‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 40 sur 130 · OBJETS USUELS. — INSTRUMENTS DE TOILETTE · texte numérisé non relu

OBJETS USUELS. — INSTRUMENTS DE TOILETTE

Parmi les peignes représentés, le n° 5 a appartenu à la reine Théodelinde, femme d’Autharis, roi des Lombards, puis d’Agilulphe, duc de Turin, de 589 à 625. Celui-ci est en os, garni d'argent et de pierreries ; sa longueur est de 0. 18 centimètres. La finesse des dents, dont il n’y a qu’une seule rangée, empêche de considérer ce peigne comme un objet de parure, quoiqu'il en ait toute l’apparence. — Tous les autres exemples sont des XV° et XVI° siècles. Le n° 8 a cela de particulier qu’il est double, c’est-à-dire que ce sont deux peignes encastrés l’un dans l’autre ; il est difficile d’en comprendre l’usage. Ce peigne est en buis. — Les autres, avec la double rangée qui constitue le déméloir et le peigne fin, offrent les types courants des peignes de l’époque. On les faisait en argent, en ivoire, en corne, en écaille ; on incrustait l’ivoire dans le bois ; on y appliquait les plus fines marqueteries ou l’on y pratiquait des ajourés. La bande médiane contenait parfois des bas-reliefs représentant des sujets religieux et autres : ici, l’adoration des mages; là, des vendanges, etc. Quelques uns étaient traités en filigranes d'argent, simples ou émaillés; d’autres ornés de sujets gravés en nielles. Les uns représentaient des animaux peints et dorés dans le goût indien, d’autres des blasons armoriés ; il en était qui cachaïent de petits miroirs sortant d’un tiroir à coulisse. Quelquefois on marquait le peigne parfois d’une initiale ou on y inscrivait le nom du propriétaire et très-souvent on y mettait des devises dans le goût intime ou solennel : Prenez à gré ce petit don ; que la divinité suprême protège loi et la patrie! Enfin cet instrument de toilette, orné avec tant de luxe, était traité à l’égal d’une joaillerie ; il avait son étui spécial, véritable écrin aux garnitures en cuir, décoré d’ornements frappés avec ou sans dorure. +

Les n% 1, 3, 6, 7, 11 sont des peignes de buis et ivoire, de travail français, de 1460 à 1520 ;

ils proviennent de Munich.

Le n° 5 reproduit un peigne du VIT® siècle (voir la description plus haut) ; les n° 10, 12, deux peignes en ivoire sculpté de l’époque de la Renaissance, exposés tous les trois au Musée d'Art industriel de Milan.

Les n% 2, 4, 8, 9 appartiennent aussi à la fin du XV® siècle et au commencement du suivant ; ils sont de ceux qui ont été exposés à l’Union centrale en 1874 par MM. Spitzer et Pascal.

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