Chapitre V
année des quantités considérables; Vindienne de Rouen, ou rouennerie, qui est la plus connue, dont nous avons parlé; la cretonne j ainsi appelée, de celui qui en a fabriqué le premier, et qui est une indienne imprimée à dessins variés, et non apprêtée : c'est l'étoffe à la mode pour l'ameublement des ménages modestes; elle a remplacé Vindienne perse ^ laquelle tirait son nom de l'eçaploi qu'on fit d'abord de deux couleurs seulement, variant du vert au bleu et du rose vif au rose tendre. Ldi perse avait un brillant et un satiné qui permettaient de la conserver longtemps sans être salie.
Rouen a fait des progrès depuis le siècle de Louis XIV. En 1682, Colbert écrivait ce qui suit à l'intendant Le Blanc : c Vous estes informé du mauvais effet que la iic mauvaise qualité des toilles de Rouen a fait dans les « Indes (Occidentales sans doute) et si nous ne travaille Ions efficacement au rétablissement de cette manu- « facture, le préjudice que le commerce du Royaume « en recevra sera irréparable »
On raconte ainsi l'origine de l'étoffe de coton en Perse. Abbas le Grand, voulant délivrer ses États du danger des invasions continuelles des Mahométans et créer à la Perse une industrie, transporta près d'Ispahan, sa capitale, une colonie d'Arméniens, peuple actif, sobre et industrieux. Ces colons, forcés de se créer, pour vivre, des ressources suffisantes, s'adonnèrent à la préparation de la soie, et non contents de cette branche de commerce, ils passèrent dans les Indes, yiichetèrent du coton et importèrent des tissus
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unis à Ispahan, par la voie de Bender-Abassi. Ils furent imprimés dans celte ville, et des caravanes les firent parvenir dans la Turquie et jusqu'en Europe. On donna à ces étoffes le nom de perses, bien que le tissu fût fabriqué sur la côte de Coromandel 0). *)
Mentionnons en passant les toiles dites de Sainte- Marie, peintes en rouge turc à Sainte-Marie-aux-Mines, puis les siamoises, et les madras de Ribeauvillé , qui eurent longtemps la vogue.
GuiNGAMP. — Le guingamp, qu'on écrit aussi guingan, était spécialement fabriqué à Guingamp, ville du département des Côtes-du-Nord. Le dessin, sur un tissu fin et lustré, représentait généralement des quadrilles de diverses grandeurs et nuances, sur fonds unis. Ce genre a passé de mode. On donne ausssi le nom de guingan ou guingham à une toile blanche et fine de Pondichéry qui fut ensuite fabriquée à Sainte-Marieaux-Mines, dans la haute Alsace.
Oxford. — L'oxford est une toile de coton en vogue depuis quelques années. Elle est tissée principalement dans un but utilitaire, n'est pas lissée ni câlajidrée comme le guingamp et le remplace sous le rapport du dessin, raies ou quadrilles;
Toile de Vichy. — La toile de Vichy est une autre variété de tissu de coton, dans le même genre, et offrant beaucoup de résistance à l'emploi.
(1) Histoire de la Perse, par de Beaumont.