‹ Le cotonChapitre 16 sur 245 · Chapitre h · texte numérisé non relu

Chapitre h

litnde est peut-être aussi grande 'de nos jours qu'à l'époque où il vivait.

Le P. Lemoine a appelé la neige, le coton des hivers :

Et tout rhabtt couvert de rubans veloutés, Du coton des hivers paroissoient mouchetés

M°»® de Se vigne raconte, dans ulie de ses lettres, qu'un laquais, qui était à la Trappe, était devenu fou, n'ayant pu supporter les austérités de cet Ordre, et ajoute « qu'on cherche un couvent de coton pour le mettre. »

Malherbe, en parlant du fils de Henry IV :

Et ne tarderont ses conquêtes, Qu'autant que le premier coton Tardera d'être en son visaige, Et de faire ombre à son menton.

D'un enfant à la santé duquel la mère donne des soins trop minutieux et exagérés, on dit tous les jours '- « Elle le lient dans une boîte de coton. j>

Comme terme de comparaison, nos poètes ont fait de ce mot le plus heureux usage :

Jeune surtout ; à peine son menton S'était vêtu de son premier coton,

a dit La Fontaine, en parlant d'un adolescent à qui la barbe commence à pousser.

Et, dans ce même cas, Voltaire :

Vainement sur notre menton, La main de l'aimable jeunesse N'a mis encor que son coton.

Et de Saint :

Mais quand la puberté, qui les rend plus nerveux, Ont tfun léger duvet cotonné leur visage.

Pour exprimer une chose douce et moelleuse, oa s'est encore servi du mot coton. Racine» dans son poème de la Religion^ en parlant du nid des oiseaux :

Sur le plus doux coton que de lits étendus.

Hans un autre ordre d'idées, un malade qui sent ses jambes fléchir sous le poids de son corps, dit qu'il a des jambes de coton. Si Ton veut indiquer qu'un malade ne tardera pas à mourir, on dit encore qu'il file un vilain coton.

Ce mot est quelquefois pris pour synonyme d'embarras, comme dans cette phrase : pour obtenir son consentement, il y aura du coton (peu usité); on dit aussi qu'une affaire donne du fil à retordre.

Dans un engagement, quand on s'est battu vivement, les soldats disent dans leur langage imagé : il y a eu du coton à .

D'après le P. Labat, on donnait, aux Antilles, le nom de coton aux petits d'un oiseau appelé diable, qui, d'après Buffon, se rapporte aux pétrels; n'y a-t-il pas confusion avec Pinsecte qu'on appelait, à Saint-Domingue, diable ou diablotin, qui s'attaque aux cotoniers ? 0)

(1) D'après le Dictionnaire encyclopédique, Toiseau en question serait un beofigue des Antilles.

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