‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 79 sur 130 · INFANTERIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

INFANTERIE FRANÇAISE

C’est à Louis XII que revient le mérite d’avoir amené les grands seigneurs à s’incorporer dans l'infanterie, dont l’importance avait été démontrée si victorieusement par les Suisses aux batailles de Morat et de Granson, ce qui devait modifier toute l’ancienne tactique des armées européennes.

Louis XIT, en 1507, forma les bandes de Piémont, officiellement appelées bandes de delà les monts par opposition aux vieilles bandes de Picardie qui étaient désignées sous le titre de bandes de deca les monts. C’est avec cette infanterie, à laquelle se joignaient des troupes auxiliaires telles que les Suisses, les lansquenets et certains corps italiens, que se firent les premières campagnes de François [°. Mais les difficultés du règne forcèrent ce prince à user de toutes les ressources, et en 1523, il eut recours, pour augmenter l'infanterie, à la vieille institution des francs-archers ; ces derniers furent pris dans les milices des communes auxquelles on donna le nom de fégions.

Ces légions, chacune de six mille hommes, étaient au nombre de sept : les provinces de Bretagne, Normandie, Picardie, Guyenne et Languedoc devaient en fournir chacune une ; la Bourgogne, la Champagne et le Nivernais réunis, la sixième ; le Dauphiné, la Provence, le Lyonnais et l'Auvergne, la septième. La légion se divisait en six compagnies comprenant chacune un capitaine, deux lieutenants, deux enseignes, quatre centeniers, quatre fourriers, six sergents eb un fifre.

Cette organisation ne se maintint pas et les légions furent dissoutes avant la mort de François I‘. Il ne resta que les bandes dont l'effectif s’accrut avec les débris des légions

En 1557, Henri IT voulut rétablir les légions instituées par son père et leur donner une organisation analogue, mais quelques-unes ne furent jamais levées où subsistèrent peu de temps; les autres, après avoir pris peu à peu la forme des régiments modernes, se dispersèrent pendant les guerres de religion.

Vers la fin du règne de François I* et sous Henri IT, l’infanterie régulière se divisait en bandes ou enseignes. Ces bandes étaient composées de piquiers à double paie, de picques seiches ou surnuméraires (à pate simple), de hallebardiers et d’arquebusiers. Chacune d'elles avait pour chef un capitaine, un lieutenant, un enseigne, deux sergents, trois caporaux (caps d'escouade) de piquiers, trois caporaux d’arquebusiers et dix lanspessades, cavaliers démontés que l’on mettait dans l'infanterie pour y exercer les fonctions de caporal en second ; leur nom venait de l'italien lanza spezzata, lance rompue. Il y avait en outre quatre payes royales ; c’étaient de pauvres gentilshommes à qui le roi accordait une solde extraordinaire pour engaœer sa noblesse à servir dans l’infanterie.

A ces époques, on n’avait pas encore eu l’idée de systématiser l'uniforme dont cependant on était à même d'apprécier le bon effet dans les corps d'élite qui y étaient astreints, tels que les Cent-Suisses et les archers écossais. Pour en étendre l’usage à une armée entière, il aurait

seulement la couleur de l’habit.

Tabourin légionnaire ; règne de François I", 1534.

Hallebardier légionnaire ; même époque.

Cervelière ; corselet ; grandes tassettes et haguine, pièce de l’armure préservant les reins.

Arquebusier légionnaire; même époque.

Sous le bonnet, une secrette, calotte de fer. Grand collet

de mailles. Amorçoir ou pulvérin suspendu derrière le dos, Poire à poudre attachée au côté.

fallu commencer par soumettre celle-ci à une organisation administrative dont le moment n’était pas encore venu. Dans certains cas, la

marque distinctive des différents corps fut

NO

Piquier d'infanterie régulière ; règne de Henri II; 1548.

Bourguignotte, casque réservé à cette espèce d'homme de pied ; hallecret ; épaulières en rondelle; brassards ; gantelets de mailles ; longue épée et da gue ou main gauche.

Arquebusier morionné d'infanterie; même époque,

Les arquebusiers, légèrement vêtus, avaient de petits casques appelés morions, des jacques ou buffles et des manches de mailles. Ils portaient, outre l’arquebuse, l’épée et la dague.

Aux pieds de ce soldat se trouve une hallebarde ayant le caractère traditionnel propre à cette arme c’est-à-dire possédant la pointe et la hache,

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