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Chapitre IV

Deux manufacturiers de l'ancien département du Haut- Rhin, MM. Fergusson et Bornèque, ont fait, en 1838, une heureuse application d'un mécanisme destiné à remplacer les métiers à la Jacquart. Ce mécanisme, s'adaptant au métier mécanique à tisser,, permet d'obtenir sur celui-ci des étoffes façonnées avec la plus grande perfection (Armengaud, 1841).

Nous avons vu que l'antique navette était toujours en honneur, mais on a modifié les canettes, c'est-à dire les petits cylindres qui reçoivent les fils de trame et qui' placés dans l'intérieur de la navette sur axe libre, se déroulent plus ou moins rapidement , suivant que^ la navette est poussée avec plus ou moins de force». On en fait maintenant en papier mâché ; ce sont de petits tubes qui sont très légers et qui tournent très aisément.

Quelles que soient néanmoins les inventions et perfec" tionnements qu'ont ait apportés jusqu'ici au métier Jacquart, le principe reste le môme. « Le métier Jacquart' « dit M. Alcan, comme celui de Vaucauson, a pour but a de produire les étoffes façonnées les plus compliquées , « par le travail d'un seul ouvrier, de diminuer les chances « d'erreur, d'exécuter le tissage sans le secours de la « tire, et sans faire éprouver plus de fatigue à l'ouvrier, « que s'il s'agissait d'un travail ordinaire. » (Voir la figure l"*®, planche 36, de Y Atlas Armengaud, 1846» 5e volume.)

La France compte maintenant 68,000 métiers mécaniques. Le notiabre des métiers à bras est encore trè considérable.

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La conséquence naturelle de l'invention de ces machines à filer et métiers à tisser, est une dépense bien moins considérable en main-d'œuvre et une supériorité d'exécution dans les tissus. Aussi l'industrie colonnière a-t-elle pris depuis lors un développement immense dans toutes les parties du monde et principalement en France, en Angleterre et aux'Étals-Unis.

Dans un mémoire sur les arts textiles (i), M. Alcan constate qu'en 1812 laFrance consommait de 10 à 12 millions de kilogrammes de colon transformé; que, dans la dernière période, ce chiffre s'élevait à 90 millions, et si l'on compare sous ce rapport la France à l!Angleterre, on verra que, dans ce dernier pays, l'industrie cotonnière est six fois plus considérable. Aussi le prix de revient alteint-il, dans ce pays, un chiffre vraiment fabuleux de bon marché. On cite Manchester, comme fabricant des cotonnades à des prix incroyables : du calicot, à fr. 17 le mètre; des tissus brillantes, àO fr. 29 ; des futaines, à fr. 85; des couvertures, à 1 fr. 60; des velours de coton cannelés, très forts, à des prix analogues.

L'industrie du coton est tellement importante dans cette ville, qu'on y a fondé la publication d'un journal spécial, intitulé : Journal des approvisionnements de coton.

Glascow a des spécialités de tissus de coton d'un J)on

(1) Inséré au Bulletin d'Encouragement.

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