Chapitre IV
pour appliquer les découverles de son maître, mais les autres apprêteurs l'obligèrent à émigrer à Courtrai, où il ne fut pas mieux reçu. C'est le célèbre Watt qui introduisit le premier le procédé de Berthollel dans l'industrie, chez un blanchisseur de Glascow, nommé Grégor. On fit usage, à cet effet, de récipients particuliers et de machines qui furent appelées bertholliennes.
Le chlore fut d'abord employé à l'état gazeux, ensuite on le fit dissoudre dans l'eau; en 1798, Tennant substitua le chlorure de chaux au chlore 0).
M. d'Ingler, ingénieur de la marine, a proposé la potasse caustique, au lieu de la lessive de cendres; M. de Kierren, un autre système. On a préconisé le blanchiment à la berthollienne au moyen de l'acide muriatique oxygéné; la potassse perlasse, le gaz ammoniacal (M. Carressa) (2), l'acide sulfurique, l'air ozonisé, (D»" Liebig), le chloroforme ont successivement été essayés.
Les machines inventées pour ces opérations importantes ne sont pas moins nombreuses; nous avons la roue à laver, la machine à griller (quand les tissus sont destinés à l'impression), la machine à sécher, la machine à calandrer, à empeser, à plier, nécessaires pour
(1) J. Kollb : Recherches sw le chlorure de chatix et sur le blanchiment des tissus , Mémoire de la société des sciences de Lille , 1868 et 4869.
(2) Selon Tinvenleur, celte découverte donnerait une économie de 9 à 1 1 «/o sur le lessivage opéré avec le carbonate de soude.
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la préparation des toiles et tissus, avant d'être livrés.aa commerce ou à l'impression.
La description de ces voies et moyens si nombreux, si variés, àe trouve dans les ouvrages spéciaux : le Manuel de Julia Fontenelle, la Re^ue de V Architecture et des Travaux publics, V Économiste, le Bulletin de la Société de Mulhouse, le Technologiste , la Collection Armengaud, V Année scientifique, de Figuier, etc., etc.
Le but principal qu'on doit se proposer, c'est d'employer un agent qui n'altère pas la fibre du coton, et ne lui donne pas une blancheur factice, aux dépens de la solidité. C'est ce qu'on reproche au chlore; cependant l'usage s'en maintient toujours.
MM. Schradack et Le Page ont présenté, à l'Exposition de 1878, un procédé de blanchiment des textiles, qui consiste dans l'immersion, dans un bain chimique, de la fibre, qui se dépouillé des substances gommo-résineuses dont elle est entourée. On donne un ou deux bains, suivant le degré de blanchiment qu'on veut obtenir. Nous ne saurions dire si cette composition chimique altère ou non la fibre textile.
Le procédé du blanchiment par le chloroforme est assez curieux pour que nous en donnions l'explication; on emploie cette substance à l'état gazeux. Le tissu .est placé dans une boite dans laquelle on introduit de la vapeur d'eau , au moyen d'une pression à 4 atmosphères ; on fait ensuite un mélange de chlorure de chaux, de chaux éteinte, d'alcool et d'eau, le tout en proportions déterminées, et oh y ajoute de l'acide chlorhydrique.
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Il se dégage du chlorofoï'me à Pélat gazeux, lequel est mis en contact, au moyen d'un tube en caoutchouc, avec le tissu, disposé dans une boîte en, bois garnie de plomb.
Lorsque le coton est suffisamment blanchi, on chasse le chloroforme au moyen de l'hydrogène, el on le met de nouveau en contact avec le gazchloroformique. Pour donner au coton une couleur bleuâtre, on mêle du manganèse à l'oxygène, qu'on soumet, avant son entrée dans la boîte, à l'action d'un courant électrique au moyen d'une batterie (i).
Au moyen du chloroforme, M. David a proposé un procédé pour blanchir le coton en bobines, sans avoir besoin d'un devidage. Lorsque les bobines ont subi Faction de ce gaz, on agit sur elles, par un mélange d'hydrogène et d'acide carbonique; les bobines sont de suite séchées à une température de 40 degrés, et parfaitement blanchies.
Un teinturier anglais, du nom de Mercer, a reconnu que les tissus de coton, passés dans une lessive alcaline, augmentaient de densité, en vertu de cette propriété qu'ont les alcalis caustiques et concentrés, de contracter fortement les filaments végétaux.
« Son procédé, dit Girardin (2), consiste à passer les
(1) Technologiste, 1857; Blanchiment du coton, p. 18(K
(2) Chimie élémentaire, t. IV, p. 92. La lessive est une solution de soude ou de potasse caustique, marquant 60 à 70° à riiydromètrc de Twaddle, à la température ordinaire de 15° centigrades.
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d tissus dans une lessive alcalirie, concentrée et froide, (( puis, sans laisser sécher, à les laver à Peau, à les « plonger dans do l'acide sulfurique faible , et à les laver « une seconde fois. Le tissu est alors contracté en pas- « sant, il est devenu plus épais et plus serré, et cela « d'une manière permanente. Dans cet état, il absorbe « plus facilement le$ matières colorantes, ce qui fait que (( les couleurs y sont plus saturées et plus brillantes que « sur le coton à l'état normal. Les alcalis ont donc pro- <j duit sur lui un effet qui a quelque analogie avec celui (( que le foulage opère dans les tissus de laine. »
Cette opération donne un résultat tel que des tissus unis, serrés autant que possible au lissage , et qui offrent 25 à 26 fils au centimètre, en présentent îJ2 et même 35 après l'opération.
D'après Texamen fait par le D"* Gladstone, le coton mercerisé a la môme composition que la fibre végétale primitive, et la force du brin est augmentée, ainsi qu'il résulte des belles expériences de M. O'Neill {Tech., 1865, p. 98).
Le procédé indiqué, en 1840, par MM. Bidard et Girardin , pour rendre le coton imperméable, a été modifié, en 1859, par MM. Muzmann et Krakowiser, comme suit : dans 17 litres d'eau bouillante, on fait dissoudre 500 grammes de gélatine et 500 grammes de savon de suif , puis 750 grammes d'alun, qu'on ajouté par petites quantités. Après un quart d'heure d'ébullition , ou laisse le liquide redescendre à + 50«. On y plonge alors le tissu, qu'on retire quand il est bien imprégné, et qu'on