TAB. IX
VÊTEMENTS DU MODE ORIENTAL MODERNE. — TYPES DE CHAUSSURES. — EUROPE ET ASIE.
Ces spécimens sont encore de ceux dont la représentation d'ensemble suffit; la coupe des vêtements destinés à être chargés de broderies plus ou moins épaisses et de passementeries doit, en principe, être toujours simple, en présentant des surfaces planes et des contours sans complication. Le tracé des patrons des vêtements de cette sorte serait inutile, même pour l'œil le moins exercé.
Nos 131, 141 et 148 — Le salta, petite veste qu'on ne ferme pas et qui se porte par-dessus les autres vêtements ; ses manches sont plus ou moins courtes et laissent passer celles delà chemise qui se prolongent sur la main, ou s'épanouissent en manchettes, selon les localités. Ce vêtement est en usage partout en Orient, les dames en ont de très coquets, ornés avec luxe; l'ouvrier, qui dépose son salta pour travailler, le porte simple. Le n° 131 offre l'exemple du salta très ouvert sur la poitrine d'une chrétienne du Liban, et les nos 141 et 148 celui du salta des dames de Trébizonde, que l'on voit porté par la figure 11, pl. 180. Ces petites vestes, sans collet, sont en velours, broderies et passementeries d'or; le dessin des broderies a le caractère indo-persan.
NÙS 132, 143, 144, 145 et 14G. — Deux pièces d'un même costume avec des détails agrandis. Le n° 145 est la veste circassienne, une sorte de gilet sans manches ; elle est fendue des deux côtés à la hauteur des hanches, et les femmes du Kurdistan la passent pardessus le kaftan. Celle-ci est en drap bleu, richement garnie de galons et de soutachés d'or ; les boutons (V. n° 144) ont la forme du bouton de la fleur de camomille, que la rosace du brandebourg, n° 143, montre dans son épanouissement. Le n° 132 est la jambière disposée en fausse guêtre, décorée, selon l'habitude, dans le goût du vêtement ; on en voit ici le caractère par le détail du gansé rond, enroulé ou simple ou double, ainsi que par la rayure des bandes de passementerie.
N° 1 33. — Autre jambière en fausse guêtre, provenant de Trébizonde.
N° 134. — Djubbé à manches, porté par une musulmane d'Albanie qui, on le voit, tient ouverte cette robe en surtout. Velours enrichi de broderies d'or eu dessin le plus élégant.
N° 135. — Riche soulier de femme, dont la semelle intérieure est brodée comme le dessus. Ce soulier houppé de soie, laisse le pied très découvert.
Nos 136 et 140. — TeleJc ou gilet sans manches, et mintan, de Salonique, comme on le voit particulièrement par la forme de l'extrémité des manches, semblables à celles portées par l'homme fig. 1, pl. 464. Boutons en grelot et broderies d'or sur drap.
N°» 137, 138 et 142. — Veste, contre- veste vue de dos, et détails d'un même costume à'Arnaout; pièces d'habillement sur lesquelles nous ne nous arrêterons pas, ce costume étant porté par la figure n° 7. pl. 464, sur laquelle on voit le jeu de la manche, ouverte dans la partie supérieure pour laisser apercevoir le linge. Le n° 142 donne le détail caractéristique du bouton en passementerie et de la boucle en cordelette de soie lui servant d'agrafe.
Noi 139, 147 et 149. — Babouches; la première avec le quartier replié qui en fait une mule ; la seconde avec le quartier debout pour la ville ; ce sont des chaussures de femmes en velours et brodées d'or, tes bouts en sont relevés. Le n° 149 est en maroquin ; cette chaussure, qui n'a pas la pointe des deux antres, est d'un caractère arabe et d'usage masculin.
N° 150. — Patin de femme, qui est une sandale dont on fait usage les pieds nus. On emploie les patins de cette sorte à Constantinople comme à Bagdad, et les dames qui en font recouvrir le bois plein avec des incrustations de nacre, d'écaillé, des frets d'argent ou d'étain , disposés en mosaïques , ne portent en somme, que le nadass, la semelle fixée au pied nu de l'Arabe du Yémen et de l'Heljaz par deux brides de cuir, l'une transversale, c'où part une seconde bride étroite et dans le sens longitudinal qui se trouve prise entre le pouce et le premier orteil.
os I31ti 134, d'après les Costumes populaires de la Turquie, photogravés par Sebah en 1873. Tous le autres, d'après les photographies faites par M. Berthaud à l'Exposition du costume, organisée par l'Union certrale des Arts décoratifs, en 1874.