‹ Le costume historiqueChapitre 27 sur 130 · SA · texte numérisé non relu

SA

FH aù

EE

Imp. Firmin Didot et C Pari

Les noces durent deux, cinq et jusqu’à trente jours. Les enfants des parents et des amis des époux, portés dans des palanquins ou montés à cheval, précèdent la voiture où se trouvent les époux ; les parents et amis viennent après et ferment le cortége.

Le palanquin réservé pour les mariages, les processions, les grandes cérémonies, est un lit ou sopha très-léger, surmonté d’un bambou en forme d’arc dont l'avant figure parfois une tête d'animal réel ou fantastique. Ce palanquin est le chaupal, du type le plus ancien. Celui que nous reproduisons est orné de fleurs naturelles et, comme il est destiné aux cérémonies du soir, sa base est entourée de lanternes. — Le jälledar, palanquin des rajahs et des grands seigneurs, est de forme analogue au précédent; il en diffère seulement par la tenture de soie brochée d’or qui le préserve du soleil. — Dans le chaupal il faut toujours être accompagné d’un domestique tenant le parasol. Ceux qui figurent ici, pour la promenade du soir, ne manient que les chasse-mouches. A côté des nombreux cooles, porteurs du palanquin, deux des domestiques tiennent des pots à fleurs au bout d’un bâton, deux autres de petits étendards aux couleurs de chaque maison ; enfin, il y a encore deux de ces serviteurs portant le bétel que les Indiens de toutes les classes fument et mâchent, en lui attribuant toutes sortes de qualités physiques et morales; c’est pour eux un besoin aussi pressant que celui de boire et de manger.

Un corps de trompettes, crotales, tambours, hautbois et chalumeaux précède le char nuptial devant lequel figurent aussi les bayadères avec leurs joueurs d'instruments.

Il y a trois classes de danseuses dans l’Inde : les devadäses sont consacrées au culte; elles prennent soin de l’intérieur du temple, y allument des lampes et dansent devant le dieu

le jour de solennité. Elles sont très-vénérées par le peuple, même après que leur beauté

passée les à fait réformer et exclure. — Les narlachis, veschastri, varängana, suarin, etc. accompagnent les processions à de certaines solennités, mais ne sont point recluses dans l’intérieur du temple. — Les cancenis, naught-giris (filles perdues), si connues sous le nom de bayadères que les Portugais leur ont donné, forment la troisième classe des danseuses; on en trouve dans toutes les parties de l’Inde. Elles sont de toutes les fêtes et sont appelées dans toutes les maisons riches, indoues ou musulmanes. Chanteuses en même temps que danseuses , elles arrivent avec des joueurs d'instruments, chantent en général en langue indoue, et s’exercent à la danse qui consiste presque toujours en une pantomime amoureuse, contenue dans les limites de la décence.

Le costume porté par la bayadère représentée dans le bas de notre planche, n° 2, est digne d'attention. Sauf le bonnet, qui ne couvre pas sa tête nue, et le pantalon plus moderne, ce costume est en tout semblable à celui porté par Latchimi, femme de Vichnou, déesse de la beauté, mère d’Amanga, dieu de l’amour, dans les représentations de la plus haute antiquité de cette Vénus indienne. — La chevelure noire, luisante à: force d’être humectée avec de l’huile de noix ou de coco, est divisée sur le front et se termine par une seule tresse nattée, retombant sur le dos, comme dans le type original; il en est de même pour les pendants d'oreilles, l’anneau nasal, les grands et petits colliers, les bracelets de l’arrière-bras et du poignet, les anneaux des chevilles, des doigts de la main et des doigts du pied. La fine brassière, prenant l’épaule et couvrant à demi le sein , appartient également au type antique, ainsi que la jupe transparente, ramenée à la ceinture et retombant en tablier, et l’écharpe légère, brodée à ses bouts, à travers laquelle le torse apparaît.

Notre danseuse appartient d’ailleurs à la secte de Vichnou, ce qui est indiqué par le stigmate qu’elle porte au front, entre les sourcils. Ces bayadères dansent presque toujours seules. Les trois ménétriers qui l’accompagnent n’ont ici que des instruments à vent et à percussion. L'un est une musette appelée fourh ou tourry, instrument très-ancien, composé d’une outre surmontée d’un tuyau inflateur qui alimente un tube à anche, percé de quatre trous ; les deux autres sont des crotales et un tambour marquant la mesure et le rhythme de la danse. Ce petit tambour est le matalan : on l’attache à la ceinture et on le frappe avec les mains. Le tal se compose de deux petites cymbales attachées par un lien; l’un des plateaux est en acier,

l’autre du même métal que les cymbales. La femme qui figure parmi les musiciens dit probablement la chanson.

(D’après des peintures originales indiennes. exéculées vers le commencement du siècle (propriêté de l'éditeur). Le texte est tiré des ouvrages suivants : Ferrario, et Dubois de Janeïgny, Inde (Univers pittoresque, publié par Firmin-Didot).

Amp. Firmin Didot et Ci® Paris

lanta lith

Page 1