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COSTUMES DE LA GALICE

Nes 1, 2, 3,4, 5 et 6. N°“ 9, 10.

Paysans de la province d'Orense, parés du costume du x À Û à Jeunes gens de la même province.

dimanche, dansant ou accompagnant la muyneira

(danse de la meunière). L’orchestre se compose de la N° 7 gaiîta, espèce de cornemuse particulière au pays, du tamboril, du pandero (tambour de basque) et des casta- Femme de Vigo, province de Pontevedra.

Îuelas aux mains des danseurs. Dans les noces villa-

geoises, la danse, la baila, comme disent les Galiciens, N°8 et 11. commence immédiatement après le repas eb se pro-

longe généralement fort avant dans la nuit. Ê Paysan et paysanne de la Corogne.

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Les Callaiques ou galluiques (de gails ou gaels, Gaulois), l’une des cinq grandes tribus celtiques de l'Espagne, ont donné leur nom à la Galice; les habitants actuels sont leurs descendants. La Galice, située entre l’océan Atlantique, le Portugal et la Vieille Castille, est divisée en quatre provinces : la Corogne, Pontevedra, Orense et Lugo. Le chef-lieu est Santiago ou Saint-Jacques de Compostelle. C’est un pays boisé, traversé par les monts Cantabres, mais dont le climat est généralement tempéré et même humide, les pluies y étant plus abondantes que dans le reste de l'Espagne.

L'industrie languissante de ces localités oblige les Gallegos à émigrer pour aller travailler aux moissons ou à se diriger vers les grands centres, à Madrid surtout, où, comme les Auvergnats et les Savoisiens chez nous, ils remplissent, avec les Asturiens, les fonctions de commissionnaires, de domestiques, de porteurs d’eau. Économes et robustes comme les enfants de l'Auvergne auxquels ils ressemblent, ce sont les Béotiens de l'Espagne que les voyageurs appellent ses Auvergnats; leur nom y est presque une injure; on rit d'eux là-bas comme des autres chez nous, et le chapitre est long des brocards qui depuis longtemps les poursuivent. Sans nous occuper des chansons et dictons sans nombre sur ce sujet, faisons remarquer que les Galiciens ont avec leurs frères de l'Auvergne d’autres points de ressemblance que le ridicule : c’est la bravoure, la ténacité, l'énergie avec lesquelles ils ont défendu leur

coin stérile contre les Romains, bravoure qui leur a permis, pendant les trois siècles de l’invasion arabe, de conserver seuls avec les Asturiens leur indépendance.

Le costume des montagnards galiciens se ressent naturellement de la nature du climat et de la pénurie locale, Celui des hommes se rattache, comme dans toute l'Espagne, aux traditions militaires. Ce sont ces traditions qui, selon la remarque faite par Pons au siècle dernier, dans son Vaaje de España, judicieusement relevée par M. le baron Ch. Dawviller, font retrouver dans les monteras, les sevillanes, grenadines, manchoïses, valenciennes, galiciennes et autres casques d'autrefois; comme on retrouve dans les colelos (espèce de pourpoint), dans les polaynas (longues guêtres de drap), les abarcas (espèce de guêtres) et jusque dans les alpargatas, Vimage vivante des anciennes armures.

Dans le costume des paysannes galiciennes, fait d’étoffes de qualité la plus ordinaire, on ne rencontre pas les broderies dont sont surchargés les vêtements des charras par exemple, des environs de Salamanque ; elles ne sont pas parées non plus, comme celles-ci, de chaînes d’or à plusieurs tours s’étalant sur le fichu. Ce fichu ou mantelet, le dengue, croisé sur la poitrine, est simplement en drap rouge bordé d’un large velours noir. Les coiffures ne consistent qu’en un mouchoir habilement arrangé. Le grand tablier, le manteo attaché en arrière par une double agrafe métallique et qui cache presque entièrement la jupe, est bordé plus ou moins largement, mais dépourvu aussi de toute broderie. La jupe, toujours bordée de velours en bandes, dont le nombre ainsi que la largeur varient, est tout aussi simple. Cette jupe attenant au corsage sans manche est propre à des gens alertes comme le sont les fraîches et jolies Gallegas; on la fait assez courte, dégageant bien le pied et même la naissance de la jambe. Un nœud de ruban aux bouts flottants, posé par derrière à la hauteur de l’agrafe du tablier, complète le costume endimanché avec lequel on porte les bas blancs ou bleus et les souliers découverts à petits talons et à petites boucles. ! , boucle doreille longue, un collier à un rang d’or ou d’étoffe avec quelque médaillon, ou croix à la base du cou, sont à peu près les seules joailleries en usage. Presque toutes les femmes tiennent à porter l’émeraude au col comme à l’oreille; on en emploie pour cet usage de toutes les qualités, y compris le verre qui limite.

Le dengue est de drap. Le manteo est aussi en drap ou en mérinos; pour la jupe et le corsage, le drap est l’étoffe ordinaire. Les mouchoirs de tête sont en cotonnade ou en soie.

En somme, ce costume de la Gallega est de coupe sobre et de réelle austérité, dans la forme comme dans le fond ; l'exemple de la Corogne, n° 8, le fait bien voir. Celui de la paysanne de Vigo, malgré les pieds nus de celle qui le porte, est d’une forme beaucoup plus élégante et disposé avec une coquetterie plus heureuse. On le voit d’ailleurs facilement. Le corsage, ouvert par devant et n’attenant à la jupe que par derrière, est à épaulettes, sans manches et lacé, liant les deux côtés sans les réunir. Le corsage, ne montant qu’à la hauteur des seins, est coupé à angle di La chemise, qui recouvre la poitrine, a de larges entournures, et les manches

amples n’ont pas de poignet fermant. Le dengue étroit-qui ne descend pas sur les bras et .#

qui, en se croisant sur la poitrine, ne dissimule aucune des ouvertures du corsage, le ta-

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