‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 104 sur 130 · D ON · texte numérisé non relu

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loque descendant presque à la pointe du corsage. Autour de la taille, s’étalant sur la vertugade, se trouvent le petit miroir, une petite brosse à manche ou large pinceau, la bourse à nombreux glands, rappelant l’ancienne escarcelle, un étui. L’esvantail pliant, de vélin, encore peu usité « était assez grand pour qu’on s’en servit comme d’un parasol pour se conserver du hasle, » et l’on voit qu’en effet cette dame en fait ainsi usage.

Les n° 1 et 2 représentent un marchand belge et sa femme dans son costume d’épousée. — Cette dame porte la vertugade en tambour, mais d’un autre caractère que celle que nous venons de voir. Le corsage en pourpoint à collet monté, fermé jusqu’en haut, où il sert de soutien à la fraise, est busqué beaucoup plus en avant, procurant la fausse panse, de saillie démesurée, qui fut le caractère de ce vêtement du temps de Marie de Médicis. La jupe de cette vertugade, comme l’autre, est plus courte que le cotillon, pour en laisser voir la richesse, mais il y a en plus ici, un ample vêtement en redingote qui, attaché immédiatement sous le collet, s'ouvre en revers pour tomber de chaque côté en dégageant le corps, et s’attache par derrière sous la partie supérieure du vêtement, de manière à la faire élégamment bouffer; de la ceinture descend un tablier assez large, et, sur le côté, les clés et l’étui de la ménagère. Les manches sont à épaulettes; les manchettes sont des rebras. La coiffure est d’une forme qui rappelle l’escoffion, le fond est en méplat; le devant se relève en un diadème dont les côtés bas forment templettes. C’est la coiffe de réseau dont usage se prolongea longtemps en Flandre,

Le chapeau de paille fine, « fait en forme de cuvette renversée » et, très commode, dit encore Vecellio, avait un long voile qui descendait de chaque côté du visage et dont la tête et le corps, se trouvaient enveloppés quelquefois jusqu'aux pieds : c'était une parure remplissant au besoin l’office d’un pluvial.

Le pourpoint de l’homme est également à collet montant, surmonté aussi d’une fraise assez large et peu épaisse : il est en justaucorps ; les hauts-de-chausses sont une culotte large, restant ouverte, dont l'ampleur est dans le caractère de la rhingrave. Les bas sont jarretés au-dessus du genou sous la culotte ; le manteau, à collet, sans manches, a trois boutons d'attache par le haut : c’est un pluvial simple sans capuchon. Le soulier est à pont, sans talon et non à bout carré. Le chapeau est entouré à sa base d’une étoffe enroulée en petit turban, dans le genre du cordon porté par le gentilhomme français.

Les quatre autres groupes sont : n° 5 et 6, des Florentins dont la condition n’est pas dé: signée; n° 7 et 8 de jeunes Anglais; n° 9 et 10, des Milanais parés ; n° 11 et 12 des rentiers portugais. [l serait oiseux de suivre dans leurs détails ces costumes dont les rapports et les dissemblances sont faciles à saisir ; tous les hommes portent le chapeau et le manteau ; la manche n’est pas celle du pourpoint, en général à épaulettes. La chaussure est le soulier à pont, à bout en pointe ou carré, avec ou sans talon; un seul, le Portugais, est en bottes à petit revers chiqueté. Lies culottes sont larges, attachées au-dessous du genou , sauf celle de l’Anglais qui reste ouverte comme le haut-de-chausses du Belge, se rapprochant de la

rhingrave hollandaise. Les plus larges de ces culottes attachées, n°° 5, 10 et 12, sont de celles dites à la sévillane. Le lien à rosette, dont la boucle était ornée de crépines et de petites boucles pendant gracieusement, que l’on voit au n°10, était assez généralement porté ; cette culotte à la sévillane, confirme ce que nous avons dit, que chaque peuple, dans la physionomie de l’époque, apportait une part devenant d'usage commun.

Le cordon au chapeau était porté par tous, mais tous ne l’empanachaient pas; ici, C'était un cordon de joaillerie et soie, n° 5; là une torsade assez épaisse ; le Portugais n° 12, l’Anglaise, n° 8, enroulent à plat une espèce de voile ou d’écharpe qui en tient lieu. Les femmes portent toutes l’épaulette, avec ou sans le mancheron plus ou moins long; toutes ont la vertugade, en tambour ou en cloche, ou des redingotes plus ou moins amples, en général, ouvertes, ou seulement attachées au corsage, sauf la Française; en Italie, on appelait ce vêtement la simarre, et Vecellio la donne comme romaine; la simarre ne boutonnaïit que sur la poitrine. Le chapeau de velours à aigrette de la Florentine, n° 6, qui se faisait aussi de moire, se posait par dessus la résille d’or qui enveloppait la chevelure : résille à laquelle était attaché le voile de soie en filet rempli de éremoli, tremblants ; ce genre de décoration des voiles était fort répandu en Italie et n’est point particulier à la Lombardie. Il en est de même pour le voile drapé en manteau, dont les bouts viennent s’accrocher à la ceinture, comme le porte la Milanaise, n° 9; dans le Trévisan, on l’attachait au haut du corsage, sur le côté, et c'était la même chose. Les méridionales, on le voit encore, portaient la robe traînante, avec peu de longueur de queue; les dames flamande, française et anglaise ont des robes plus ou moins courtes, mais ne touchant pas terre, ce qui semble une conséquence logique de la différence des climats, à moins que, pour la jeune fille anglaise, n° 8, ce ne soit en raison de son âge, et que pour la flamande, femme de marchand, ce ne soit une affaire de condition. Toutes ces dames ont la tournure particulière, plus où moins prononcée, que le busc partant en avant du creux de l’estomac donnait à la panse au bout du corset; c’est là un de ces effets généraux qui montrent bien les grands courants de la mode ; parmi les choses durables, on voit ici le chapeau de l’Anglaise et, autour de la tête de la Portugaise, n° 11 une petite coiffe attachée sous le menton qui est une réduction du rebozillo, mais a déjà les principaux caractères de cette coiffure espagnole.

D’après la suite des fines gravures de Pierre de Jode, exécutées sur les dessins de Sébastien Vranex.

( Voir pour le texte : Vecellio, Costumes anciens et modernes; M. Quicherat, Histoire du

costume en France; A"° Bury-Palliser, Histoire de la Dentelle, Paris, Didot.)

PAROPE — XVI ÉT XVII SIÈCLE

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