‹ Le costume historique (volume 3)Chapitre 128 sur 173 · COSTUMES POPULAIRES DE MAJORQUE ET DE MINORQUE · texte numérisé non relu

COSTUMES POPULAIRES DE MAJORQUE ET DE MINORQUE

N°34» 7à 9, 10 et 11.

Majorquins.

N° 1 et 6.

Minorquins.

Peu de contrées ont reçu, de la part des anciens, plus de dénominations que les îles Baléares. Elles sont tantôt appelées les Eudémones ou îles des Bons G'énies, tantôt les Aphrodisiades ou terres de Amour, ou encore les Chiriades, à cause des écueils qui les environnent ; les Grecs les divisent en Gymnésiennes ou {les des Hommes nus, et en Pityuses ou 4es des Pins ; dans la suite, et en raison de l’adresse extraordinaire déployée par les insulaires dans le maniement de la fronde, elles reçoivent le nom qu’elles ont toujours conservé depuis, celui de Baléares, de Bx)6, lancer.

Les monuments parsemés dans les îles Majorque et Minorque attestent que les Baléares étaient habitées même avant l’époque historique. Quel que soit le fonds de la population premiere de ces îles, il a dû être singulièrement modifié par les envahisseurs de toute race et de toute langue, Phéniciens, Carthaginois, Grecs, Massaliotes, Romains, colons latinisés d’Tbérie,

Goths, Vandales, Arabes, Génois, Pisans, Aragonais, etc. En présence d’un pareil croisement, il serait téméraire de vouloir classer les Baléariotes suivant les affinités de la race primitive.

Les pageses, où paysans majorquins, ont eu de tout temps la réputation d’être d’excellents agriculteurs ; leur âpreté au gain, leur passion de la terre, font qu’ils emploient toutes leurs économies à conquérir sur le roc ou sur le marais un petit lopin de terre, aussitôt mis en culture ; mais, comme la superficie des terres agricoles ne suffit plus à la population qui se presse dans l’île, l'excédent de beaucoup de familles est contraint d’avoir recours à l’émigration. Les habitants de l’ancienne Balearis major, de même que leurs voisins de Minorque, les excellents jardiniers mahonnais, sont fort nombreux dans les villes du littoral méditerranéen, en Algérie et dans tous les ports des Antilles espagnoles.

Les Majorquins se livrent en outre à l'exportation des étoffes de laine et de toile, des ouvrages de vannerie, des vases de terre poreuse; mais ils n’ont plus le monopole de ces faïences si célèbres à l'époque de la Renaissance et que l’on appelle encore majolica, mot qui, d’après les lexicographes, est la forme italienne du nom de Majorque.

Des huit Baléares désignées par Pline l’Ancien, — les deux Pityuses, les Gymnasies, Capraria, Colubraria, Ménariès, Tiquadre et la petite île d’Annibal, — les trois dernières nous sont entièrement inconnues aujourd’hui ; nul ne sait à quel cataclysme remonte cette disparition qui n’a laissé aucun souvenir dans le passé si effacé de ces Baléariotes qu’on ne peut considérer ni comme Européens, ni comme Africains.

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