‹ Le cotonChapitre 17 sur 245 · Chapitre L · texte numérisé non relu

Chapitre L

On dit d'une personne qui fait la sourde oreille aux propositions qui lui sont faites : elle a du coton dans les oreilles.

Dans l'ancienne marine, on désignait, sous le nom de cotons^ des pièces de bois, qu'on appelle maintenant jumelles, destinées à renforcer un mât.

Le mot coton est employé dans un jeu de société. L'hiver, quand on est assis en cercle, on joue à coton vole; ce jeu consiste à faire voltiger, au moyen du souffle de la bouche, un petit flocon de coton, sans le laisser tomber à terre. Le joueur qui n'a pas soufflé assez fort et qui l'a laissé tomber, donne un gage.

Dans l'Inde française, on donnait jadis le nom de cotonal à un magistrat chargé de juger les afl'aires criminelles; son nom venait sans doute de ce que le commerce de coton en suscitait un grand nombre.

On appelait , dans la Grèce ancienne , cotonaque , le vêtement de coton que portaient les femmes esclaves; le bord était garni de peaux O).

On a créé récemment le mot colonisation pour la conversion en coton des fibres d'un végétal quelconque. Nous parlerons plus loin de cette transformation.

On trotive encore, comme dérivés du mot coton, le cotonnier, puis les étoffes fabriquées avec ce textile, col'mnade, cotonnette, cotonnine, cotonnis, qui est une étoffe des Indes, moitié soie, moitié coton (2).

(1) Dkt. de Larousse.

(2) D'après le Dict. encyclop., c'est un satin et non une étoffe de coton.

Les chimisies donnent le nom de cotunnile à un chlorure de plomb, qui a la forme de petites aiguilles cristallines blanches, d'un vif éclat, rencontrées sur les laves du Vésuve , et qui fait Teffet d'un duvet.

Par extension, et par analogie avec la légèreté du coton, on dit d'un ouvrage, d'un discours, qui n'a pas de fond , futile et léger : c'est une cotonnade (style de journaux).

Une fabrique d'étoffes de coton s'appelle quelquefois une cotonnerie.

Vient ensuite l'adjectif, qui compare un objet avec le coton : cotonneux, un fruit, un ciel cotonneux, une surface cotonneuse; cotonnant, qui se dit des lames de cuivre, à la surface desquelles apparaissent des points blancs, semblables à des flocons^ de coton; cotonnier, l'industrie cotonnière.

On donne quelquefois le nom de plantes cotonnières à certaines espèces de gnaphalium filago, qui sont couvertes d'un duvet blanchâtre et cotonneux.

On a fait aussi le verbe cotonner, qui signifie garnir de coton , avec son participe passé , plus employé que les autres temps du verbe.

Du mot coton est venu celui de hoquelon, suivant l'avis de Caseneuve, adopté par Ménage (Dict. étym,), qui cite plusieurs exemples de l'emploi de ce mot, qu*on écrivait aussi atiqueton, alcolto et alcoto. On lit dans le roman de Girard de Rossilhon, écrit en ancienne langue provençale :

Un ausberg ac vestit ses alcoto.

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