‹ Le cotonChapitre 156 sur 245 · Chapitre VL · texte numérisé non relu

Chapitre VL

marchés chinois, nul doute que leurs produits y trouveraient un écoulement facile, si toutefois les Anglais et les Américains surtout ne venaient pas faire concurrence.

Il n'est point inutile de dire quelle a été pourPindustrie cotonnière le résultat de l'annexion à l'Allemagne de nos deux belles provinces, l'Alsace et la Lorraine 0), et nous ne pouvions mieux faire que de traduire à ce sujet l'opinion du docteur Reulaix, commissaire général allemand à l'exposition de Philadelphie.

Ce savant a fait connaître sans détour les tendances et les habitudes de l'industrie de son pays, les mœurs commerciales, la progression excessive d'articles à bas prix, aussi médiocres de qualité que de goût. Néanmoins et malgré ces difficultés, jointes aux nombreuses hésitations de règlements, de tarifs, malgré les embarras du système monétaire purement fictif, les incessantes fluctuations du change, nos anciens compatriotes ont fait des eflforts surhumains pour conserver leur bonne réputation, tout en jetant dans le commerce des articles à bon marché. Ee travail de dessin est soigné, mais il y a perte de temps et la production est relativement restreinte et chère; avec 16 machines, on ne dépasse guère la quantité annuelle de 200 mille pièces. Quoi qu'il en soit de ces conditions défavorables, le succès a couronné les efforts des Alsaciens et, conservant les traditions de bon goût et de bonne qualité , ils font aux

(1) La séparation de rAlsace et de la Lorraine a enlevé à la France 30,000 métiers, et, iusqu'en 4880, on n'en a rétabli que 8,000.

Allemands une concurrence redoutaWe (i). « Le goût « français, dit Ji. Tézenas de Montcel, c'est Tarrange- « ment, la nouveauté pour les tissus; il ne consiste pas « uniquement dans le dessin, il y a également le savoir- « faire, l'harmonie des nuances, le judicieux emploi a des textiles, et, sous ce rapport, nous excellons, t^

Actuellement, les exportations d'articles de coton sont aussi considérables qu'avant la guerre de 1870. De 1861 à 1866, elles se chiffraient en dix millions de kilogrammes; de 1866 à 1870, elles étaient descendues à huit millions neuf cent mille kilogrammes, l'Alsace-Lorraine comprise dans ce chiffre. De 1870 à 1876, malgré la perte de cette province, on constate le chiffre de huit millions neuf cent mille kilogrammes, et de 1876 à 1880, celui de neuf millions sept cent quatre-vingt-dix-huit mille, en moyenne; 1879 seul donne dix millions deux cenJt cinquante-huit mille kilogrammes, chiffre supérieur à celui qu'on constatait avant la guerre.

D'après V Annuaire statistique de la France pour 1876, il existe sur le sol français :

1,163 manufactures de coton, qui emploient :

117,109 ouvriers, qui utilisent

34,466 chevaux- vapeur, pour mettre en mouvement 4,875,324 broches et

51,184 métiers mécaniques, et l'on compte de plus

94,892 métiers à bras (2).

(1) Revue des Deux-Mondes, 15 mars 1878. L'Alsace-Lorraine.

(2) La fabrication du velours de coton occupait en Picardie , il y a une quinzaine d'années , 25,000 ouvriers.

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