Chapitre VL
espèces: gazes, tulles, organdis, suivant la mode du jour.
Les rapports des diverses .Expositions nous font connaître les progrès obtenus dans la transformation du coton. Celui de 1823 constate qu'on a exposé des cotons filés, jusqu'à des finesses de degrés très élevés, et que les habiles fabricants qui les mettaient en œuvre s'étaient eux-mêmes surpassés, dans le tissage de leurs étoffes légères, en France. Les mousselines unies et brodées pouvaient, dès lors, être comparées à celles que présentait, avec orgueil, l'industrie étrangère. Il faut remarquer cependant que nous sommes encore tributaires de l'Angleterre et de la Suisse, pour les cotons filés fins, ce qui fait que la France, représentée par Tarare et Calais, qui emploient ces fils, demande l'introduction à bon marché de cette matière première de leur industrie, ou, ce qui revient au môme, l'admission temporaire; mais il est bien difficile, sinon impossible, de distinguer, lorsqu'un tissu est confectionné, quels sont les fils qui le composent, qui proviennent de l'étranger, et quels sont ceux qui sont tirés des filatures françaises.
Exportation.
Suivant le rapport de la Commission française de l'Exposition de Londres, publié en 1854, les fabriques anglaises employaient, à cette époque, pour
55,400,000 dollars de coton (0, et produisaient 494 millions de livres de fils ou de tissus, dont 746 millions, pour la consommation intérieure, et 348 millions, pour le commerce extérieur.
En 1855, l'industrie cotonnière en France montra que si elle ne pouvait rivaliser avec les manufactures britanniques, pour le bon marché, elle n'était étrangère à aucune de ses rivales pour la qualité et la beauté de ses produits.
En 1860, la doctrine du libre échange, longtemps repoussée, finit par être adoptée; des traités de commerce furent conclus avec l'Angleterre, les droits prohibitifs abaissés, contrairement aux conclusions du commissaire du gouvernement français^ M. Baroche,et sans aucune concession de la part de l'Angleterre. Ce fut un vrai triomphe pour notre rivale.
En 1862, 1867, on a pu voir, à Paris et à Londres, des mousselines tissées avec le n<> 500 anglais, et môme avec le n» 700 (2); le rapport du Jury français sur l'Exposition de 1862, à Londres, constate que la culture du coton n'a fait de progrès considérables qu'aux États- Unis, et dans la partie anglaise des Indes Orientales,
Au sujet de cette Exposition, MM. Barrai et Dolfus, chargés de la rédaction du compte rendu relatif à l'in-
(1) Le dollar vaut 5 fr. iO.
(2) On sait que le n» 700 anglais correspond au n« 592 métrique , c'està-dire que 500 grammes de coton filé développe une longueur de 592 kilomètres, à peu près la distance de Paris en Suisse.