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© © Renraux del.
autant de boutons d'ivoire placés sur l’éclisse, audessous de la table d'harmonie,
La citole ou cuitole, dont parlent souvent les poètes français du moyen âge, est une réduction du cistre.
‘ Ceux «de nos exemples qui offrent les divers caractères du luth, de la mandore, de la guitare, du cistre et de la citole, sont du douzième siècle, les n°5 10 et 12, du quatrième siècle ; les n°5 8, 23 et 28, dont les deux derniers sont des citoles sans leurs cordes, montrent sur leur côté l'apparence extérieure de la manivelle qui permettait de remonter l'accord du cistre d’un tour de clef, Le n° 13 est du commencement du seizième siècle,
Instruments à archet.
La rubébe, les giques, le rebec, les vielles ou violes, la vielle à roue, rubèbe, rebeble, rebelle, étant le rebab arabe, il est à croire que la forme de l’un et de l'autre et la manière de les jouer furent d’abord semblables. La rubèbe avait deux cordes; pour en jouer, on la tenait par le manche près du chevillier; elle était appuyée sur le genou. C'était un instrument grave, qui donna naissance, selon toute probabilité, au rebec, dont le diapason était plus élevé, la caisse sonore plus petite, eb qui était monté de trois cordes comme la gigue qu'il fit oublier en France au seizième siècle. On jouait le rebec comme un violon. La volute de son manche était souvent terminée par une tête grotesque, qui donna lieu à l'expression proverbiale visage de rebec. »
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La gique fut une viole du moyen âge sans cases sur la
touche ; elle avait trois cordes ; connue au douzième siècle, elle était probablement plus ancienne. I1 semble que la gigue originaire était faite, corps, manche et volute, d’un seul morceau de bois. La caisse sonore aurait été creusée dans la pièce ; on y collait la table d'harmonie qui se prolongeait sur le manche, lequel n'avait pas d'autre touche. Les gigues françaises et allemandes avaient le dos vouté, mais non à côtes. On en fabriquait de diverses grandeurs pour concerter ensemble, dès la fin du quatorzième siècle,
La vielle ou viole du moyen-âge différait de la gigue
en ce que son manche était divisé en cases formées par des touches saïllantes ; on ne sait à quelle époque ces divisions furent établies. La plupart des figures de cet instrument qu'on voit sur les monuments et dans les manuscrits en sont dépourvues. Les violes primitives ont trois, quatre ou cinq cordes, le corps
ovale sans échancrure pour le passage de l’archet, ce qui obligeait à le tenir dans une position horizontale ; le quatorzième siècle montre encore des vielles ovales et rectangles de ce modèle imparfait qu'on améliorait seulement en plaçant la première corde en dehors du manche, pour permettre au ménétrier qui levait le coude de la toucher seule. Au quinzième et seizième siècles, quatre violes de grandeur différente, à trois, quatre, cinq et six cordes, formaient un ensemble concertant,
De la vielle à roue nous n’avons rien à dire, n’en ayant pas ici d'exemple.
La série des instruments à archet qui figurent dans notre planche se compose des n°5 3, 5,9 et 11,remontant au douzième siècle ; des n° 16 et 21, du treizième siècle; des n° 7 et 35, du quatorzième siècle (l’archet du n°7 est auprès de l'instrument) ; enfin du n° 18, lequel est du commencement du Seizième siècle,
Instruments à vent.
Flûtes, hautbois, chalumeaux, cornemuse, bombarde, krumhorns, trompettes, trombones, cors et cornets. N'ayant ici que peu d'exemples des instruments de ce genre, nous n'avons que peu de chose à en dire.
Le n° 2 est de la famille du chalumeau, chalemie, cha-
—lemelle, qui dérivait de la flûte simple à anche des Grecs et des Latins. L’anche était de roseau ou métallique et recouverte par un barillet surmonté d’un petit tuyau qui servait à l’'émboucher; on ne voit pas ici cet appendice ; mais c’est le nombre des trous dont le tube de cette flûte est percé qui la rapproche du chalumeau. Cet exemple est du quatorzième siècle,
Le n° 14, double flûte à unique embouchure, est de
la première partie du seizième siècle, ainsi que le cor, n° 33. Ce cor est l’oliphant du moyen âge. Cor de chasse ou de combat, l’oliphant ne se présente que sous” cette forme générique jusqu’à la fin du seizième siècle ; ce n’est qu’alors que le cor circulaire fut imaginé. L’oliphant n’est qu'un porte-voix semblable au cor de pin ou cor des alpes dont les Suisses se servent depuis le treizième siècle. On l’appelait à tort cor sarrazinois, les Sarrazins n'ayant jamais eu de cor en forme de corne. L'oliphant ou olyphant était une trompe de chevalier ; il s’en servait à la guerre pour appeler à la rescousse, Le chasseur l’employait pour le ralliement. Le nom d’oliphant lui venait de la matière dont les plus riches de ces porte-voix
étaient faits : c'était de l’ivoire d’éléphant, creusé à l’intérieur et très souvent ciselé à l'extérieur.
Les cornets, qui avaient la figure du cor noble, ayant comme celui-ci été faits d’abord avec des cornes d’animaux évidées, ordinairement par paires, furent aussi d'ivoire à côtes. Au quinzième siècle ,les meilleurs étaient.en bois de cormier ou de poirier qu’on recouvrait de cuir noir pour leur conservation; ils étaient percés de trois, de six, de huit trous, dont certains avec clefs. Organes habituels de la musique instrumentale au moyen âge, on réunissait toujours les cornets aux voix, quand celles-ci ne chantaient pas seules.
Le n° 29 est la saguebute, en italien, trombone; sa forme est celle du clairon, clarion, clara, claraïus, clareta, la trompette à tube étroit qui devait son nom à un son strident. La saquebute diffère de cette trompette en ce que son tube glissant sur la coulisse en fit un instrument chromatique. Cet exemple est du commencement du seizième siècle.
Instruments à claviers.
Le clavicorde, les orgues portatives, etc., etc. Ce ne fut qu'au douzième siècle que le pisantir arabe, devenu le psaltérion à cordes pincées, fut introduit en Eu-
rope. Ce n’est donc que postérieurement qu’il y devint le clavecin, quand on lui eut appliqué un procédé mécanique pour faire résonner ses cordes. Il en est de même pour le génon, transformé en éympanon à cordes frappées, qui devint le clavicorde ou manichordion, manicorde, comme on l’appelait en France et en Angleterre. Ces instruments avaient acquis d'assez grands développements au quinzième siècle, Cependant les écrivains des treizième et quatorzième siècle n’en parlent pas. Ce que l’on découvre de certain à propos des orgues, dont l'existence se révèle -dès le douzième siècle par la qualité d'organiste donnée à des musiciens de cette époque, c’est qu'il y avait des instruments d'espèces différentes auxquels on donnait le nom-d’orgue ; les uns étaient de petite dimension et se portaient suspendus au cou par un lien ; les autres, plus grands, étaient placés sur une table et exigeaient le secours d’une personne pour faire fonctionner les soufflets; enfin, il y ayait les grandes orgues d'église qui avaient plusieurs claviers. Le clavier des petites orgues portatives était
joué d’une main, pendant que l’autre faisait mouvoir
le soufflet.
Notre n° 20 est un orgue portatif du quatorzième o
siècle. Le n° 15, plus grand et plus compliqué, est du commencement du seizième siècle.
Les n° 1, 5, 11, 19, 26, 27 et 30 proviennent de l’abbaye de Saint-Denis; les n° 3, 9, 10, 12 et 31, du portail de Chartres. Les n° 16, 17 et 21 ont été recueillis sur un bassin d’émail du treizième siècle. Le n° 25, de la même époque, est une figure de manuscrit.
Les n° 2, 4, 7, 8, 20, 23, 28, 32, 34 et 85 sont tirés des manuscrits de bibles historiées du quatorzième siècle.
Enfin Willemin, auquel sont dûs tous ces documents épars dans son œuvre, n'a laissé 19) aucune indication sur la provenance très ancienne des n° 22 et 24.
Voir, pour le texte, l'ouvrage si complet de F. J. Fétis. Histoire générale de la musique
depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours; Paris, Firmin-Didot.
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MOYEN AGE