Chapitre VI
dressent pas à la France, mais plutôt à rAUemagne et à l'Angleterre pour l'achat de leur outillage; la France fournit cependant quelques machines, tirées de Normandie, pour les fabriques d'indiennes, qui travaillent essentiellement bon marché. Le personnel dirigeant est anglais.
La Russie, ainsi que l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche, a relevé ses tarifs, et les produits étrangers, surtout ceux de l'Angleterre, déjà exclus à peu près de l'Orient par la concurrence américaine, n'ont plus les mêmes débouchés qu'auparavant.
Les filatures et fabriques de tissus de coton en Espagne sont peu nombreuses, eu égard à la consommation. Le Portugal imprime à cette branche d'industrie une vive impulsion; on cite les batistes et les tissus de Guimaraès; les dentelles méritent une attention spéciale : celles que fabriquent les femmes, à Vianna, Péniche et Funchal (lie de Madère) sont une imitation de guipure et de Chantilly, digne des épaules les plus élégantes 0).
En Italie et en Grèce, des établissements pour la filature et le tissage du coton fournissent à peu près à la consommation en articles ordinaires; mais, pour les tissus de luxe, la France, l'Angleterre et l'Allemagne conservent encore et conserveront longtemps la suprématie.
Nous avons parlé ailleurs de Fétat de la culture du
(1) Société hispano-portuguaise de Toulouse.
coton dans nos anciennes colonies; notre nouvelle colonie de Cochinchine offre un sol qui peut être appliqué, avec succès, à la culture du coton; celui qu'on y cultive maintenant, le courte soie {upland green seed), rivalise, pour sa qualité, avec celui de la Nouvelle- Orléans, quoique dans de mauvaises conditions de culture et de préparation première. Quelques années seulement après la prise de possession, la Cochinchine exportait un million de kilogrammes de coton.
Outre l'exportation, Pondichéry se livre à la filature et au tissage du coton. On y compte actuellement trois grandes manufactures et 6,000 métiers indigènes, tant dans ce teh^itoire que dans ceux qui appartiennent à la France. Nous ne sommes pas , de beaucoup , arrivés au chiffre d'exportation de Bombay, qui s'élève annuellement à 250 millions.
La côte occidentale d'Afrique pourrait suppléer en partie au déficit en coton, que l'état social des États-Unis et la nouvelle voie dans laquelle entrent ses manufacturiers de fabriquer dans le pays même, apporteront dans les envois en Europe. L'Inde et l'Egypte combleront la différence. M. Campbell, consul à Lagos (côte des Esclaves), constatait en 1851 une exportation, pour Bahia et Femambouc, de près de 2 millions de livres de coton, transformé en pagnes; en 1859, Abbeokulae exportait 730,000 livres, et Lagos, près de 200,000 livres .de coton, et ce, à des prix très avantageux, vu le faible taux de la main-d'œuvre et le peu de valeur du terrain.
M. Aubry-Lecomte, ancien conservateur de l'exposi-