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Chapitre VI

Ainsi qu'on l'a dit précédemment, les ministres de Louis XIV protégeaient le commerce et l'industrie française tout en secondant les idées belliqueuses de leur royal maître. Dumaits de Gompy venait d'être nommé intendant aux îles françaises de l'Amérique. Il lui fut remis de Veréailles, à la date du 5 juin 1685, des instructions fort étendues sur les différentes parties de son service. Il y est dit, en parlant du coton :

« Il aura soin pareillement de faire cultiver le

« cotton qui a fort bien réussi aux isles, mais que les a habitants négligent, parce qu'ils trouvent un proffit « plus présent aux sucres, et qu'ils se déchargent par ce « moyen de tout le travail sur les noirs qui sont portez « aux isles. »

Le même ministre, le marquis de Seignelay, adressait a Bégon, intendant de la marine, la lettre suivante :

A Versailles, le 31 mai 1686.

a Les intéressez en la compagnie de la Méditerranée « ont bien fait de donner ordre à leurs corres- « pondans de ne pas envoyer des toilles dfe cotton en « France, et il estoit d'une grande conséquence d'empes- <i cher l'abondance extraordinaire de ces toilles qui s'y d respandoient , que l'intérest particulier de ladicte « compagnie ne scauroit balancer le profict général « que cela procurera au royaume. Ainsy vous ne devez « rien faire autre chose à cet égard que d'exciter les v< dicts intéressez à tourner leur commerce, de sorte c( que l'eschange des draps des manufactures de Saptes

« et (le Clermont se fasse plustôt en poil de chèvre « qu'en toille dé cotton (i). »

Le commerce de la filature et du tissage du coton eurent, pendant le XVJIp siècle, en France, des alternatives de prospérité et de décadence, suivant l'état de paix ou de guerre de ce pays avec leà nations voisines. Au moment de la Révolution, alors que tout était bouleversé, un décret de la Convention, du 1^' mars 1793, annula les traités passés avec les puissances en -guerre avec la France, et défendit l'introduction de diverses marchandises étrangères, parmi lesquelles figuraient les velours et étoffes de colon.

C'est alors que l'empereur Napoléon fit tous ses efforts pour engager les savants à découvrir des substituts à la bourre, qui faisait défaut, et les planteurs de nos colonies à cultiver en grand le cotonnier. Nous avons parlé, au chapitre géographie, des encouragements qu'il donna, des primes qu'il offrit. Les résultats ne furent pas

. toujours négatifs; cependant Iç coton était encore une étoffe chère en France pendant cette période. Le pays étant pacifié, le commerce du coton reprit un

• peu d'activité. Les Américains, qui n'étaient pas encore outillés pour la confection des tissus, nous envoyaient leur coton en balles, et la production manufacturière alla en croissant, plus ou moins activement, pour certaines

(1) Documents inédits sur l'Histoire de France, coll. Avencl, Correspondance administrative, 111, p. 654.

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