JAPON
COSTUMES DES CLASSES SUPÉRIEURES, MOYENNES ET POPULAIRES. — L'ÉDIFICE DE LA COIFFURE CHEZ LES FEMMES. — TOILETTES D’AP- PARAT, D'INTÉRIEUR ET DE VILLE. — MŒURS DOMESTIQUES.
Nos 1,6, 7et 8.
Coiffure de jeunes filles ; toilette d'intérieur.
Les trois premiers exemples présentent avec clarté
larrangement de la coiffure chez les dames japonaiïses. Ce bel édifice ne peut se construire en moins d’une demi-journée, ce qui est cause que les femmes obligées de travailler ne doivent songer à se coiffer qu’une ou deux fois par semaine,
En général, toutes les dames laissent pousser une légère touffe de cheveux au-dessus du front; le reste de la chevelure se divise alors en deux ailes et forme derrière un vaste chignon mêlé de cheveux postiches retenus par un peigne d’écaille, des nœuds d'étoffe, des épingles à boules de corail et à boules de verre à demi remplies d’une eau teinte de quelque vive couleur.
Le costume de ces trois jeunes filles consiste en un kirimon à petit collet ; le nœud de l’obi ou ceinture s’étalant largement par derrière,
Le n° 8 représente une jeune fille à sa toilette et considérant à l’aide d'un jeu de miroirs la partie postérieure de sa coiffure.
Nos 2,4 et 11.
Japonaises en toilette d’hiver; costume de ville,
L'hiver, les femmes du peuple sortent avec un ou plusieurs manteaux ouatés et s’enveloppent d'un am-
ple capuchon qui cache la figure à l'exception des yeux ; on se garantit les mains en les rentrant dans les longues manches du manteau.
L'usage des pelleteries est à peu près nul au Japon. Autant la race mongole aime à se couvrir de fourrures, autant les enfants du grand Nippon paraissent y répugner,
Indépendamment du manteau, on retrouve dans ces trois figures les éléments principaux du costume national : le kirimon, ouaté en hiver, toujours un peu plus étoffé chez les femmes, la large ceinture et un tablier d’une longueur presque égale à celle de la robe.
Le n° 2 offre un exemple de la manche à très large ouverture servant de poche habituelle aux Japonais (voir à ce sujet la planche ayant pour signe l’Équerre).
La figure n° 4 tient un bâton au bout duquel est suspendue une lanterne de papier.
La figure n° 11 se préserve de la neige à l’aide de son parasol,
No 8.
Jeune servante.
Mouchoir d’étoffe coquettement enroulé sur la tête.
Veste d’étoffe à fleurs, croisée sur la poitrine et serrée à la taille au moyen d’une large ceinture éclatante à laquelle se relient des bretelles de même couleur, Tablier d'étoffe rayée et semée de fleurettes ;
c’est une pièce de soie commune, apprêtée, dont les plis très accusés sont disposés horizontalement.
Cette servante circule pieds nus dans l’intérieur de la maison,
N° 5, Dame de qualité en costume d’apparat,
Coiffure renforcée de toute une auréole de gigantesques épingles en écaille blonde et brune; les lèvres sont peintes; un fichu de crêpe de soie se montre à l’échancrure d’un riche kirimon de soie brodée ; cette élégante cache ses mains dans les plis d’une énorme ceinture qui paraît être composée d’une pièce entière de soie; ample manteau ouaté, à larges manches, bordé dans toute sa partie inférieure d’un double coussinet dont le poids maintient ce manteau dans une raideur qui ajouteà la solennité de l’ensemble,
Cette dame porte des chaussures à planchette, ce qui donne quelques centimètres de plus à sa petite
stature, L
Marchand ambulant.
Ce volumineux bazar de vannerie, aux objets habilement échafaudés, offre plusieurs spécimens de l’industrie populaire au . Ce sont des corbeilles d’osier peint en différentes couleurs, des paniers de formes et d’usages divers, des ustensiles de ménage, des semelles de rechange, etc.; le tout s’amoncelle sur les parois de deux cages légères dont l’intérieur contient évidemment un autre fond de marchandises en réserve. Ces deux cages sont suspendues à une barre transversale munie au milieu d’un bâton au moyen duquel le marchand maintient tout son avoir en équilibre lorsqu'il explore des quartiers différents. Le costume de ce petit marchand se compose d'un chapeau d’écorce de bambou, d’un justaucorps et d’un caleçon en cotonnade bleue, d’un kirimon qu’un lambeau d’écharpe serre autour du corps.
N° 10, Dame en costume de ville.
Cette Japonaise, couverte d’un ample manteau ouaté,
relève d’une main son kirimon pour marcler plus commodément et de l’autre tient un parasol
Le parasol des Japonais est en soie, en toile ou en papier vernissé; son armature est en bambou (voir la planche l'Équerre).
Jeunes filles au repos.
Dans la journée, les Japonaises, couchées sur le; nattes,
font usage du petit oreiller qui leur sert la nuit pour le sommeil (voir La vie sur les nattes, dans la planche ayant pour signe la Babouche).
Dans la scène ici représentée, l’une des dux jeunes filles, couchée à l’abri d’un paravent et enveloppée dans une robe de chambre, se distrait par une lecture à haute voix qu'écoute sa compigne,
Sur la natte sont abandonnés pour le mament la pipe microscopique et un petit cabaret de laçue contenant une coupe et une petite canette @ métal renfermant probablement le précieux saki.
Jeunes filles en costume de ville.
Mouchoir de tête en mousseline très légère, ramené
devant le visage et attaché de façon à dissimuler le nez et la bouche,
No-14.
La toilette du corps dans le gynécée
Cette scène montre les trois phases de la tolette du
corps. Les femmes commencent par l’ablution entière en s’accroupissant dans une cuve ‘aux douves grossièrement cerclées et en partie recouverte par une tablette où se placent le savon et lelinge en crêpe de soie. En sortant de cette cuve, ladame se nettoie la poitrine au moyen d’eau chaude contenue dans plusieurs petits seaux. Elle complète son œuvre en se débarbouillant le visage, agenotillée devant un baquet, opération qu’elle ne saurait faire avec trop de soin à cause de la quantitéde blanc dont la figure est ordinairement couverte,
La grosse cuve en forme de demi-tonneau servant à l’ablution générale du corps se trouve dans toutes les maisons,
Documents photographiques.
Voir, pour le texte : M. Aimé Humbert, le Japon: et M. Elisée Reclus, Géographie universelle.