COSTUMES SACERDOTAUX
L’AUBE, LE ROCHET ET L’AMICT. LA CHASUBLE. LA DALMATIQUE. L'ÉTOLE ET LE MANIPULE. LA CHAPE. LA TONSURE ET LES BONNETS. LES CHAUSSURES.
Le costume clérical existait dès le quatorzième siècle ; car il était de règle que les gens d’Église ne devaient prendre dans les modes régnantes que les habits longs et flottants ; mais le costume sacerdotal fut constitué seulement sous les premiers mérovingiens.
Auparavant, on s'était accordé, dans le clergé, à ne s'approcher de l'autel que vêtu de blanc, mais il y eut bien des exceptions faites à cet usage. Saint Martin, pendant tout le temps de son apostolat, célébra en birre noir ; au cinquième siècle, les évêques de la Narbonnaise se servaient d’étoffes teintes et brodées.
L'aube et lamict. — T'an des premiers vêtements liturgiques fut l’aube, tunique de lin descendant jusque sur les pieds, comme l’ancienne stola des dames romaines ; elle admettait, ainsi que ce vêtement, la décoration de claves de pourpre. Elle fut appelée Ainea en considération de son étoffe, eb alba parce qu’elle était blanche. 4764 a fait aube en français.
Lorsque, sous les Carolingiens, le luxe fit irruption dans le costume sacerdotal, les aubes, en dépit de leur nom, furent faites d’étoffes de couleur et de tous autres tissus que le fil. Ducange parle d’une aube sur laquelle un abbé de Saint-Gall avait fait représenter en broderie des sujets tirés des Moces de la Philologie, de Martianus Capella.
L’aube, au douzième siècle, dut être préservée du contact de la peau par une tunique
de dessous, origine de la soutane; et, afin de cacher l’encolure de ce premier vêtement, les épaules furent enveloppées de l’amict. Le parement, pièce carrée d’étoffe de couleur brochée ou brodée cousue au bas de l’aube, date de la même époque. Ce détail est visible dans chacune des figures ici représentées.
Pour empêcher que la longueur et l'ampleur ne gênassent les mouvements du célébrant, on la serrait autour des reins avec un cordon auquel on substituait quelquefois une ceinture de soie aux extrémités enrichies de broderies d’or ou d'argent. Les évêques étaient les seuls qui usassent de ces sortes de ceintures.
Les aubes perdirent, vers le milieu du quatorzième siècle, l'apparence antique qu’elles avaient conservée jusque-là. Au lieu de draper par l'effet de la ceinture, elles furent bâties de manière à produire des plis droits. Quant au parement de couleur qui les décorait dans le bas, il ne fut supprimé qu’à la fin du quinzième siècle,
Le rochet est une aube courte, à manches étroites, que portent encore les évêques.
+ L’amict, longue pièce de toile fine garnie au chef d’une broderie enveloppant le cou du célébrant, fut adopté vers l’époque carolingienne ; il voilait alors la tête et était abaissé au moment de l'office.
L'origine de ce vêtement n’est point indiquée dans les premiers monuments chrétiens ; au contraire, à cette époque les prêtres sont toujours représentés la tête nue par opposition aux usages religieux du paganisme. Au treizième siècle, le prêtre, avant de monter à l’autel, se voilait encore avec l’amict, bien que les monuments figurés montrent toujours la partie brodée de ce vêtement rabattue sur la chasuble en manière de collet, tandis que la partie de toile fine entre, en se plissant, sous l’aube. Les collets de broderie, dont les amicts étaient pourvus, disparurent peu à peu depuis 1450.
La chasuble. — Elle fut le manteau sacerdotal choisi par l’Église dans ses prescriptions relatives aux premiers vêtements liturgiques. Il n’y avait alors aucune différence entre le cos-
tume sacerdotal des prêtres et celui des évêques ; seulement, parmi ces derniers, les métropolitains, qu’on a appelés depuis archevêques, portaient, sur la chasuble, le pallium, marque distinctive consistant en une bande d’étoffe blanche ornée de croix noires (voir les planches GN, Byzantin, et GI, Byzantin et Abyssin).
«€ Comme une petite maison (casula), la chasuble couvrait entièrement l’homme », dit Isidore de Séville, Celui qui en était revêtu, pour faire usage de ses bras, en relevait les deux côtés au-dessus des poignets, de manière à former de nombreux plis latéraux; mais la gêne que ces plis épais devaient causer aux mouvements fit que, dès le onzième siècle, on échancra un peu la chasuble sur les deux côtés correspondant aux bras, et qu’au lieu d’être ronde, elle devint ovale. Au treizième siècle, elle est coupée en forme de large entonnoir, afin de donner, sur les bras, un amas moins considérable de plis ; cette forme ne se modifie que vers la fin du siècle suivant où elle prend alors moins de longueur dans la partie recouvrant les bras et plus