‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 101 sur 130 · PORTRAITS · texte numérisé non relu

PORTRAITS

Le duc d’Albe, enfant, par François Porbus ; peinture appartenant à M. Bellenot.

Jeune gentilhomme français du temps de Charles IX ; peinture appartenant à M. Spitzer.

Princesse Orsini ; peinture appartenant à M. Spitzer.

Portrait portant la date de 1555; peinture allemande, appartenant à M. Malinet.

Nb, Peinture de l’école hollandaise, appartenant à M. Lagrange.

NPe6 07

Le premier portrait est celui d’un officier supérieur ; le second, celui d’un sergent-major, dont les costumes proviennent d’une Grammaire traduite en figures de gens de guerre, exécutée pour l'éducation de Louis XIII. Ms. 6817?, Bibl. nat. de Paris.

(Les n° 1, 2, 8, 4, 5 proviennent du Musée historique du Costume, exposé en 1874 par l'Union centrale des Benux-

Arts appliqués à l'industrie. )

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EUROPE, — XVI SIBCOLE

OUEST DE L’ALLEMAGNE. — FIN DU XVI° SIÈCLE ET DÉBUT DU XVII°. COSTUMES DES DAMES.

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N° 1. Jeune fille noble. (Augsbourg.) — N° 2. Dame noble. (Souabe.) — N° 3, Dame noble, — N° 4. Matrone

bourgeoïse. — N° 5, Costume ordinaire des femmes de moyenne condition. (Francfort) — N° 6. Jeune fille noble en grande parure. — N° 7. Femme noble en grande toilette. & Cette dame, dit notre original, se rend aux fêtes de Nuremberg. » — N° 8. Patricienne en costume de mariée se rendant au temple. — N° 9. Matrone

noble, « dans le costume qu’elle prend toutes les fois qu’elle va assister à des fêtes nuptiales, »

Ces costumes, quoique postérieurs à ceux donnés par Vecellio, sont cependant d’une époque encore si voisine de la sienne que, quoique la tournure du vêtement ne soit plus entièrement la même que du temps du maître italien et diffère de ses dessins, particulièrement en ce qui concerne les longues traînes, ici bien augmentées, on peut toutefois utiliser certaines descriptions ‘qu’il a laissées des modes allemandes. Les détails prouvent souvent que Vecellio fut moins bien informé qu'Abraham de Brüyn; l'Italien n'était pas au courant des traditions locales ou des privilèges de castes comme le Flamand, plus voisin, de sorte qu'entre eux il y a d’autres différences que celles qu'il convient d'attribuer au mouvement général des modes en Europe. Ce mouvement, quoique perceptible en Allemagne, inégal, selon les localités, était bien loin d’avoir alors l’activité qu’on lui voyait partout autre part. Il suffit de regarder se profiler une patricienne de Nuremberg, comme notre n° 7, avec son haut bonnet en couronne orfévrée, son col nu, ses épaules tombantes, ses ailerons de fourrure atteignant le sol, étalés sur les jupes à longues queues, sans compter

les cheveux nattés relevés en boucle de chaque côté sur l'oreille; ou encore, la chevelure tombant dans sa longueur et flottant dans sa liberté sous le cercle d’or de la demoiselle non mariée (ces dernières modes remontant au moyen-âge, aux quatorzième et quinzième siècles), pour reconnaître qu’à l’époque des cheveux en raquette ou en pomme, de la collerette en éventail, en rabat, en col vidé, de la vertugade en tambour, de la taille en cornet ou du corset en panse, de l’épaulette et du mancheron, enfin de tout ce qui se voyait alors en France comme en Italie, en Angleterre comme en Espagne et dans les Flandres, les dames allemandes se plaisent à marcher d’un pas lent dans les voies nouvelles.

La matrone de Bavière, décrite et représentée par Vecellio, se rapproche beaucoup de notre matrone bourgeoise d’Augsbourg, n° 4. L’une et l’autre portent, comme vêtement supérieur, la robe en redingote inventée par Catherine de Médicis, qui la portait agrafée sur la poitrine, les pans s’évasant sur la jupe, et la manche, qui était fort courte, en gigot à l'épaule. Nos deux matrones ont cette même manche en gigot, mais elle est tout entière, eb ferme au poignet. La redingote de Vecellio est agrafée sur la poitrine, la nôtre est ouverte de haut en bas. La différence, avec l’ancienne, c’est que la nouvelle a un collet en revers et non plus le collet droit soutenant la fraise ; c’est le collet montant en carcan du corsage fermé de la robe qui soutient la collerette; ce sont là des modes arriérées qui, ainsi que ce que l’on voit d’analogue aux n° 1, 2, 3 et 9 dataient alors en France de quarante ou cinquante ans. Vecellio dit de la grande robe en redingote qu’elle était brodée d’or ou de soie, et son exemple montre ces broderies en une large bande en bas du vêtement, à une hauteur qui répond à celles du tablier de notre matrone. Nos figures font voir que c’était là une mode passée; aucune de nos dames, nobles ou non, ne porte sur sa robe supérieure cette large bande brodée; on s'était sans doute aperçu que ce décor transversal nuisait à l'effet évidemment recherché par les dames, qui voulaient paraître grandes. La coiffure, selon Vecellio, se composait d’un voile enveloppant la tête, dont une partie avançait sur le front ; on le ramassait avec la chevelure dans une résille d’or ou de soie, sur laquelle on posait un étroit bonnet de velours ; nous retrouvons les divers éléments de cette coiffure isolés, sur les têtes de nos dames d’Augsbourg. L’Italien ajoute que les Bavaroises n’aiment ni le fard ni les sandales trop hautes, et qu’elles tiennent en main leurs gants parfumés. Les costumes parés des deux dames nobles, d'Augsbourg, n° 8, de Souabe, n° 2, ont beaucoup d’analogie avec celui de la bourgeoise ; le corsage fermé à collet montant jusqu’à la fraise tuyautée est du même mode. La robe en redingote, à collet en revers, avec doublure d’autre couleur que le dessus du vêtement, ouverte du haut en bas, plus longue, ce qui éteit un privilège du rang, est de même sorte, avec cette différence cependant que la manche de cette redingote s'arrête à l’épaule en un petit gigot. Les trois cottes sont riches; enfin ces trois dames, les deux nobles et la bourgeoise, portent également un tablier blanc, long, étroit, ouvragé en bandes vers le bas ; comme la bourgeoise, les nobles tiennent leurs gants à la main, et, de plus qu’elles, sont parées de chaînes d’or à plusieurs tours. La demoiselle, n° 1,

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