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Le sommet recourbé, le tube de la tige et la pointe de l’extrémité, ont été l’objet d’un symbolisme exprimé par le vers suivant : « Attirez par le haut bout ; gouvernez par le milieu; corrigez par la pointe, » En d’autres termes : persuadez, régissez, punissez.
L'évêque, ayant la crosse à la main, devait en tourner la courbure en avant vers le peuple, pour signifier que sa juridiction s’étendait sur lui ; tandis que l’abbé devait tenir la courbure de la sienne en arrière, vers lui-même, pour indiquer que son autorité ne regardait que sa propre communauté.
De même que les mitres, les crosses, après le douzième siècle, crûrent en hauteur et en profusion d’ornements, jusqu’à ce qu’elles eussent le plus haut degré de richesse et d’élégance, au quatorzième et au quinzième siècle. Sous Charles VIT, on en vit dont la volute avait pou. base un édicule distribué en plusieurs niches dans chacune desquelles on mettait parfois une figure (voir le n° 4 de cette planche et les différents exemples du bâton pastoral représentés dans la planche la Crosse).
Chez l’évêque représenté sous le n° 4, le sudarium est attaché à la crosse. Cet insigne avait autrefois appartenu aux abbés, pour indiquer que leur autorité était d’une nature secrète et subordonnée ; mais ils l’abandonnèrent dans la suite, Toutefois, le sudarium resta toujours attaché à la crosse des abbesses, à laquelle il pendait, flottant comme une banderole,
Le superhuméral. — Un autre insigne de la dignité épiscopale qui tendit à se généraliser au douzième siècle, fut le superhuméral, large collet de brocart richement décoré de pierreries, qui retombait sur la poitrine par un appendice figurant, dans la pensée des liturgistes de l’époque, l'éphod du grand prêtre des Hébreux (voir la planche GK, Hébraïque). L'usage de cet ornement ne s’est pas maintenu.
Les gants. — T'origine des gants est féodale ou barbare. Lorsque les princes disposaient des bénéfices ecclésiastiques, c’est par une paire de gants qu’ils en investissaient les prélats. Les gants devinrent une pièce liturgique au onzième siècle ; ils étaient faits de tricot, de cendal ou de drap de soie, avec une croix dans un nimbe, brodée en or sur le dos de la main. Guillaume Durand dit que l’évêque doit couvrir sa main de gants, afin que sa gauche ne sache pas ce que fait sa droite.
L'annulaire. — C'était le signe de l’union d’un évêque avec l’Église ; on le donnait aux prélats dès le quatrième siècle, dans la cérémonie de leur sacre. Le Pontifical veut que cet anneau soit d’or et orné d’une pierre précieuse unie et sans gravure.
Les chaussures. — Les souliers de l’époque mérovingienne, faits d’une seule pièce, se maintinrent jusqu’au quatorzième siècle dans le costume épiscopal; ils furent transformés en mules de velours,
N° 1 et 4, a pour base un édicule finement ciselé ; à cette crosse
Évêques est attaché le sudarium.
Mitres précieuses. Amict, étole et manipule brodés, ainsique l’aube, la dalmatique et la chasuble, Depuis : le douzième siècle, porter la dalmatique sous la cha- Mitres précieuses, suble était un privilège que les évêques partageaient avec les abbés mitrés. N°5 5, 6, 14 et 15.
L’évêque n°4 a le devant de sa chasuble orné d’une large bande à orfrois, avec figures de broderies représentant des saints; vers la fin du quatorzième siècle, on voyait de ces ornements exécutés en orfévrerie, ce qui donnait un poids énorme aux vêtements sacerdo-
N°s 2, 8,7, 9,10, 11 et 12.
Détails des fanons.
Nos 8 et 18.
Motifs de broderie enrichis de perles, ornant la bande
taux. Ce même évêque porte une crosse dont la volute verticale des mitres n°5 9, 10, 11 et 12,
Figures et exemples de mitres provenant du Glossary of ecclesiastical ornament and costum, de Welby Pugin.
Voër, pour le texte : l'abbé J.-B. Pascal, Institutions de l’art chrétien, — Quicherat, Histoire du costume en France.— Viollet-le- Due, Dictionnaire du mobilier.