Chapitre VI
cotons, et sur la qualité des machines à éplucher, ou séparer les graines des fibres 0).
§ IV
L'Alsace. — État de rindustrie cotonniëre en France.
La consommation du coton a diminué en France, dit M. J. Simo^, (t Rapport des Jurys sur l'Exposition Universelle de 1878, » mais celle des autres textiles a augmenté considérablement, et la diminution sur le coton ne s'explique que trop par la perte de l'Alsace, avec ses 1,400,000 broches et ses 30,000 métiers à tisser I &)
Nous extrayons d'un volume fort intéressant, publié chaque année par le ministère du commerce , La Statistique de la France j les renseignements ci-après, relatifs à l'industrie cotonnière en 1880.
Ces documents officiels feront voir que cette industrie n'est pas de celles qui peuvent disparaître sans causer de préjudice, et qu'il importe, au contraire, de la protéger contre les tendances de l'Angleterre et des États-Unis.
(1) Armengaud , XIV" vol.
(2) Journal officiel du 28 'octobre 1880. Les entrées de coton brut , de 4850 à 4855, étaient représentées par un chiffre- de 107 millions, qui, de 1855 à 1859, s'élève à U3; de 1861 à 1864, à U\ ; de 1866 à 1869, à 313, et de 1876 à 1880, à 206 millions.
La France comple actuellement 1081 établissements de filature et de tissage du coton. La laine seule dépasse ce chiffre (2198). Ces 1,000 manufactures occupent 99,625 ouvriers, près de 100,000 et plus du quart du personnel de toutes les industries textiles.
La force en chevaux des moteurs employés dans cette industrie est de 37,138 chevaux, dont 25,000 pour les moteurs à vapeur et 12,000 comme moteurs hydrauliques.
Les métiers pour le coton sont supérieurs en nombre à ceux qui sont appliqués aux autres textiles et atteignent presque le chiffre de 60,000 (59,409), lequel tend à augmenter chaque jour. Les métiers à bras ne sont pas moins nombreux; on en compte 67,536. Les broches à filer sont de 4,609,000, plus de la moitié de l'outillage total de la filature française.
Ces chiffres sont assez éloquents, et peut-on dire, après cet exposé succinct, que Tinduslrie du coton est secondaire en France? Il est vrai que les traités de 1860 en ont empêché le développement, mais le traité à intervenir avec l'Angleterre doit maintenir sur les filés et les cotonnades des prix tels que cette industrie puisse se relever, et que nos filateurs et tisseurs de Normandie, du Nord et des Vosges ne soient pas réduits à congédier leurs ouvriers et fermer leurs établissements.
On n'a pas encore à regretter la perte de la Russie comme tributaire de l'étranger pour les constructions mécaniques : il n'a jamais été construit dans ce vaste empire une broche de filature, un métier à tisser. Malheureusement, les établissements industriels ne s'a-