‹ Le costume historiqueChapitre 119 sur 130 · EE CR · texte numérisé non relu

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d’ampleur dans les parties inférieures; voir n° 10. Dans les exemples n° 8, 4, 5, 7 et 8, datant du quinzième siècle, la chasuble se raccourcit encore sur les bras. Dans la suite, on exagéra de nouveau cette dernière mode, ce qui conduisit à la forme de la chasuble moderne qui ne recouvre plus les bras eb se compose de deux pans d’étoffe roides tombant devant et derrière.

Dans les mosaïques des premiers siècles, les chasubles ont toujours l’apparence d’un vêtement de laine aux nuances indécises. Sous les Carolingiens, les couleurs les plus éclatantes sont admises, en même temps qu’une étoffe toute de, soie, désignée sous le nom de cendal, obtient la préférence sur les fins lainages et les tissus mélangés de laine et de soie. Jusqu'au treizième siècle, la chasuble est presque toujours décorée d’un clave par devant et par derrière ; c’est le dernier emploi que l’on ait fait de cet ornement qui existait depuis tant de siècles; on lui donna le nom d’orfroi lorsqu'il était décoré de broderies. Les orfrois des chasubles, tout en conservant leur nom, se transformèrent, sous Charles VI, en bandes d’une très grande larveur, sur lesquelles on exécutait en broderies d’or ou de soie, tantôt des sujets légendaires enfermés dans des cadres d'architecture, tantôt des emblêmes héraldiques. La bande dorsale, par l’addition d’une traverse, devint une croix (voir n° 4); il y eut même, à cette époque, des chasubles sur la face antérieure desquelles on voit ce même ornement (n° 8), exemple qui ne se rencontrait Jamais dans le costume sacerdotal des prêtres français.

La dalmatique. —- Considérée sous les derniers Césars comme un vêtement efféminé, la dalmatique fut donnée aux diacres de l’Église primitive par le pape Sylvestre I®, Elle était souvent blanche, toujours de couleur claire, et ornée de claves auxquels s’ajoutait, en façon de

bordure, une décoration de glands ou de houppes; ses manches fort larges ne descendaient

que jusqu'aux coudes.

La forme de ce vêtement religieux se modifia quelque peu. La dalmatique du douzième siècle n'avait plus l'ampleur de celle des temps anciens et produisait l'effet d’un sarrau fendu sur les côtés ; ses manches, d’une largeur plus ou moins prononcée, selon les lieux, laissaient une partie des bras à découvert. Pendant les treizième et quatorzième siècles, le col de la dalmatique est plus ouvert et laisse voir la bordure de l’amict ; les manches sont moins larges et plus longues (voir n° 1 et 6). La dalmatique actuelle n’a presque, avec l’ancienne, rien autre chose de commun que le nom. Les cordons ornés de glands d’or que l’on adapte encore aux dalmatiques, accusent leur ampleur primitive, car c'était par ce moyen qu’on en relevait les côtés au-dessous des bras, pour ne pas gêner le diacre dans ses fonctions.

Porter la dalmatique sous la chasuble, comme on le voit dans le n° 5, était un privilège que les évêques ne partageaient qu'avec les abbés mitrés.

L’étole et l'oraire ow manipule. — L’étole esb issue de l’oraire, espèce de mouchoir que le prêtre portait auparavant à sa ceinture afin de s’envelopper les mains lorsqu'il touchait à de certains objets sacrés. C’est au neuvième siècle que cet ornement prit sa forme actuelle, ainsi

que la place qu’il occupe dans le costume du célébrant, Taillée sur le patron du pallium, l’étole fut placée droite sur le cou, les deux bouts retombant sur le devant de l’aube. L’étole a encore avec le pallium cette autre analogie que, bien qu’elle ne soit qu’une étroite bande d’étoffe, elle porte le nom d’un vêtement qui, autrefois, avait été très ample, la sto/a.

L’étole était l’insigne du sacerdoce, non seulement dans l’église et à l’autel, mais dans le monde ; les canons enjoignaient aux prêtres de l’avoir toujours sur eux. Pendant la célébration de la messe, cet ornement se passe:sur l’amict et se maintient croisé sur la poitrine en étant passé dans la ceinture de l’aube ; l’évêque le laisse pendre tout droit par devant.

Primitivement, l’étole était de lin blane, sans ornements, avec une simple frange aux deux bouts. Mais on ne tarda guère à porter des étoles d’une grande richesse, brodées d’or et ornées de perles et de pierreries. Presque toutes les statues d’évêques et de prêtres remontant aux douzième et treizième siècles, laissent apparaître, sous la chasuble, des étoles d’une extrême richesse ; il est alors très rare de les voir terminées par l'élargissement qu’on leur a donné depuis, elles conservent plutôt une largeur égale jusqu’à leurs extrémités.

L’oraire primitive, ayant été métamorphosée en étole, reparut sous un autre nom dans l’habit d'église. Il devint le suaire (sudarium) porté à la main, et non à la ceinture ni sur le bras. Il en fut du suaire comme de l’oraire ; sous le règne de Charles le Chauve, on le voit transformé en une simple bande, décorée de la même manière que l’étole. En langue vulgaire, on l’appela fanon ; il devint plus tard le manipule.

Les plus anciens manipules figurés, tels que ceux des miniatures de la Bible de Charles le Chauve et des figures de la tapisserie de Bayeux, sont des bandes d’étoffes blanches frangées. Ceux des onzième et douzième siècles sont également frangés; ils sont droits et légèrement élargis à leur extrémité. Ce n’est qu’au dix-huitième siècle que le clergé lui a donné la forme de palettes.

La chape. — Elle fut, dans son origine, un manteau muni d’une capuce dont on se couvrait

la tête. On en faisait surtout usage pour les processions lointaines, afin de se garantir de la pluie. De là le nom de pluvial qui lui fut aussi donné.

it exactement ronde uverte sur vant; une large agrafe maintenait le

La chape était exactement ronde et ouverte sur le devant; une 1 aoraf tenait les

$ spaules,. ne changea pas jusqu’au quinzië iècle, si ce n’es

deux bords fermés sur les épaules, Sa forme hangea pas jusqu’au quinzième siècle, si ce n’est

que l’agrafe avait été remplacée par une large bride brodée. C’est à partir de cette époque que

l’on commença à fabriquer des chapes d’étoffes épaisses et couvertes d’orfrois (voir n° 9 et 11).

La tonsure et les bonnets. — Tous les ecclésiastiques de l’époque mérovingienne avaient déjà

la tonsure et ne conservaient de leurs cheveux qu’une couronne autour de la tête. A ceb égard, il n’y avait pas de différence entre les membres du clergé séculier et les moines.

Il s’en faut que l’usage des bonnets ecclésiastiques soit aussi ancien. Ce fut en 1248 que les chanoines de l’église métropolitaine de Cantorbéry demandèrent au pape Innocent IV de

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