Chapitre JV
maltiplia en faisant lai-même les dessins, la teinture et la gravure sur les rouleaux qu'il avait substitués au pinceau. Son activité et son talent furent couronnés de succès ; les produits de sa manufacture furent de plus en plus recherchés. En récompense des services qu'il rendait à l'industrie, Louis XVI lui accorda des lettres de noblesse. Oberkampf s'opposa à ce qu'on lui élevât une statue, eut grand peine à sauver sa tête pendant des jours néfastes, refusa une place au Sénat et mourut le 4 octobre 1815. Il avait reçu la décoration de la Légiond'Honneur des mains mêmes de l'Empereur.
Aidé par Samuel Widmer, mécanicien, son neveu et beau-frère, Oberkampf se servit le premier, en France, des machines anglaises; avec la modique somme de 400 francs, il monta à Jouy une manufacture d'indiennes. Un autre ouvrier français, doué d'aptitudes pour la mécanique, Le Fèvre, inventa peu après la machine qui porte son nom. En 1800, un industriel, Ebinger, de Saint-Denis, près de Paris, se fit délivrer un brevet d'invention pour imprimer d'une manière continue, avec des cylindres gravés en relief. Cette invention fil travailler les intelligences; plusieurs perfectionnements furent introduits dans le système Ebinger, entre autres celui de Silberman. Hetzig, à Paris, fit, en 1814, la première machine à imprimer à un nombre presque indéterminé de couleurs; mais le plus important fut celui de M. Perrot qui, en 1834, présenta une machine à laquelle il donna le nom de PerroHne, laquelle permetlait d'imprimer à plusieurs couleurs les dessins les plus
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difficiles, avec toute la précision et réconomie possibles.
La Perrotine était loin de présenter alors tous les avantages qu'elle offre aujourd'hui. Son auteur ne cessa de l'étudier, l'améliorer, et, en 1844, il exposa une machine à imprimer en quatre couleurs à la fois.
La machine à imprimer en relief d'Ebinger, qu'on appelle en France Plomhine ou Héméline, et en Angleterre Métier à surfaces, présentait des inconvénients dont le moindre était la défectuosité de l'impression par suites de diverses causes. Un de nos anciens -compatriotes, M. Silberman, de Strasbourg, a résola le problème aussi complètement que possible. Sa machine reproduit le dessin dans ses plus petits détails, avec une perfection incroyable, et les étoffes qui sortent des presses de cet industriel sont de véritables chefsd'œuvre (1).
M. Vrac, pharmacien à Paris, a découvert un nouveau procédé d'impression sur étoffe, basé sur les précipitations métalliques.
Si l'on trempe, dit l'auteur, dans une dissolution saline d'azotate d'argent, un tissu quelconque de coton ou fil de soie ou d'autre taatière, et qu'après l'avoir essoré légèrement on applique dessus une pièce de
(1) Armengaud, t. VIÎI. — Consulter aussi Persoz^ TrcMé théorique, et pratique de l'impression de$ Tissus, le Mémoire déjà cité de M. Gonfreville, le Dictionnaire des Arts-et-Métiers , les Lettres à.\i P. Cœurdoux sur la fabrication des toiles peintes, et {^Mémoire de M. Dufay sur la teinture. — Histoire de V Académie, Paris, 1737-38.