nous obvbns donc ici à cette lacune, en présentant, et sous tois aspects différents, des manteaux du genre de nctre exemple principal vu sous une seule face, et de nanière à contenter l'attention que l'on peut porte à ce vêtement caractéristique auquel son cachet iational ajoute tant d'intérêt.

Le n° 125 donne, par moitié, le principe de la coipe de ce manteau, et les nos 122 et 127 montrent qi'il reste ouvert par devant, les deux côtés étant relés, au besoin, par des cordons de soie à la hauteur de la poitrine, mais toujours tenus assez écartés pmr que le passage de la poignée du grand sabre à deux mains, le sabre d'office dont les samouraïs ne se séparaient jamais, n'en soit pas gêné ; et, de même, le passage de l'autre bout de l'arme ou des deux sab es entrecroisés, selon l'habitude, est assuré par ebrrière comme on le voit par le pli de l'encoche lu n° 124, et par l'exemple n° 120. Le large aileron i'a point l'entournure de la manche ordinaire, son ;eu est particulier, et il ne prend la physionomie delà manche que lorsqu'il est ramené sur le bras, qu'il couvre avec ampleur, l'homme ayant la faculté le rejeter en arrière cet aileron lorsqu'il faut tirer le

sabre pour combattre. D'après les exemples, nos 122 et 127, il est sensible que pour faciliter le maintien de cet aileron sur le devant du corps, il existe dans la doublure de l'aileron simple, un passage formant une petite manche intérieure pour l' avant-bras , et dont on a le loisir de ne pas se servir, ainsi que le fait le n° 122, tenant de la main droite pendante l'éventail en fer, insigne du commandement militaire , la main gauche relevée à la hauteur de la poitrine, prise dans la doublure de l'aileron. Dans d'autres exemples, que nous n'avons pu joindre à ceux-ci, faute de p'ace, le système de ces ailerons se complète par des cordons à l'aide desquels on rejoint les deux côtés de la fausse manche, et il y en a plusieurs à des places distancées, de

façon à fermer plus ou moins l'ouverture, qui toutefois reste toujours large.

Le magnifique vêtement qui fournit l'exemple principal mérite encore quelques indications. Il est de satin noir broch?, relevé de broderies appliquées qui deviennent de véritables bas-reliefs de la plus grande richesse ; ce sont des dragons ailés, soie et or, ayant des yeux d'émail et de longues barbes détachées. Un groupe de fleurs et feuilles d'or d'où pendent de longues soies jaunes forment une frange abondante vers le milieu de la pièce, ornée encore par les armoiries de Dewa en blanc bordé d'or, et autres images en or, en semis capricieux sur le fond. Enfin une riche frange d'or à réseaux garnit le bas de ce surtout.

Les nos 123 et 129, documents photographiques, proviennent de la collection de l'Art ancien de Frank, n» 1342.

Les n05 124, 128 et 130, ayant fait partie de l'exposition du Costume faite par l'Union centrale en 1874, sont également des documents photographiques, nns 114, 120 et 178 de la série exécutée par M. Berthaud à l'époque. Les n»s 122, 126 et 127, d'après des originaux japonais.

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