‹ Le costume historiqueChapitre 128 sur 130 · TOILETTE FÉMININE · texte numérisé non relu

TOILETTE FÉMININE

Groupe n° 12,

Dans ce groupe fragmentaire, Alphonse X, portant un reliquaire, préside une procession aux côtés d’un évêque qui bénit la foule. Le roi est vêtu du paile (pallium) rouge ; sa couronne est à huit fleurons dont quatre grands et quatre petits. La chape de l’évêque est décorée de broderies transversales ; au bâton épiscopal est attaché le sudarium (voir à ce sujet les planches DJ et N couronné, Europe Moyen-âge, costumes ecclésiastiques). Les personnages qui forment le cortège se drapent dans des manteaux de riches étoffes. Aujourd’hui, on voit encore des manteaux de même coupe chez les campagnards arag'onais, catalans, andalous et valenciens.

Groupe n° 1.

Damoiselle coïffée d’une tiare de cendal ou toile fine, enrichie de broderies, de perles, de pierreries, et maintenue sur la tête à l’aide d’un barbuquejo, large ruban, passant sous le menton. Cette coiffure rappelle la tiare droite des anciens rois de l'Asie et l’alcandora mauresque, bonnet de toile orné de æomordos (bijoux) d’or, de perles ou de pierres précieuses, En dépit des lois somptuaires édictées par Alphonse X dans les dernières années de son règne, la mode augmenta encore la hauteur de cette coiffure qu’elle enjoliva d'accessoires flottants représentés

dans le Livre des Jeux, autre ouvrage que le roi fit enrichir de miniatures quelque temps avant sa mort. -

La chevelure tombe en boucles ondoyantes. Toutes les jeunes filles espagnoles portaient alors leurs cheveux flottants sur les épaules ; on les appelait mancebas en cabellos, filles en cheveux. Les femmes mariées étaient seules dans l’usage de les tenir relevés (voir n° 3); cette coutume existe encore dans quelques localités.

Cette jeune fille porte, sous son manteau, une paire de robes : la cyclade, ou cotte d’origine visigothe, et le loba ou bliaut, vêtement dont on retrouve l’origine en Asie. La cyclade, d’un usage général en Espagne au treizième siècle, est serrée sur le torse et prend de l'ampleur depuis la taille jusqu'aux pieds. Le loba de samit est sans manches et a un tour de gorge brodé ; il tombe droit, sans ceinture ni lacets. Ce genre de bliaut se perpétua sans modifications sensibles jusqu’au commencement du quatorzième siècle, c’est-àdire jusqu'au moment de l'adoption franche du surcot. -

Le mot paile (pallium) désigne le manteau que portait alors toute personne noble. On le retenait sur les épaules au moyen de ganses d’or appelées cuerdas, sur lesquelles il était d’usagé d’appuyÿer la main par contenance. Le

Le seigneur placé aux côtés de cette jeune fille, porte les mêmes vêtements : la cyclade, le loba et le paile. Il est coïffé d’un bonnet brodé à oreillères. Sa chaussure est de cuir ou d’étoffe brodée, et attachée au-dessus du cou-de-pied par une boucle ou tin bouton.

aibhicseneés

HEUT | 6 Lau) nt

latte teih eut

£. A oo EE ss (1 eh 2 11lO to LICE

ML LAS De SPL ASIILE

Ce seigneur reçoit un pli scellé que luiremet un messager vêtu de l’esclavine, sorte de casaque en grosse laine brune ou noirâtre, d’origine sarrazine, qu’on endossait pour chevaucher par les temps de pluie. A cette époque, les cavaliers portaient ou de simples capuchons ou des chapeaux assez semblables au pétase antique. Dans la figure représentée, le chapeau est suspendu à un cordonnet passé autour du cou (voir les figures n° 14 et 15).

Groupe n° 8.

Dames offrant à un personnage placé au milieu d'elles, une large faja (écharpe) aux bouts frangés. L'écharpe et le bourdon étaient les marques distinctives du pélerin des croisades.

Les tiares à l'usage des dames prennent ici une forme qui est celle du corno des dogaresses de Venise ; elles sont assujetties sur la chevelure relevée au moyen d'un large barbuquejo passant sous le menton. Chez l’une de ces dames, la cyclade est à corsage, et chez l’autre, consiste en une longue tunique tombant droit et garnie de larges ouvertures se prolongeant depuis l’aisselle jusqu'aux hanches.

Le personnage du milieu a le bonnet, le bliaut à manches et des chausses longues en façon de pantalon à pied.

Exemple de l’aumusse à l’usage des laïques. Cette pièce du costume n'est alors: qu'un capuchon avec pélerine y attenant; on ne la portait que dehors,

Groupe n° 2.

Guerriers dont le chef, simplement vêtu d'un bliaut à manches, n’a pour tout insigne militaire qu’une grande épée d'armes. Ses bottines brodces annoncent un personnage d'importance.

Les deux autres figures montrent, sous le gambison, un saÿo descendant à mi-jambes. Leurs chausses rappellent les zaraguellas des Maures.

Bourgeois dans l'attitude obligée des requérants vis-à-

vis des hauts seigneurs.

Page 1