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LES BRAHMES ET LEURS FEMMES

N°82 066. INOPAS

Brahme Istrivechnou, officiant dans les pagodes de De: Tationvé —" Sectes: de Fire.

Vichnou, et sa femme. — Secte de Vichnou. NO 6, Mendiant, caste Sattania. — Secte de Vichnou. N9:3; À No 1.

Femme d’un brahme astrologue, — Secte de Siva. Enterrement d’un musulman.

Indous est le nom générique propre à toutes les sectes, si opposées qu’elles soient, qui ont adopté le système des castes et reconnaissent la suprématie des brahmes, c’est-à-dire de la caste sacerdotale.

Il y a trois sectes principales : les sivaites, adorateurs de Siva; les vichnouvites, adorateurs de Vichnou ; les swktites, adorateurs de l’une des Saktis, les associées femelles ou les puissances actives des membres de la Trinité. Chacune de ces sectes se divise en une infinité de rameaux. Les symboles peints sur le front sont les indicateurs de la secte.

Les brahmanes du Deccan ressemblent à ceux du Bengale par la couleur olivâtre de leur peau; les premiers cependant l’ont un peu plus claire. Chaque caste, chaque secte, a son mode particulier de porter le costume ; le turban est de couleur, de dimension, de forme différente, selon ces divisions. Les brahmes se reconnaissent, en général, à un petit cordon de coton, Ze cordon sacré, qui leur descend de l'épaule jusqu’au milieu de la cuisse (voir n° 4). Ce cordon est le privilège des trois premières castes, des hommes deux fois nés, de la famille indoue; mais celui des brahmanes est le plus gros : il a, dit M. Grandidier, quatre dzenuars : celui des Kchatrias et des Vaicyas n’en a que trois. Un dzennar se compose de trois fils

tressés ensemble, mesurant chacun quatre-vingt-seize mains. Le cordon sacré se porte sur l'épaule gauche. Le costume des brahmes n’est point d’ailleurs autre chose que le costume national, variant selon l’aisance de chacun, et aussi selon les variétés du climat.

Nos trois hommes, n° 2, 4 et 5 portent le dhoti, ou dootée, selon Solvyns ; c’est une longue bande d’étoffe roulée autour de la taille, puis passée entre les jambes, et attachée derrière le dos. On porte le dhoti plus ou moins ample ; les riches le disposent en larges plis sur le devant. La seconde pièce du costume de ces trois hommes est une écharpe longue, plus ou moins luxueusement brodée en couleurs, et faite de ces mousselines de l'Inde, dont les nobles plis, dit Jacquemont, suffisent pour expliquer les draperies des statues grecques qu'aucune étoffe d'Europe ne peut imiter. Leur coiffure est garnie de même. Celle que l’on voit ici est le turban en forme de shako: il semble que, comme le kulah, on puisse prendre et déposer ce bonnet, sans qu’il faille, chaque fois, l’enrouler pour l'usage. Le reste du corps est entièrement nu. Les Indous qui se piquent d'observer rigoureusement la religion de Brahma ne portent point de chaussures. Cette coutume était sans doute générale autrefois, car cette religion défend expressément l'usage des souliers. Les hommes de toutes les castes ont presque tous la tête rasée (nos n° 4 et 5 ne devraient avoir que la trace bleue de la chevelure noire rasée); on garde seulement une touffe de cheveux nouée sur le sommet de la tête ; chez les brahmes, cette touffe est un peu plus rapprochée de l’occiput que chez les autres. Terry, en faisant l'éloge de la propreté des brahmes, dit encore qu'ils se rasent scrupuleusement les poils sur la poitrine, sous les aisselles eb au bas des aines; qu’ils sont sans cesse occupés à se couper les ongles, à se laver la bouche, à se nettoyer les dents. Ils ont, en général, la peau très luisante, par suite de l’usage où ils sont de se frotter le corps d'huile de sénevé plusieurs fois par jour; ils font suivre cette onction du bain, mais seulement deux ou trois heures après. Ces ablutions journalières et ces onctions répétées sont considérées par eux comme étant nécessaires pour la santé; elles donnent de la souplesse aux membres, empêchent les pores d’absorber les miasmes, et en s’opposant à une trop grande transpiration, rendent le corps moins sensible aux intempéries. C'était l'hygiène des Grecs et des Romains. Au sortir du bain, les Indous se parfument soigneusement ; c’est un des éléments de la beauté parmi eux que d’avoir la peau douce, de couleur jaunâtre, exempte de cicatrices, de boutons, d’aucune tache quelconque. L’embonpoint paraît être un attribut inséparable de la richesse et de la dignité. Les brahmes, comme le reste des Indiens, se teignent le front, les oreilles et le corps, avec toutes sortes de couleurs, dit Ferrari; il en est qui s’impriment sur la peau le nom du dieu qu'ils adorent; d’autres, quelques passages des livres sacrés; d’autres, enfin, quelque emblème hiéroglyphique de leur religion. La marque de la secte qui se porte sur le front, sy trace avec une poudre blanchâtre, qui est de la cendre de bouse de vache desséchée et brûlée, ou de la poussière de bois de santal, de safran, etc. On en use de même pour les raies tracées sur les bras et la poitrine. Les hommes aiment à se parer de bi-

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