PREMIÈRE PARTIE DU SIÈCLE
1 à 5 + 5 6 7 $ 9 10 11 Nes 1,2, 8 et 4. — Département des Landes, N° 5,6, 7,8, 9, 10 et 11. — Pyrénées occidentales : n° 7, département de la Haute-Garonne; n°% 6, 8, 10
et 11, Hautes-Pyrénées; n°5 5 et 9, Basses-Pyrénées. LANDES (DÉPARTEMENT DES).
Le mot « landes » se trouve dans beaucoup de noms propres appartenant aux contrées dn nord de l’Europe et c'est probablement par allusion à la stérilité d’une partie des terres de l'Allemagne (land, terre), que nous avons appelé de ce nom uue grande étendue de pays qui se trouve au-dessous de Bordeaux.
En plusieurs endroits, cet espace ne présente que sables et marécages ; on dirait le désert. Cependant ces déserts français ont aussi leurs oasis ; certaines portions de terrain offrent çà et là de gras pâturages et une assez riche culture ; on rencontre parfois des abris construits en bois et recouverts de chaume où les bergers se retirent avec lenrs moutons. Tout le long de la voie ferrée ont été opérées des plantations de pins, de chênes, de châtaigniers, de chênes-lièges; des bordes (métairies) et de nombreuses oustaous (maisons) s’y sont élevées. Enfin, aujourd’hui, il n’est que peu de régions où l’on puisse voir la lande rase, telle qu’elle se montrait aux générations passées.
La race landaise proprement dite habite dans le voisinage de l'Océan, depuis Ia tour de Cordonan jusqu’à la Teste et de la Teste à Bayonne. Divers noms populaires sont donnés aux ha-
bitants des grandes Landes : à Bordeaux, on les appelle parents; à Mont-de-Marsan, cocozates ; à Saint-Sever, lanusquets (nom spécial aux bergers) ; à Dax, ainsi qu'à Bayonne, ils sont qualifiés de maransins.
N® 1,2, 3 et 4 — Lanusquets (bergers des Landes} montés sur des escasses ou tchanques garnies, ainsi que le long bâton qu'ils tiennent en main, d’un morceau d’os de bœuf en guise de ferrure.
N° 1, — Berger au repos; il tricote, son bâton lui sert de siège. Accontrement d'hiver : dolman de peau de mouton dont la laine est en dehors ; jambes enveloppées d'un camauo, peau de brebis garantissant les pieds toujours nus; capot de gros drap blanc, espèce de pelisse appelée aussi #anteau de Charlemagne, avec capuchon à bandes terminées en pointes garnies de criu de cheval; les coutures de ce capot forment un passe-poil rouge. Sons les pièces de costume qui viennent d'être énnmérées, le paysan a encore deux gilets et nue culotte s’arrêtant audessous dun genou.
N° 2. — Aubre aspect du même costume. Le capuchon est surmonté d’ane houpette de crin de cheval.
N° 3. — lemme vêtue d’une brassière et d’une jupe : cette dernière laisse apercevoir le cumauo convrant les pieds; fichu croisé sur la poitrine: tablier; comme coiffure, des serviettes plissées formant capuchon. Les jours de fête on de cérémonie, les femmes portent un bonnet à larges barbes dentelées de rouge. Ce sont elles qui ont la direction du ménage; mais, sitôt que l’ordre règne au logis, elles vont travailler dans les champs ; la plus âgée reste à la maison pour préparer les repas.
N° 4. — Berger en costume d'été : barrette, bonnet plat en laine tricotée de la même forme que le béret du Béarn ; manière de petit dolman en peau d'agneau et cumauo. Une gourde est suspendue à son côté.
Pour parcourir rapidement des étendues considérables de terrain à l’aide d’échasses (escasses où tchanques), les Landescots ou Lanusquets sont uniques dans le monde. Ainsi juchés sur leurs jambes d'emprunt, ils surveillent de haut leurs brebis cachées dans les broussailles et franchissent impunément les flaques, les marais et les tourbes. Il n’est pas jusqu'au grand bâton, objet contribuant aussi à l’étrangeté de leur aspect, qui ne soi manié par eux avec une adresse admirable, remplissant, suivant l’occasion, les fonctions de balancier, de siège on d'organe de préhension.
Dans les régions encore dépourvues de chemins, les enfants, les femmes, les vieillards, les facteurs ruraux emploient tous ce moyen de locomotion qui ne peut manquer de disparaître un jour avec les landes elles-mêmes.
Les bergers portent ordinairement sur eux tous les objets nécessaires à lenr nourriture, comme le poëlon à eruchades (farine de maïs cuite dans l’eau), le paquet de sardiues ou de hareugs salés, enfin le pain et le vin nécessaires pendant les longues journées passées hors de la ferme.