LITS, CHAIRES, BANCS, CRÉDENCES, TABLES, ETC
N° 18. Lit bourgeois de la forme la plus usitée. N° 16. Fragment d'un lit royal; son poêle à gouttières
N° 17. Lit bourgeois entouré de courtines et surmonté suspendu aux solives du plafond par une quantité d’un ciel à gouttières. — On voit les tringles et de torsades dorées, est décoré de fleurs de lis déles anneaux au moyen desquels glissent les rideaux. tachées qui forment au pourtour une espèce de Oreiller et traversin. Au chevet, le signet, offrant couronne ; le chevet s'appuie sur une riche galele plus ordinairement l’image du patron du dormeur. rie dorée, découpée à jour. Les courtines et son Cette image est montrée sur une échelle un peu couvertoir sont d'étoffe de pourpre doublée de agrandie au devant de la couche, vert.
La chaise, chaire, chaïère, forme, fourme, est le siège garni de bras et dossier, quelquefois de dais pendant les quatorzième et quinzième siècles. La chaire ou la chaise est toujours le #rône du maître ou de la maîtresse. Jusqu'au treizième siècle, les chaires de forme carrée étaient souvent dépourvues de dossiers élevés. C’est vers cette époque que, les vêtements prenant plus d'ampleur, les sièges tendirent à s’élargir. La chaire, peu transportable, occupait une place fixe dans la pièce où elle se trouvait; elle n’était pas adossée, mais dans un espace libre : on circulait autour. Les chaires des seigneurs féodaux, placées dans la salle publique destinée aux assemblées, étaient de véritables trônes. Ce n’est guère qu’à la fin du treizième siècle que l’on introduisit dans la composition des meubles des détails d’ornementation empruntés à l'architecture. Les sièges d'honneur du quinzième et du seizième siècle, avec leurs dossiers souvent élevés beaucoup au-dessus de là tête du personnage assis, étaient presque toujours adossés à la muraille ; le dos non travaillé, resté brut, de ceux qui existent encore le démontre très sûrement. Les chaires, pendant le seizième siècle, étaient souvent drapées, maïs les tapis n’y étaient pas plus fixés que les coussins.
Dans les châteaux, les vestibules, les salles des gardes, comme dans les chapelles particulières attenantes aux églises, construites par les familles nobles, l’intérieur de la chapelle était
meublé ainsi qu'un oratoire privé on y plaçait des bancs de bois à dossier. Viollet-le-Duc a relevé l’un de ces bancs, déposé aujourd’hui dans l’église de Flavigny, du même caractère que notre n° 4; son dossier est surmonté d’un dais en bois sculpté de même forme, et ce meuble a conservé les traces des attaches de la garniture tapissée dont on le recouvrait.
N°5 1 et 7. Chaiïres ayant le caractère des trônes. — Ces exemples appartiennent à un style de transition entre le quatorzième et le quinzième siècle. Les formes prismatiques de leurs détails annoncent particulièrement l'approche de cette dernière époque.
N° 8. Chaire épiscopale. — Ce siège magnifique a été trouvé dans une église de campagne à Roscof, près Saint-Pol de Léon, dans le Finistère. Il paraît beaucoup trop riche pour avoir jamais été la chaire curiale d’une église comme celle de Gresker. Les chaires épiscopales se trouvaient dans les églises cathédrales, qui même, primitivement, en tiraient leur nom. Elles étaient placées, selon les anciens rits, au fond de l’abside, derrière l’autel alors plus élevé, de sorte que l’évêque, siégeant in cathedra, dominait majestueusement de ce point central toute l’assemblée des fidèles,
N° 6. Banc, paraissant être un banc de confrérie, — Les meubles de ce genre étaient ordinairement plus ou moins ornés, et portaient l’image du patron de la confrérie ainsi que le titre de la société, sculptés sur le dossier ou même sur le siège. Celui-ci, fort simple, est seulement décoré de cinq panneaux en fenestrages non évidés, eb les membrures sont grossièrement équarries. Il a été copié dans l’église de Pont-de-l'Arche, en Normandie,
N° 3. Banc familial. — Quoique ce banc ait quelque aspect d’un trône, les dames à couronnes fleuronnées qui s’en partagent le siège, en devisant, n’y paraissent cependant pas être en représentation. Cet exemple est tiré d’un manuscrit exécuté en 1350.
N° 4. Banc à dais sculpté. — La pièce d’étoffe que l’on tendait sur le dossier et le siège s'appelait le banquier, et les coussins couettes on quarreaux,
Sous les n° 2, 5, 10, 11, 14, 15 et 20 se trouvent réunis des exemples de divers buffets et
crédences qui font ressortir ce qui est dit pl. Europe, XV° siècle, ayant pour signe le Cric, au sujet du caractère des deux genres.
Nos 14 et 20. Buffets conformes à la description de Nicot, c’est-à-dire ayant forme de dressoirs, — Ceuxci ne sont même pas des meubles, mais des échafauds en étagères recouverts de tentures dont il est facile d'évaluer l'importance, la hauteur, par la proportion des figures qui les avoisinent. Quant à la crédence, nous renvoyons à la notice citée plus haut ; les raisons de ses diversités y sont relatées.
N° 13. Table ronde en pans coupés, montée sur un seul pied, et couverte d'une blanche touaille, ouvragée. Les ustensiles qui se trouvent sur cette
nappe, drageoirs, hanaps, écuelles, gobelets, montrent assez l’usage auquel cette table était affectée,
N° 19. Table légère de forme rectangulaire, pourvue d’un tiroir assez profond, couverte d’un napperon, et ayant tous les caractères d’une servante.
N°12. Reliquaire.
N° 9. Lustre en couronne de lumière. — Ce lampadaire était destiné à être garni de chandelles de cire qui y étaient fichées. On en faisait à la même époque qui avaient des lampes à godets, dont le verre était coloré.
Tous les motifs de cette planche sont du quinzième siècle, à l’exception des n°° 1, 3 et 7, qui datent du quatorzième. On a vu la provenance des plus importants; tous les autres sont
extraits de peintures des manuscrits.
Beproduction d'après Villemin. — Texte d'après Potier et Viollet-le-Duc.
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EUROPE. — MOYEN AGE