Chapitre VL
dustrie cotonnière, s'expriment ainsi : « La question du a coton, devenuQ tout à coup une question vitale, pour « l'industrie européenne, à la suite de la guerre civile « des États-Unis d'Amérique, a préoccupé, à un haut a degré, la section du jury international
« La production du coton brut, ou en laine, ne s'éle- « vait pas à moins de 2,265 millions de kilogrammes, ft d'une valeur de 1,600 millions à deux milliards de « francs. Elle provenait de la récolte de 20 millions « d'hectares , correspondant, à cause de la rotation im- « posée par la culture de la plante, à 60 millions d'hec- « tares, occupés par les cotonniers.
« Quant à l'Europe, en 1861, elle a mis en œuvre, ^ dans ses manufactures, 850 millions de kilogrammes « de coton, dont les 8/10® venaient d'Amérique, et les « deux autres 10*, des Indes, de l'Egypte, du Brésil, etc., « ainsi qu'il suit :
a États-Unis 0) 716 millions de kil.
c( Indes britanniques 92 -
«Egypte 27 —
- <y Brésil 10 —
« Indes occidentales et autres
« pays 5 —
« La source de production s'est trouvée tarie par la (( guerre. L^ Grande-Bretagne, qui, en 1861, absorbait, « à elle seule, près dts \yi de la consommation, a vu
(1) En 1790, rexpdrtation de ce pays ne dépassait pas 95,000 kil.
€ son industrie compromise; des usines ont dû se fer- « mer. La France elle-même a ressenti la violence de « la crise.
€ D'après les derniers documents, la quantité brute « de coton, consommé en France, dépasse 90 millions « de kilogrammes, pour 4,610,000 broches, 68,000 mé- (c tiers continus, et un plus grand nombre encore de « métiers ordinaires.
« Une commission du Jury international, assistée par a de grands manufacturiers de Liverpool, Manchester « et d'Alsace, a été constituée, pour examiner diverses « questions du plus haut intérêt, la production du < coton, dans des régions où jadis cette plante était col- « tivée, les meilleures espèces et variétés de coton, les « meilleurs procédés de culture, les moyens, en un c( mot, de l'affranchir du tribut payé à l'Amérique du « Nord. »
Les rapporteurs de ce compte rendu constatent ensuite l'état des cultures, dans les diverses parties du monde. D'après les nombreux échantillons (391), qui sont soumis à l'examen de la commission, à défaut de notions positives sur presque toutes les questions relatives au mode de culture, on ne peut, pour le moment, conseiller l'État à faire des achats directs, ou à donner des primes, pour certaines quantités produites, attendu que le commerce américain en donne d'une valeur bien supérieure à ce que pourrait proposer le Trésor public.
La commission appelle, en conséquence, toute l'attention des cultivateurs sur le mode de préparation des