‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 103 sur 130 · COSTUMES DE LA FIN DU XVI° SIÈCLE ET DU COMMENCEMENT DU XVII · texte numérisé non relu

COSTUMES DE LA FIN DU XVI° SIÈCLE ET DU COMMENCEMENT DU XVII

1 2 3 4 5 6 ; Belges. Français. Florentins.

7 8 910 tele Anglais. .- Milanais. Portugais.

À cette époque, le costume tend déjà beaucoup à s’unifier dans l’Europe occidentale. L'influence de l'Italie, si grande au début du siècle, est devenue franco-italienne ; l’Espagne apporte aussi son contingent. Les grands courants des modes rendent de plus en plus difficile l’attribution aux diverses nationalités de telle ou telle forme de vêtement. Il en est peu, dans les classes privilégiées, qui restent marquées au coin d’une tradition locale. Toutefois, il existe des différences qu’il est facile de reconnaître en examinant nos figures. Les plus en dehors du courant commun sont assurément celles du groupe n% 3 et 4, où figurent un Français et. une dame.

L'homme porte le pourpoint busqué qui a succédé au panseron ; le busc se redresse au creux de l'estomac; le pourpoint à épaulettes a des basques découpées, formant comme un commencement de jupe. Les hauts-de-chausses, bouffants et longs, enflés vers le milieu, sont proprement les grèques. Les bas sont ceux d’estame de Flandre ou de soie, « montant jusqu'à mi-cuisse où on les arrête par un lien, dit Vecellio, ou si on ne les arrête, qu'on laisse pendre, renversés par dessus la jarretière du dessous du genou, jusqu’à mi-jambe ; » on voit ici comment un élégant portait ces bas appelés fasseles, attachant l’une sur la cuisse, sous la grègue, laissant retomber l’autre; cette mode bizarre fait que la jambe à bas retombant offre déjà une image de la chausse à canons allongés du temps

de Louis XIII. Le manteau était de drap ou de soie, quelquefois avec des manches et des galons d’or; celui que nous voyons a des boutons de fermeture. Le chapeau était de velours, orné de jolies plumes ; le cordon, d’or et de soie. Les chaussures sont le soulier à pont, carré du bout; il avait des oreïlles, larges ouvertures des deux côtés, et une pièce remontant sur le cou de pied ; le cordon en était lié en nœud d'amour; ce qui en était la principale nouveauté, c'était le talon, assez fort; on ne l'avait pas revu depuis le quinzième siècle, où encore il ne se trouvait qu'aux galoches des écoliers et aux sabots des paysans, avec cette différence que les anciens patins ayant une cale à l'avant de la semelle, le pied y était posé horizontalement, tandis qu'avec le soulier à pont, le talon seul surhaussant le pied et le tenant incliné, il fallut apprendre à marcher sur les orteils. Notre galant a les cheveux assez longs, flottants, partagés par une raie médiane; il a des anneaux à perle aux oreilles ; le col boutonné de sa chemise est en raba, le col vidé non rabattu ; la manchette petite est à revers : c’est déjà le rebras. Notre gentilhomme, armé de l’épée et de la dague, porte en sautoir le chapelet du catholique.

La dame porte le masque de velours ou de satin noir, qui annonce sa qualité de gentille ‘ dame, le masque étant un privilège. Sa chevelure, relevée en forme de diadème, semble divisée en deux parties dont la plus haute est sur l’occiput et liée de cordons; on se procurait cette élévation avec un tampon posé sur le sommet du crâne et recouvert par les cheveux, lesquels étaient en général de faux cheveux et parfois de la simple filasse ; cet édifice était enduit d'un mucilage de poudre parfumée, violette pour les brunes, d'iris ne les blondes, et de chène pourri pour les femmes du peuple, ce qui les faisait rousses. L’oreille est ornée d’une perle d'Amérique en pendeloque. Pour le corsage, les manches ballonnées, et la vertugade en tambour, ce sont ceux du temps d'Henri III, que l’on trouve en couleurs dans notre planche ayant pour signe l’Almanach, avec cette différence que le corset n’est plus aussi outrageusement serré et qu’il se busque en avant par le bas. À propos des manches, insérons 1ci que Vecellio dit à leur sujet « que les Françaises font usage de petits cercles de cuivre ou d'autre matière qui maintiennent gonflée cette partie de leur vêtement; » quant à la vertugade, elle était formée par un large cerceau tenu en suspens autour du corps: La jupe supérieure faite pour être fermée était plus courte que la cofe ou coillon, la carpetla de Venise. Les boutons et les boutonnières de cette jupe étaient ornés de petits rubans. Le col en rabat est plus grand, descend plus bas que celui de l’homme, mais il est du même genre ainsi que les manchettes. Les souliers sont également semblables, à cela près cependant que le talon, un peu moins haut, n’est point détaché, et que le pied incliné porte sur une semelle sans solution de continuité, haute sous le pied en arrière, et s’avançant en pente adoücie, ce qui, certes, n’était nullement élégant, mais ménageait le pied des dames, pour lesquelles la marche nouvelle se compliquait encore du balancement à donner à la vertugade. Cette dame a les gants chiquetés, un collier de joaillerie formant une double guirlande, attachée à l’évasement du corset entre les seins et retombant d’un seul jet terminé par une pende-

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Enp. Firmin Didot

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