‹ Le cotonChapitre 105 sur 245 · Chapitre I V · texte numérisé non relu

Chapitre I V

de gaz, et força la flamme à n'agir que sur la surface des tissus. M. Tulpin, de Rouen, l'a perfectionnée encore et a pris un brevet d'invention (0. Le tondage, autre système, paraît devoir, pour quelques tissus du moins, remplacer l'opération du flambage.

Lorsqu'elle est terminée, il faut procéder au blanchiment. On blanchit, suivant les espèces de tissus, les fils du coton avant le tissage, ou le tissu lui-même. La première manipulation est, on le comprend facilement, bien plus aisée que la seconde; en efl'et, le coton filé et disposé en pièces se laisse pénétrer bien plus facilement que le tissu, par les différents bains dans lesquels on le plonge. Souvent un seulcuvier, qui sert à X faire simultanément le dégorgement, le lessivage, l'immersion dans l'acide ou dans le chlore, suffit pour donner au coton toute la blancheur requise. Il devient inutile de le changer de place, de le manipuler à diverses reprises, de là économie de temps et de main-d'œuvre. Mais tous les tissus ne comportent pas ce genre de blanchiment. Celui qui a été confectionné avec du coton écru, c'est-à-dire n'ayant pas subi l'opération préliminaire, passe, avant d'arriver au degré de blancheur qu'on désire obtenir, par de nombreuses préparations.

Les Égyptiens, paraît-il, employaient déjà des carbonates alcalins et de l'urine putréfiée, outre le moyen peu dispendieux du soleil et de la rosée. Mais ce dernier

(1) Voir Girardin, Chimie élémentaire, t. IV, p. 133.

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procédé élait presque généralement suivi; on élendait le tissu sur l'herbe d'ûnpré, et on le laissait pendant quelques jours exposé aux influences combinées de la rosée et du soleil. Ce système, que nous avons encore vu en usage dans quelques localités normandes, n'a pas paru assez expédilif pour la production actuelle, et un grand nombre de chimistes , d'industriels et de savants se sont occupés de rechercher les moyens artificiels qui pourraient être employés avec le plus d'avantage pour arriver à ce but (0.

Nous n'avons pas parlé du "blanchiment ou plutôt du blanchissage au moyen de plantes savonneuses, telles que la saponaise, le bois de Panama, le savonnier, la plante à savon, etc. , végétaux qui ont la propriété de 'rendre l'eau mousseuse et de netloyer les tissus, par la $aponine qu'ils contiennenl. Ces moyens primitifs sont encore employés dans beaucoup de pays, à défaut d'autres plus énergiques.

L'illustre Berlhollet a ouvert la yoie, en découvrant le moyen de remplacer, par le chlore (2), le soleil, qui fait souvent défaut dans les régions septentrionales. On rapporte que son préparateur, Bonjour, s'élait associé à un apprêteur de toiles de Valenciennes, nommé Constant,

(1) Pour Texplicalion de ce mode de hbinchiment , consulter la Chimie élémentaire de Girardin, II, iv, p. 140.

(2) Le chlore avait été découvert, en 1774, par le clitniiste allemand Scheele.

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