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XIX° SIÈCLE. — PREMIÈRE PARTIE

TYPES POPULAIRES

(Cette planche fait suite à la pl. CR, dont elle continue l’ordre de numéros, )

No 21. — Le « Postman », le facteur, remettant les lettres à domicile.

On sait qu’en Angleterre ce service ne se fait jamais le dimanche. (Voir n° 12.)

N° 22. — « Milk maid, » la laitière.

Celle-ci est une de ces femmes qui faisaient la vente du

lait pour leur compte. Il leur fallait se lever entre trois et quatre heures du matin, et elles avaient à faire plusieurs milles pour aller chercher le lait qu’elles payaient 2 shill, 8 d. le gallon. On les disait autorisées par un acte du Parlement à ajouter un tiers d’eau à leur lait.

Elles transportaient leur lourde marchandise sous le joug d’une traverse posée sur leurs épaules ; leurs vases ou seaux étaient en étain. (Voir n° 17.)

N° 23, — « Fireman, » le pompier. (Voir n° 18.)

Celui-ci diffère sensiblement du fireman de l’'Espérance.

La coiffure est une espèce de casque en cuir épais, garni de bandes de métal; il est revêtu de drap bleu et muni de la hache-pic pour abattre les charpentes, arracher les tuiles, etc.

N° 24, — « Match girl, » la vendeuse d'allumettes,

C’est une de ces marchandes qui parcouraïient les rues

en offrant leurs allumettes à haute voix. Des vieil-

lards, des hommes et des femmes en vendaient de même ; mais c’étaient surtout des jeunes filles qui s’y employaient,.

N° 25, — « Newsman, » vendeur de journaux ambulant.

En outre des vendeurs réguliers des journaux publiés à Londres, il y a nombre de colporteurs qui vendent dans les rues les gazettes du soir. Lorsque les nouvelles sont importantes, ils poursuivent la vente jusqu'à une heure avancée, annonçant leur présence en sonnant de toute leur force dans un cornet en métal. En ces occasions, ils portent sur le devant de leur chapeau quelque inscription à effet « deuxième édition ! nouvelle importante! »

N° 26, — Le « Watchman, » le veilleur.

C'était le veilleur, dont les recommandations magistrales dataient du seizième siècle : &« Çà tôt, jeunes filles ! Allumez vos chandelles ! Éclairez vos lanternes! la nuit se fait noire ! » C'était le temps où aux endroits les plus difficiles de la cité mal éclairée stationnaient les « linkboys » les pauvres petits malheureux, tout transis de froid, qui offraient aux passants le secours de leurs torches ou de leurs lanternes, Longtemps encore après 1694, on rencontrait toujours de ces linkmen, pauvres vieillards la lanterne en main, qui, aux abords des grandes constructions, sur les places

que l’on repavait, offraient timidement leur service au passant attardé : & Voulez-vous que je vous éclaire, Monsieur ? >»

Pendant la première partie de notre siècle, chaque paroisse entretenait encore un certain nombre de veilleurs. Ils remplissaient leurs fonctions de 9 heures du soir à 6 heures du matin, en hiver, et de 10 heures du soir à 4 heures du matin, en été. Il leur était enjoint de faire une ronde chaque demi-heure, en proclamant l'heure à haute voix. Outre la lanterne et le court bâton à tête de massue, ils étaient munis d’une crécellede grande dimension qu'ils agitaientau besoin, soit pour donner l'alarme en cas d’incendie, soit pour appeler à l’aide lorsqu'ils avaient besoin de secours contre des malfaiteurs. Malgré les règlements, cette espèce de police était loin d’avoir l'efficacité nécessaire, beaucoup de ces veilleurs étant des vieillards débiles, Chaque escouade de watchmen était commandée par un constable qui décidait des faits délictueux des gens amenés pendant la nuit au Watch-house, le poste de garde.

No 27, — La « Barrow-woman, » la marchande à la brouette,

C'est ici une marchande de fruits. Les négociantes de ce genre sont, pour la plupart, des [rlandaiïses ; elles s'établissent à l'angle d’une rue, ou colportent leur marchandise de qualité inférieure en jetant le cri banal : € Penny lot ! penny lot ! » à un sou le tas !

No 28. — &« Female shrimper, » vendeuse de crevettes.

La pêche aux crevettes est pratiquée par beaucoup de femmes des différentes parties de la côte anglaise. Celles de ces petites écrevisses de mer qui sont envoyées au marché de Londres, sont cuites et préparées pour la vente. La pêcheuse ést pourvue d’un filet suspendu à l'extrémité d’une perche légère, qu’elle plonge dans la mer après s’y être elle-même avancée assez profondément. Ellé met dans un panier attaché devant elle le produit de chaque coup de filet.

N° 29,— « À Billinsgate fish woman, » marchdnde de poisson de Billinsgate, (Voiïr n° 11.)

Conformément à d'anciens règlements se rattachant à la charte de la corporation ou municipalité de Londres, tout le poisson amené au port de cette ville devait être vendu au seul marché de Billinsgate. On

. vit cette habitude persister lorsque la ville s'était accrue en population et en étendue, et quoique cette petitelocalité fût confinée à l'extrémité dela métropole,

On donnait le nom de & poissardes de Billinsgate » aux pauvres femmes qui faisaient métier de vendre par la ville le poisson inférieur acquis à ce marché.

Elles criaient les grosses anguilles et les moules fraîches. & Great eels! Fresh mussels! » et aussi le € Mackerel alive, alive, ho ! » le maquereau tout en vie ! mais on ne trouvait dans les rues que le rebut des marchés, et ces crisétaient,dit-on,autant de mensonges.

Les manières et le langage des & poissardes de Billinsgate », qui avaient la trivialité habituelle aux gens de cette catégorie dans bien d’autres endroits, étaient de ces choses qui, blessant les délicatesses de la moderne Angleterre, devaient disparaître de Londres. L’ordonnance de 1839 qui a banni des rues de la métropole toutes les variétés de crieurs, de chanteurs et de colporteurs, désigne particulièrement la marchande de marée infecte.

N° 30. — « Baker, » le boulanger.

Le boulanger est le seul trafñiquant de Londres dont les profits soient limités par les magistrats. Le prix du pain est réglé sur celui de la farine , et les loïs sont fott sévères pour tout ce qui concerne la fabrication et la vente du pain. La propreté du garçon presque coquet qui porte le pain donne à penser que ces lois salutaires n’empêchent point la boulangerie d’être une industrie très prospère.

N° 31. — « Welsh women. »

Les femmes qui bordent les rivières pour y laver le linge dans une eau courante, s’assemblent à plusieurs. Ces lavandières font usage d’un battoir en bois ayant une forme de spatule & wooden spatula.» Après avoir été savonné et rincé deux et même trois fois, et après le dernier battage, le linge est étendu pour sécher exposé; autant que possible, aux rayons du plein soleil, Ces laveuses sont surtout des Galloises. Les paysannes écossaises suivent la même méthode, après avoir trempé le linge une fois dans l’eau, et l'avoir foulé de leurs pieds nus pour l’essanger.

N° 32, — La Q Gipsy, » l'Égyptienne, comme l'indique son nom corrompu.

Elle se rencontrait encore dans les environs de Liondres pendant les premières années du dix-neuvième siècle, On appelait Norwood : le rendez-vous des gipsies ; mais on à fini par en expulser ces cousins des gitanos d’Espagne (encore une corruption du mot égyptien) et de nos Bohémiens de France, Leur réputation était déplo-

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