‹ Le costume historique (volume 4)Chapitre 94 sur 130 · COSTUMES FÉMININS · texte numérisé non relu

COSTUMES FÉMININS

Figures historiques.

No 7. — Marie d'Angleterre, sœur cadette de Henri VIII,

née en 1497, mariée à Louis XIT, roi de France, en 1514, morte à Londres en 1534. Elle s'était remariée à Charles Brandon, duc de Suffolk. — Elle n'avait guère que seize ans, lorsqu'elle épousa Louis XIT, veuf de sa seconde femme, Anne de Bretagne. C’était une des plus belles personnes de son temps.

Sa coiffure est le chaperon, diminutif de chape, cape, venant du latin caput, tête. On appelait manches à rebras, les manches larges qui se retroussaient et mettaient à découvert la manche juste de la cotte, toujours ornée d’une garniture au poignet.

No 6. — Anne de Boulen, Boolen où Boleyn, reine d’An-

gleterre, mère d'Élisabeth, née en 1500. — Elle avait accompagné en France, comme demoiselle d'honneur, la princesse Marie d'Angleterre. Ce ne fut qu’en 1525 ou 1527 qu’elle retourna dans son pays, où, nommée demoiselle d'honneur de Catherine d’Aragon, elle supplanta cette reine et se fit épouser par Henri VIII, en 1532, après le divorce royal; elle

avait alors le titre de marquise de Pembrocke. En 1533, elle était couronnée à Westminster. À son tour elle fut. supplantée par une de ses demoiselles d'honneur, Jane Seymour ; le 26 mai 1536, elle était décapitée.

Après le départ de Marie d'Angleterre elle était restée attachée pendant près de dix ans à la reine Claude,

No 8. — Autre fille d'honneur de la reine Marie d’An-

gleterre. — Son chaperon est du même genre que celui de Marie et que celui d'Anne de Boleyn. La queue en était tantôt pendante, tantôt relevée, et dans ce dernier cas on l’attachait de diverses manières.

Le damas, le satin, le velours étaient, du temps de Louis XII, des étoffes usitées dans la grande parure. C'était surtout de Florence que l’on tirait ces étoftes.

N° 5. — Élisabeth de Valois, reine d'Espagne, fille de

Henri Il et de Catherine de Médicis, née à Fontainebleau en 1545, morte à Madrid en 1568. — C'est aux fêtes du mariage de cette princesse, en 1559, que Henri IL trouva-la mort dans un tournoi.

Avec ce dernier costume on voit réapparaître les épaulières qui, sous le nom d’épaulette contenant ou non la naissance du mancheron, donnèrent une nouvelle tournure aux toilettes dé la seconde moitié du seizième siècle. On y remarque aussi le collet monté que l’on attribue 4 Catherine de Médicis, et le rapprochement du corsage de la robe avec le pourpoint des hommes qui devait donner aux femmes une physionomie toute autre que celle qu’on leur avait connuê: jusqu'alors. La coiffure était aussi de moins de volume, et c'était là une influence du goût italien, qui, en général, ne tendait pas à augmenter le voltme de la chevelure, comme ot. peut le remarquer en considérant les fig. 1, 2, 3 et 4. :

Au reste, les différences très typiques peuvent se mesurer ici. Les Françaises et les Anglaises selon leur goût traditionnel, ont la taille longue et fine autant que possible, le dos plat, uné coïffure qui ajoute à l'importance de la tête avec une certaine exagération ; le tout en une har: 1 monie voulue, basée sur le rythme de la stature naturelle. |

Les Italiennes sont toutes grandies par le surhaussement de leurs chaussures, sur lesquelles elles sont juchées (voir la pl. Italie, ayant pour signe la tête de Bélier, n° 7, la courtisane véni tienne). On sent par ce double rapprochement des types du nord-ouest européen et du midil italien, combien les idées de beauté différaient de l’un à l’autre, et dans quelle mesure les dames! anglaises, françaises et flamandes savaient recourir aux productions méridionales. Les diffé . rences sont assez sensibles pour qu’il soit inutile d’insister. La Française ne pouvait admettrelk que pour le grand apparât il fût nécessaire d’avoir la tête aussi petite que possible, la taille remontée, d'autant plus courte que la femme était juchée plus haut et la jupe plus longue, ete. etc,

Figures typiques, de la fin du seizième siècle.

N° 1. — Fille noble de Ravenne, N° 3. — Princesse mariée napolitaine.

N° 2, — Noble matrone napolitaine, N° 4. — Dame de Padoue (Vénétie).

Les n° 5,6, 7 et 8, sont tirés du recueil de Gaignières et de la Galerie française des femmes célèbres. par Lanté, AE Ù Ê 3 > À Les n°5 1,2, 8 et 4 sont empruntés au recueil gravé par Joss de Bosscher, publié en 1610.

Voir le texte des pl. ayant pour signes : la Pomme de pin, la Hache, la Perle, la Tête de Bélier, le Shalko,

l'Écritoire et le Bougeoir.

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