LE GRAND HALL DU CHATEAU D'OXFORD
€ Chaque demeure féodale, dit Viollet-le-Duc (Dictionnaire d'architecture), renfermait un vasbe espace couverb, qui servait de salle de réunion dans les solennités, lorsque le seigneur exerçait ses droits de justicier, lorsqu'il conviait ses vassaux soit pour des fêtes, soit pour prendre part à ses actes de chef militaire. En temps de siège, la grand’salle du château servait encore de logement à un supplément de garnison; en temps de. paix, c'était encore un promenoir, Comme nos salles des pas perdus annexées aux palais de justice modernes. Généralement ces grand’salles étaient situées au premier ou même au second étage, le rez-de-chaussée servant de magasin, d’écurie, de réfectoire et de dépôts d'armes, N’étant couvertes que par la toiture, et les murs des châteaux ne pouvant être renforcés par des contre-forts qui eussent géné la défense, ces salles n'étaient pas voûtées, mais de magnifiques charpentes, lambrissées à l’intérieur, formaient un abri sûr contre les intempéries de l'atmosphère. » C’est dans ces grand’salles des châteaux, des abbayes, des évêchés, des édifices publics, que les charpentiers furent particulièrement appelés à déployer toutes les ressources de leur art.
Les constructeurs des charpentes apparentes qui étaient le principal ornement de ces grand'salles en France, en Angleterre, dans le nord de l’Europe, étaient des Anglo-Normands dont les traditions remontent haut dans le moyen-âge. La facilité avec laquelle, dans la Grande-Bretagne, on se procurait des bois d’un énorme équarrissage et de toutes formes, y permit de négliger certains principes de solidité dont on ne pouvait se passer de même dans d’autres pays. Il en est résulté que les charpentes apparentes des Anglais, richement sculptées aux quinzième et seizième siècles, ont une physionomie qui leur est propre. La magnifique charpente qui couvre la grand’salle de l’abbaye de Westminster, dont la largeur, dans œuvre, est de vingt eb un mètres, et dont les différentes pièces sont couvertes de belles moulures, toutes évidées dans la masse, où les assemblages sont exécutés avec une telle perfection qu’on a grand’peine à les reconnaître, cette charpente opulente et riche, disons-nous, solidement et heureusement liée, sans l’entrait traditionnel et obligatoire en d’autres pays, est le type le plus important et le plus parfait du genre. Sa pureté d'exécution
et la qualité des bois employés font qu’elle est restée intacte comme aux premiers jours. Un voyageur français du dix-septième siècle mentionne à ce sujet un détail assez curieux. « C’est, dit-il, en parlant du grand hall de Westminster, un carré long d’une étendue immense, et dont la voûte, tout en charpente et chargée de sculptures gothiques, est lambrissée d’une sorte de bois d'Irlande, auquel on assure que la poussière et les araignées ne s’attachent jamais; du moins n’y e ai-je point aperçu, quoique les murs en fussent couverts. »
En choisissant, pour représenter le genre, un exemple de proportions moindres comme le sont celles de la charpente apparente du grand hall du château d'Oxford, nous avons eu pour but de montrer l’emploi des riches charpentes décoratives, émanant d’un principe commun, mais dans un cadre moins exceptionnel que ne l'était celui d’une abbaye importante comme Westminster, Dans un bon nombre de châteaux anglais, on retrouve la charpente apparente du grand hall, de proportions analogues à celle que nous reproduisons. À la fin du quatorzième siècle eb au commencement du quinzième, l'Angleterre était victorieuse, riche et florissante, ce qui explique le nombre de ces constructions luxueuses qui y furent pratiquées pendant la plus grande partie du quinzième siècle. La charpente d'Oxford avec son arc principal surbaissé, ses claire-voies en style d'architecture, ses discrètes clefs de voüte, ses élégants pendentifs finement ciselés tombant bas à la rencontre de ses liens, cette charpente presque plafonnante esb aussi, d’ailleurs, une des merveilles du genre.
Le grand hall du château d'Oxford est aujourd’hui une galerie disposée en salle d’étude; des tables et des bancs s’y alignent dans presque tout son pourtour. Les murs sont couverts de portraits se rattachant naturellement à l’histoire de l'institution. Nous avons supprimé cet ameublement et ces peintures dans des cadres inégaux, de tous les styles modernes, pour laisser les lambris et les murailles dans leur pureté; les cheminées que nous n'avons cependant pas cru devoir faire disparaître parce qu’elles aident à établir la proportion architecturale, sont des constructions également postérieures ; au quinzième siècle, on ne faisait pas de cheminées à tablette de hauteur.
Cette magnifique salle est largement éclairée des deux côtés ; les hautes baies des fenêtres sont décorées dans le style ogival perpendiculaire dont les Anglais ont fait un usage si fréquent à partir de la seconde moitié du quatorzième siècle, style perpendiculaire qui leur sert encore aujourd’hui de base dans leurs belles constructions comme l’est leur Parlement. En se reportant à la cibation de Yiollet-le-Duc, insérée en tête de cette notice, sur la destination de la grand’salle du château féodal, on voit que rien ne manque au grand hall d'Oxford pour la beauté des fêtes comme pour la grandeur des réunions de tous les caractères que le chef pouvait avoir à provoquer.
Document photographique.
(Voir pour le texle : Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française,
article Charpente; Batissier, Histoire de l'art monumental.)
—————— sr D ———————
RSS.
C1 Paris
Eap. Firmin Didot et C°
EF NRNNEEE EE = (| |
bi
— Le en
N0L0000N00NNNONNONNOES
sa LEE fe un (Ce | ms | EST) Ce | ms | HÉIET [aa É nues eus lem | os Nas | AC NC LES É RC | a C2 | ee } es NÉSTESS) MEET [ec |] (ET E 7 || om) 2} | Ke À mu EAN) |) Tes) ann
bo D dd 155€ VE LL 1 te à à iii és