ESCARCELLES, BOURSES. — COIFFURES ITALTENNES
La plupart de ces escarcelles sont des poches de femmes dont il est utile d’avoir la dimension exacte. La voici par objet : n° 1, largeur, 0"35; n° 4, largeur, 0"27; n° 5, largeur, 0"24; n° 6, largeur, 0"27, hauteur, 0"25; n° 7, largeur, 0"22; n° 9, largeur, 0"24; n° 10, largeur, 0"15; n° 11, largeur, 0"27; n° 18, largeur, 0°23; n° 15, largeur, 018, hauteur, avec l’agrafe de suspension, 0"80 ; n° 17, largeur, 022.
L’aumônière, l’escarcelle, la gibecière, la bourse, contenant argent, bijoux, remèdes, tablettes, avait été le complément indispensable du vêtement journalier des deux sexes pendant le moyen âge où l’on voyageait beaucoup. Tout le monde en portait, depuis les paysans, les messagers qui, à partir du XIV® siècle, y joignirent la dague à pommeau et à lame forte, la miséricorde, jusqu'aux pèlerins doné la gibecière de grande dimension contenait non seulement les ustensiles les plus nécessaires, mais aussi leur nourriture du jour. Les boursettes n'étaient que des réductions faites sur les modèles de l’escarcelle pour contenir des pièces de monnaie. On les attachait à la ceinture comme les autres, ou on les mettait dans la poche. On en faisait aussi pour contenir des reliques.
L'usage de ce petit sac, qui au XII siècle avait tout simplement deux cordons coulants pour le fermer et un autre pour l'ouvrir et le suspendre à la ceinture, s’est perpétué jusque pendant le XVI siècle et même plus tard dans la classe bourgeoise. Avec le temps, les aumonières farent garnies de fermoirs apparents de fer, d'argent, d’or. On se plut à les décorer richement; à les rendre précieuses par la matière et le travail. Les dames en brodaient de leurs mains, les offraient comme souvenir, en recevaient elles-mêmes en cadeau. Le don d'argent pour reconnaître un service de messager, d’écuyer, était fait avec la bourse. Jusqu'à la fin du XVI: siècle, on portait les sceaux du roi dans une escarcelle, lorsque le prince se rendait à une solennité.
L’escarcelle était généralement carrée du bas, les côtés parallèles. Lorsqu'elle était ronde et plus ample par le bas que par le haut, elle prenait le nom, dit M. Viollet-le-Duc, de bourse ou
boursette à cul-de-vilain. Cette dernière forme est celle de la plus grande partie de nos poches de femmes appartenant au XVI* siècle (n°° 4, 6, 9, 10, 11, 13).
Les divisions que l’on voit dans un certain nombre de ces escarcelles montrent la variété des objets que l’on y enserrait, qui s’y trouvaient cachés, et valurent au sac lui-même la désignation de mystère. La bourse en forme d’escarcelle était en effet comprise parmi les mystères portés au demi-ceint, la ceinture de dessous des femmes. Ils se composaient de lépinglier ou pelote, du couteau enfermé dans une jolie gaîne et suspendu à un cordon de soie, et enfin de la bourse.
On a vu qu’au moyen âge on y mettait l’argent monnayé, des bijoux, des remèdes, des tablettes. Avec le temps on y ajouta le peigne et le miroir, et aussi les petites pommes de senteur en filigrane, les pomandres, dont on fit un si large usage du XIV° au XVI siècle, en même temps que les chapelets odorants, non moins en vogue. Un contemporain qui vivait encore sous Louis XIII, cité par M. Quicherat, donne des détails des plus curieux sur ce que contenait la bourse d’une femme de marchand du XVI° siècle. Après avoir dit que cette dame avait trente-deux clefs pendantes à son demi-ceint d'argent, il ajoute qu’il y avait toujours dedans la bourse : « du pain bénit de la messe de minuit, trois tournois fricassés (monnaie usée par « le frottement), une aiguille avec son fil, deux dents qu’elle ou ses ayeules s'étaient fait ar- « racher, la moitié d’une muscade, un clou de girofle -et un billet de charlatan pour pendre « au col pour guarir la fièvre. »
Parmi nos diverses escarcelles et bourses, le n° 15 est à remarquer; l’agrafe de suspension est un véritable bijou; un étui fixe où sont engagées les branches d’une paire de ciseaux se montre à l'extérieur.
Les n° 2, 8, 8, 12, 16, offrent des exemples de l’arrangement de la chevelure en Italie pendant les XV° et XVI! siècles. Ils ont été recueillis sur des médaillons artistiques appartenant à MM. Rollin et Feuardent. Parmi les personnages représentés, citons Lionel d’Este (n° 2) qui fut seigneur de Ferrare de 1441 à 1450 ; Tionora de Altoviti (n° 16), femme poète, qui était née à Marseille en 1550 et y mourut en 1606; Vittorino de Feltre (n° 14), instituteur italien, portant le bonnet de docteur (1379-1447.)
(Les escarcelles proviennent de photographies prises à V Exposition de Munich, en 1876; les n° 5, 6, 7, sont authentiques et datent de 1510 à 1540. Les autres sont de fabrication moderne, mais ont êlé failes avec une connaissance très sérieuse des objets anciens de ce genre, dont il ne reste quère, en général, que des ferrures.)
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