‹ Le costume historique vol. 6 1888Chapitre 2 sur 140 · COSTUMES DE FEMMES · texte numérisé non relu

COSTUMES DE FEMMES

Ces représentations proviennent des journaux de modes de l’époque, et leur rapprochement avec la date immédiate permet de suivre les modifications snecessives apportées principalement dans la longueur et la g'arnitnre des corsages dans nn espace de temps fort restreint. L’acheminement vers les modes du premier empire, c’est-à-dire vers une réminiscence de l'antiquité grecque, est très-sensible dans les figures de 1799 eb 1800.

Reproductions en fac-sünile.

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Imp Firman Didor er (Paris

Durinhth

FRANCE. — XVIII SIÈCLE

COSTUME FÉMININ. — PARURE DE LA TÊTE ET DU CORSAGE. — MODES. — 1794-1800.

La tournure du costume des femmes est restée jusqu'en 1794 ce qu’elle était devenue dès 1790. Le buste continue à s’allonger comme alors sous la compression d’un corps baleiné. Les manches étroites de la robe descendent jusqu'au poignet. Les yostiches rejettent encore en arrière le développement de la jupe, tandis que le vaste fichu de linon, le fehu menteur, engonçaut le cou, amplifiant la poitrine, se projette de plus en plus en avant. (Voir les figures en pied, représentées à la planche dont le signe distinctif est le binocle.) On portait encore aussi le crépon de Chine, et le caraco par dessus ce fichu. La modification réelle n’existe que dans l'emploi des étoffes, souvent rayées, qui devinrent, ainsi que les linons, de la plus grande

simplicité. On évitait l'emploi de la soie, on recourait aux toiles de Jouy, et les boucles de ceinture étaient en cuivre et en acier.

La chevelure resta disposée en frisuves pendantes avec un chignon retombant dans le dos, ce qui constituait une coiffure basse que Marie-Antoinette avait mise à la mode dès 1785, et sur laquelle on portait les chapeaux ou les bonnets.

En 1794, sur ces chevelures abaissées, les bonnets se ressentaient encore de l'ampleur exagérée qui avait été donnée aux coiffures peu d'années auparavant ; ils étaient devenus d'un usage à peu près général ; on ne portait plus les chapeaux élevés, droits, empruntés au costume masculin, que les modes anglaises avaient introduits en France en 1786.

La physionomie de ce costume disparut presque tout à coup. Sauf, en effet, l’arrangement de la chevelure, on ne retrouve plus en 1796 ni le corps baleiné, ni le buste allongé, ni la robe juste; le postiche et le fichu menteur sont portés ensemble. Les couleurs tendres, le

blanc qui domine, les ceiatnres en rubans, la robe plissée à la poitrine, rappellent, non comme forme, mais moralement et anssi comme couleur dominante, cette époque du règne de Marie-Antoinette où tout était à l’enfant.

Cette révolution dans le costume des femmes fut le triomphe des efforts des médecins de la dernière partie du siècle. C’était, en réalité, une réforme tardive, poursuivie par eux avec tant d’insistance et de force, que des corps constitués leur avaient prêté leur concours, et que l’on vit des Instituts comme celni de Schnepfenthal (1), proposer des prix pour ceux qui éclaireraient la question. Or, la réponse, pnbliée en 1788, avait dès cette époque dessillé les yenx du public, ‘

La raison et la mode ne marchent gnère de conserve pendant longtemps. À ce costume aisé, dont la ceinture était placée à une hauteur normale, succéda bientôt la robe collante dont la ceinture fut remontée sons le sein, et la coiffure empruntée à la statuaire antiqne.

La chevelure basse que nous avons décrite n’avait gnère subi de modifications que lorsque, pour ressembler aux victimes dressées pour la guillotine, on affecta de porter les cheveux coupés sur la nnque, à la sacrifiée; mais cela fnt passager. On continuait d’user de la perruque abondante, au chignon plus on moins tombant, ou même dénoué, avec des toupets plns ou moins prononcés, et des frisures latérales plus ou moins nombreuses, « perruque blonde le matin, brune le soir, » dit le Journal des Dames el des Modes, en 1812, dans un article rétrospectif. C'était le dernier lien avec les modes du passé. Lorsque le goût du grec et du romain se dessinait de plns en plus, on adopta les cheveux courts et frisés de la Titus, et toutes les variétés de la torsade antique et des bandelettes dont les Athéniennes aimaient à se parer. À partir de ce moment, on ne porte plus de perrngne avouée et on fait tendre ses cheveux. La coiffure se complète de chapeaux de paille, d’étoffe, noués sons le menton, comme le chapeau à Zx lucarne, ou d’une capote nouée sur le haut de la tête, ombrant le front, emprisonnant les yeux, cachant l'oreille, mais laissant le con à découvert.

Quant au reste du costume, de 1796 à 1800, on dirait qu'il a pour but de répondre à l’'étrange aphorisme émis à l’époque : « Les femmes n’ont de bon que ce qu’elles ont de beau (2). » La robe collante, en étoffe légère, avec la fine ceinture placée sous le sein, appliquée sur une simple chemise de batiste, épousa tontes les formes; les appas grenadiers sont produits alors, reconverts où non, sans le moindre mystère. « Vos mamans, dit encore en 1812 le journal € que nous venons de citer, faisaient un peu plus que laisser soupçonner leur gorge. »

(Les documents proviennent des divers journaux des modes de l'époque.)

(1) L’Armi des femmes, ou Lettres d'un médecin, par J.-P.-Marie de Saint-Ursin ; Paris, 1805. (2) Journal des Dumes et des Modes, Portraits rétrospectifs, 1812,

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