Chapitre /T
marché remarquable : des croisés, à fr. 35; des écossais, bon teint, à fr. 45 ; des guingamps, à fr. 37.
Nous fabriquons en France, depuis la toile à voiles jusqu'à la plus fine des dentelles , jusqu'à la gaze la plus légère. Tarare excelle dans la fabrication des mousselines et organdis unis et façonnés comme ceux de rinde, fait des tarlatanes depuis fr. 25 jusqu'à 18 fr. le mètre. Cette ville a enlevé à la Suisse les mousselines, jadis si renommées, et à l'Angleterre ses organdis. Les Anglais viennent y acheter les tarlatanes, après avoir fourni les fils extra-fins dont elles sont composées. (Rapport du Jury central, 4844.) •
L'Alsace, Mulhouse, Sainte-Marie-aux-Mines , fabriquent des tissus fins et variés , des étoffes d'ameublement; Lille et Saint-Quentin fournissent au monde élégant les mousselines brochées, les tissus fins de toute espèce; les rouerineries ou tissus de Rouen sont connus dans le monde entier et appréciés comme ils le méritent : on compte dans cette ville et dans le pays de Caux plus de 500 fabricants, qui occupent plus de 1200 métiers à' bras. Pour le bon marché, on trouve les fabriques de Laval, Cholet, Nantes; les tissus de coton serrés, les coutils sont fournis par diverses fabriques, entre autres celles de Fiers.
La Suisse vient après l'Angleterre, pour la production à 4)on marché. Elle fabrique principalement de grosses cotonnades; mais, à Zurich, Saint-Gall, Appenzell, la fabrication des petits articles façonnés et de certaines broderies est supérieure à celle de France, à part l'exé-
cution du dessin. Cette infériorité de prix tient à la maind'œuvre, qui est à un taux très modéré dans ce pays.
La Prusse, la Belgique, l'Autriche et Pltalie marchent plus ou moins loin sur les traces des nations précédentes, et ont quelquefois leurs spécialités. L'Inde fabrique des tissus d'une finesse qui n*a pu encore être égalée; la Chine montre avec orgueil ses nankins : nous en parlerons plus loin.
Les États-Unis cherchenLà rivaliser, pour la production des cotons tissés, avec les nations de l'ancien continent, dont le succès aiguillonne sans cesse leur amour-propre ; dans le New-Hampshire, on fabrique des tissus qui ne le cèdent pas en bon marché à ceux de Manchester, mais il faut considérer que la matière première n'a pas à subir de frais de transport et que les balles de coton qu'emploient les manufactures n'ont pas eu à traverser r Atlantique (1).
Dans le Monthly Magasine du mois de mars 1825, on trouve une note curieuse de M. Guden sur les métiers à ' tisser. Ce savant staticien a calculé que 200 ouvriers fabriquaient, à cette date, à l'aide de machines, autant de coton qu'en eussent pu produire, à la fin du siècle dernier, 20 millions d'individus sans machines, et que
(1) Consulter Introduction et premiers progrès des manufactures du coton aux États-Unis, in-S^. Boston, 1868 ; Londres, Tribner et C'«. — Voir aussi le rapport sur les fils et tissus à l'Exposition de 1878, Joum. off. des 19 et 20 oct. et 30 nov. 1878 et le rapport ; du Jury international.