Chapitre VI
« Au point de vue de ses exportations en tissus de « coton, expose encore le ministre du commerce, la « situation de l'industrie cotonnière constate un chiffre « de 66,100,000 fr., qui, en 1867, n'était que de c< 57,500,000 fr. ; les importations de tissus de coton sont c( également en voie de très grand progrès. Elles étaient c( de 18,700,000 fr. en 1867, en 1876 elles atteignent le « chiflfre de 77,200,000 fr. Ces chiffres comprennent, il « est vrai, l'Alsace-Lorraine, mais c'est à peine si on a peut se résoudre à séparer les intérêts de cette an- (!c cienne partie de la France de ceux de la mère pa- <i IrieW. y>
Il est constant que, de toutes les industries françaises, la filature du coton est celle qui a le plus à souffrir de la concurrence étrangère. Cependant, d'après VIndustrie française^ il est tel filateur dont les bénéfices ont été fort élevés, puisqu'on cite, en 1876, jusqu'à 47 «/o. Il est vrai que, depuis cette époque, le chiffre a bien diminué, et qu'il était arrivé, en 1879, à U,40 *>/o, ce qui confirme les chiffres donnés plus haut, pour les valeurs en filé exportées. Il y a cependant lieu d'espérer qu'on reviendra à un taux plus élevé, parce que les filés de coton ont été considérablement modifiés par de nouveaux procédés, qui leur donnent l'apparence de la soie,
(l) Le texte de ce" rapport est inséré au Journal officiel du 1 7 mars 1878. Voir aussi les dépositions des délégués du commerce de Saint-Étienne et de Saint-Pierre-lès-Calais, dans Te même journal, à la date du 27 mai 1878.
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souplesse, éclat et presque qualité, et que, pour ce motif, les soieries de Lyon et les rubans de Saint-Élienne sont maintenant en partie mélangés de coton, dont Lyon seul dépense actuellement de !20 à 25 millions de francs.
M. Pouyer-Querlier nous fait connaître que la seule industrie cotonnière représente 650 millions de production, et n'emploie que 150 millions de matière première; restent 500 millions pour le travail: sur ces 500 millions, le Trésor prélève directement au profit du pays plus de 100 millions 0).
Les nations étrangères qui reçoivent nos tissus de coton, les acceptent tels qu'ils sortent de la fabrique, ayec leurs dessins, leur ornementation, leurs rayures; les Chinois seuls font exeeption, et, pour la petite quantité qu'ils reçoivent, ils exigent que ces étoffes soient conformes à leur goût. Ils aiment principalement les impressions à personnages, à dessins bizarres et fantastiques.
Les procédés d'impression en usage chez ce peuple, si avancé sous tant de rapports, sont très défectueux el primitifs. Ils consistent soit en un moule fixe sur lequel chaque partie de l'étoffe vient successivement s'appliquer, soit en un carton découpé à jour, sur lequel ils passent un pinceau qui ne colore que les parties de l'étoffe correspondantes aux découpures.
Si nos fabricants se décidaient à travailler pour les
(1) Journal officiel du 48 mars 1881.
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