‹ Le cotonChapitre 154 sur 245 · Chapitre VL · texte numérisé non relu

Chapitre VL

tion permanente des colonies, qui nous fournit ces détails, ajoute aue le nombre des pagnes ou étoffes fabriquées avec le métier indigène est énorme, et qu'on ne peut évaluer à moins de 1 million de kilogrammes la matière première employée à ce travail 0).

Le traité de Paris, du 30 mai 18U, avait rendu à la France ses possessions sur la côte occidentale d'Afrique, et le nouveau gouverneur du Sénégal, le colonel Schmaltz, avait excité les colons et les indigènes à la culture du cotonnier. Quatre millions cinq cent mille pieds de cet arbuste avaient été plantés, mais le prix de revient était si considérable, qu'on fut obligé de renoncer à cet essai de culture du coton.

Quant aux autres colonies françaises, il n'y faut guère compter actuellement pour l'approvisionnement de la métropole.

Son importance aux États-Unis.

La récolte du coton aux États-Unis s'est élevée à 5,073,531 balles en 1879, et l'exportation , pendant la même année, a atteint une valeur d'environ 173 millions de dollars, ou 865 millions de francs. Si l'on ajoute qu'il y a aujourd'hui 875 manufactures, qui

(1) Revue coloniale, 1862, p. 447. Abbeokulœ ou Abbeokuta est situé près de rOgour, qui traverse le royaume d'Yarriba, au nord de celui du Bénin, côte occidentale d'Afrique.

-fi^r:

transforment en étoffes 1,568,960 balles, on embrasse d'un coup d'oeil le développement agricole et industriel de ce pays, en 'ce qui concerne le produit principal du Sud. Le progrès de l'industrie américaine, d'ailleurs, est corroboré par ce fait, que l'importance des cotonnades étrangères, qui a représenté plus de 32 millions de dollars en 1854, est tombée, malgré les besoins croissants d'une population considérablement augmentée depuis lors, à moins d^ 20 millions en 1879.

Dans le rapport sur le projet de loi relatif à l'établissement du tarif général des douanes, le ministre de l'agriculture et du commerce s'exprime ainsi en exposant la situation commerciale du coton : a L'exportation (( de nos fils de coton reste stationnaire; elle est seulea ment de 4 millions de francs en 1876, après avoir « atteint le chiffre de 8,300;000 fr. en 1873.

« L'importation qui, en 1867, était seulement de « 9,500,000 fr., s'est élevée à 47,600,000 fr. en 1876, « mais dans ce chiffre il faut comprendre pour plus de « 25 millions de fils de coton qui nous sont venus d'Al- (( saceetde Lorraine, et qui, avant 1870, comptaient « dans le travail intérieur du pays. »

Les traités de commerce avec l'Angleterre et la Suisse ont eu pour résultat, que la France a pu fournir des filés dont la finesse et la perfection sont indispensables pour la série des tissus qu'elle fabrique. Il faut cependant constater, ainsi qu'il a été dit précédemment, qu'elle est encore, sous ce rapport, tributaire de l'Angleterre.

Page 1