Chapitre VIL
« celle qu'on obtient du meilleur lin. Les fibres qui « formaient cette filasse, étaient d'une grande finesse; « 500 grammes ont donné un fil de 9,300 mètres. « Lorsque le fil de ramie est mouillé , il égale la téna- « cité du meilleur chanvre; sa force d'expansion dé- « passe de 50 V© celle du meilleur lin. »
Cette plante donne naissance à un type nouveau de tissus, qui particifle à la fois des qualités du coton et de celles du lin, et qui aura, nous n'en doutons pas, dit L. Figuier (i), un avenir brillant.
Le D'^ Grandgnard a installé, à Marseille, pour le blanchissage et le rouissage de la ramie, une usine, dans laquelle fonctionne la machine Rolland, qui ne donne qu'un déchet de 30 Vo sur les tiges fraîches de cette plante.
La culture de la ramie, en Algérie, paraît donner d'excellents résultats, principalement dans la province d'Oran, à Relizane, et dans les plaines de PHabra. « Mais, pour qu'elle se développe, dit le général a: Chanzy (2), il faut que le cultivateur soit assuré d'un « placement rémunérateur de son produit, et qu'on e: puisse leiller les tiges sur place, de manière à ne « livrer au commerce que la filasse. »
Le vœu du gouverneur général paraît avoir été résolu dernièrement ; les produits du tissage des filasses de la
(1) Année sdientifique, 1866, p. 405, et 1867, p. 491.
(2) Exposé du gouverneur général de r Algérie, novembre 1877.
ramle, obtenus par le procédé nouveau, et e;iposés au palais du Trocadéro, par M. Bathier, de Mustapha, sont •assurément comparables aux meilleurs tissus de fil de laine et de soie (Rapp. du 28 juin 1878).
La ramie fait l'objet d'une culture nouvelle au Sénégal ; quelques colons ont envoyé à l'Exposition de i878 des fibres de cette plante. On ne peut encore rien préjuger de l'avenir qui lui est réservé dans nofre colonie sénégalaise. Il est constaté cependant que, dans les climats chauds, on peut faire jusqu'à quatre récoltes par an et en obtenir un bénéfice net de près de 800 fr. •par hectare. En Amérique, où cette plante a été introduite en 1867, elle a succédé à^ plusieurs plantations de cotonniers dans les États du Texas et de la Louisiane, et le long du Mississipi.
On trouve la variété de bœhmeria dont nous venons de parler, à Java, où les naturels l'emploient pour faire des cordages, des filets et même des étoffes, ainsi qu'à Sumatra et dans l'archipel indien. On essaie l'introduction de la ramie à Taïti, où elle paraît devoir mieux réussir que le cotonnier, parce qu'elle exige 'moins de soins de culture.
La difficulté d'emploi des fibres de la ramie vient de ce qu'on n'a pas encore trouvé un moyen expéditiï et peu dispendieux, de la purger complètement et rapidement des matières incrustantes qu'elle renferme , et qui sont abondantes en.même temps que très tenaces. C'est un champ d'études Ouvert aux industriels chimistes.