‹ Le cotonChapitre 103 sur 245 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

faisait autrefois à la main; aassi était-elle rare, et chère. On ne voit plus guère maintenant de .brodeuses qu'en Lorraine et en Suisse, encore leur talent ne s'exercet-âl que sur des objets de toilette, tels que cols et mouchoirs. Les broderies sur de grandes surfaces se font au moyen d'un métier, inventé par; un habitant de Mul" house, Heyman, lequel avait d'abord offert son inven" tion à Nancy, seule ville où l'on faisait de la broderie en assez grande quantité. Son invention n'y fut point accueillie, et Heyman la présenta à utie maison de Saint- Gall, en Suisse. On ne la repoussa pas, loin de là, on donna à l'inventeur les moyens de monter une certaine quantité de ses métiers, qui ont un succès contre lequel l'industrie française ne peut lutter que faiblement. Saint-Quentin cherche à rivaliser avec la Suisse (maison Le Maire et Baude).

Les métiers à broder sont conduits par l'ouvrier brodeur; on n'a pas encore pu y appliquer ^ivantageusement la force de la .vapeur ou de l'eau.

M. Lorry, fabricant de damas, a perfectionné ou plutôt approprié le métier Jacquart à la fabrication des tissus figurés et autres. La modification apportée au mécanisme a pour résultat d'éviter de peindre ou de dessiner la carte sur papier quadrillé, le lisâge de cette carte, son piquage sur les cartons et le laçage de ceux-ci sous la formé d'une chaîne sans fin.

Les journaux retentissaient dernièremeni; du récit d'une invention qui, si elle réussissait, modifierait considérablement le prix de^ la dentelle, jusqu'à présent

228 Le Colan.

fabriquée à la main au moyen de fuseaux. Une ingénieuse machine e;iccuterait maintenant ce travail délicat. Il s'est organisé une société pour exploiter cette découverte. *

Chaque industriel tend à apporter un perfectionnement à son outillage spécial, dans le but de rendre le travail plus facile, plus rapide et d'une exécution plus parfaite.

Pour terminer ce qui est relatif aux métiers a tisser, bien que nous n'ayions fail-qu'effleurer la matière, nous signalerons le métier mécanique à plusieurs navettes, inventé par M. Bornègue, manufacturier à Bavilliers, pîès Belfort, dernier perfectionnement du métier à tisser; En profitaiU des essais de ses nombreux devanciers, M. Bornègue est parvenu à fabriquer, sur les métiers Jacquart, les genres d'étoffes dans lesquels les dessins se font par le changement de trames, c'està-dire par l'emploi de navettes portant des trames de différentes couleurs. MM. Crawford et Templeton, manufacturiers à Berlh, comté d'Ayr (Angleterre), ont inventé, de leur côté, un métier mécanique à tisser, à élément continu et à plusieurs navettes, qui n'oblige pas xl'arréter le métier,* lorsque le lil de trame se trouve épuisé ou rompu.

Les machines perfectionnées, en réalité ou au dire des exposants, qui ont été présentées à l'Exposition de 1878, sont nombreuses et prouvent ce que nous venons de dire : ce sont des machines à ourdir et à bobiner; des métiers ordinaires et mécaniques, pour la fabrica-

Page 1