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Le tzar Fédor ITT (mort en 1682), un des frères de Pierre le Grand, essaya d’introduire les costumes polonais, et le vêtement russe a subi parfois dans ce sens queiques modifications. Aïnsi le caftan d'honneur du cosaque Brechka (n° 2 eb 5) avec ses manches ouvertes et flottantes se rapproche du Æontousch polonais. L'ouverture verticale de ce vêtement, ainsi que du caftan de Pierre-le-Grand (n° 26), en drap fin de Hollande, est de mode polonaise, tandis que le trait caractéristique de l’habit russe est de s'ouvrir obliquement (voir les n°% 4, 15, 25 et 28), mode usité encore aujourd’hui dans les costumes populaires.
Le caftan du prince Repnine (n° 25) est en velours; sa pelisse, en satin bleu d’acier, est doublée de zibelines ; la ceinture est en soie rouge, le bonnet est en velours et garni de fourrure.
Le prince Pierre Repnine (n° 27) porte un sarrau (zipoune, un dérivé du 7oupane polonais) rose foncé, garni de perles ; par-dessus est un ferez avec des brandebourgs et doublé en soie verte. Le col droit, appelé kozir, richement orné, est attaché au vêtement. Le prince tient dans la main gauche un essuie-mains, qui jouait un grand rôle en Russie. Tout le monde en portait, car il était d’usage de se laver les mains avant la prière, avant et après les repas. Le tzar faisait cette opération chaque fois qu’il était obligé de donner sa main à baiser à un non-coréligionnaire. Ces essuie-mains étaient en toile de lin très fine et brodés avec luxe.
Le boïar Narischkine (n° 28) est vêtu d’un caftan en étoffe persane, serré à la taille par une ceinture de même provenance. Sa pelisse est doublée de zibelines noires, et son bonnet est de même fourrure. Sur le tableau original le caftan est de couleur brune et les bottes à la tartare sont en maroquin verb avec tiges en maroquin rouge brodé d’or.
La jeune fille noble (n° 24) est vêtue d’une robe longue (le sarafan) en soie blanche, brodée pardevant et tout autour et garnie de boutons de même étoffe. La taille est serrée par une ceinture également en soie blanche, ornée de fleurs en broderie et frangée en or. La pelisse est en étoffe de Perse, doublée de zibelines et bordée de dentelle en soie blanche. Autour du cou, elle porte une sorte de collerette en mousseline, garnie de perles. La coiffure est une espèce de bonnet en guise de diadème auquel est attaché un voile en soie blanche pailleté d’or.
L’habit de marin de Pierre-le-Grand (n° 28) est celui qu’il portait lorsque, en qualité de simple charpentier, il étudiait incognito la construction des navires en Hollande. L’écoffe est d'un drap grossier, doublé de taffetas ; les boutons sont recouverts en tissus de crin.
Ce souverain étendit l’occidentalisation de son peuple jusqu’à la réforme du costume. Les longs caftans furent raccourcis par son ordre et cette opération dut être faite de force par des soldats sur des citoyens trop attachés aux modes des ancêtres. Il proscrivit aussi le port de la barbe, mais ne réussit qu'incomplètement dans cette mesure.
Les costumes populaires en Russie sont d’une grande variété. Le byzantinisme n’exerça sur eux aucune influence, et, selon les contrées et les vicissitudes politiques locales, ils sont tantôt d’origine slave, tantôt d'essence tartare. Ceux représentés dans nos deux planches sont des costumes de fête, ce qui explique leur richesse.
En ce qui concerne ceux du sexe féminin de Tver (n° 7 à 9) ils se rapprochent beaucoup de ceux de Torjok (n° 10 à 14), ville voisine, dont il est parlé dans notre notice de la planche ayant pour signe une Cornemuse. La robe (le sarafan) est ronde, plissée par derrière, en soie lamée d’or, ouverte aux entournures ; le mantelet en casaquin (douchégreika) est sans manches en été, pour laisser voir celles de la chemise, ou dépourvu même de tout corsage, de sorte qu'il ressemble à un jupon court, retenu par des bandes en guise de bretelles. Au cou, un rang de perles et pas de cravate. La coiffure se compose d’une sorte de diadème en métal garni de pierreries, ou de verroteries, fixé sur un couvre-chef spécial, composé d’un genre de bonnet en
toile, nommé volosmik, qui n’est jamais apparent et qui est destiné à protéger contre le contact avec les cheveux la pièce d’étoffe (povoinik) dont il est recouvert et sur laquelle est jeté un
voile en soie ou en gaze. Les gants sont remplacés par des couvre-mains en velours recouverts sur le dessus en fourrure de zibeline,
La haute coiffure en pointe des femmes de Torjok (n° 10 à 12 et 16 à 18) s'appelle 4okoschnik (crête de poule) et c’est le signe distinctif des femmes mariées. C’est un ornement appliqué au sommet, toujours verticalement, en forme de demi-lune, ou bien en forme ronde, ovale ou triangulaire, la pointe en haut. Dans nos figures 10 à 12 les Zokoschnik et les cravates doubles sont en soie brodée de perles; les voiles sont en gaze de soie brodée en or. Les filles de Torjok (n° 13 et 14) ont pour coiffure une variété du kokoschnik, où le rond du sommet n’est plus vertical, mais incliné ou horizontal. Le tissu tombant sur le front est une dentelle brodée de perles. Le voile est très large et très long ; attaché au sommet, il se rejoint sous le menton et enveloppe toute la personne. A la tresse de cheveux est attaché une riche passementerie.
Dans le costume d'hiver des femmes de la même localité (n° 16 et18), le fichu en taffetas blanc frangé d’or qui recouvre le kokoschnik en satin bleu brodé d’or et de perles, est le povoinik, dont nous avons parlé plus haut. La pièce de même étoffe qui retombe dans le dos est le nadzatylnik. Le manteau et les pelisses sont en drap ou en velours ; les souliers sont en maroquin ou-en velours brodé d’or.
Le costume des femmes de Riazan (n° 19 à 21) se compose d’un jupon, d’un corsage, d’un tablier et d’un vêtement de dessus, à manches courtes (appelé ponka), en drap blanc, bordé de passementeries rouges. La coiffure, nommée Æifschka, consiste en une sorte de capuche en velours rouge, brodé en or sur le devant. Par-dessus est noué un fichu en soie gorge-de-pigeon. Le nadzatylnik attaché à la coiffe et retombant dans le dos est en passementerie rouge.
Exemples tirés des Antiquités de l'empire de Russie, grand ouvrage publié par ordre de l'empereur Nicolas, avec un texte russe el 523 planches en couleurs, dessinées par Solntzev et lithographiées par Dreger (Moscou, 1849-1853, texte in-4° et 7 vol. de planches in-folio).
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