Chapitre VIL
Le rotang fait d'excellents amarrages; le rotang à cravaches, sert aux mêmes usages que l'osier des pays' tempérés. Les Philippines ont envoyé, à l'Exposition de 1878, une tige de rotang (quelle espèce?) de 120 mètres de long; on ne peut utiliser la soie de cette espèce de palmier qu'à rembourrer des matelas, à cause de son peu de longueur et de sa fragilité.
La flexibilité des feuilles du sagoutier fait qu'on les emploie, aux Gomores, pour faire des pagnes et des pièces d'étoffe (Aubry-Le Comte), et, sur la côte occidentale d'Afrique, pour couvrir les cases.
Le pétiole des feuilles du rondier peut êfre converti en cordes grossières; dans l'archipel des Bissagos, au sud du Sénégal, le seul vêtement des femmes consiste en une frange de 25 à 30 Vm de fibres de rondier, dont elles se ceignent les reins. On écrit sur les feuilles, avec un stylet; ces feuilles servent aussi à faire des paniers, des nattes, des éventails, et prennent bien la teinture.
Tout le monde connaît les chapeaux faits avec les feuilles dulatanier, divisées en lanières plus ou moins larges, selon la finesse du tissu qu'on veut avoir; ces feuilles sont d'une souplesse remarquable, et se prêtent aisément à tous les travaux de vannerie les plus délicats.
Avec les feuilles du palmier doum, on fait des tapis, dans la haute Egypte; les fibres portent le nom de crin végétal, ainsi que celles de quelques autres espèces de la famille des palmiers.' Les fibres du ioulouri, de la Guyane, font des sacs très solides, et celles du talipot^, de Ceylan, peuvent être converties en petites cordes, et
servir à faire des hamacs; avec les feuilles d'une autre espèce de corypha, on fait des tentes, des parasols; les livres tamouls sont écrits sur ces pages végétales , au moyen d'un stylet de fer; une cordelette les réunit W.
Le rhapis donne un crin végétal abondant; nos comptoirs de la Côte-d'Or ont envoyé, à l'Exposition de 1878, des étoffes faites avec les fibres de ce palmier. Le dattier, plus connu sous un autre rapport, fournit, au moyen de ses feuilles, des paniers, des cordages, des tissus, etc.; on a pu voir, à l'Exposition de 1878, des spadices de ce palmier, présentés par la Société africaine comme textiles, et des racines susceptibles d'être converties en matière filamenteuse.
Il n'est aucune partie du cocotier qui ne soit utilisée ; dans les îles du Pacifique, les indigènes tressent les fibres qui entourent la noix et la base des feuilles, et se servent.de ces cordes, à défaut de clous, pour réunir les diverses parties de la charpente de leur case, qui souvent est faite avec le tronc.
Dans l'Inde, on préfère au chanvre la bourre de coco, appelée aussi cair^ caer, ou kair (cayro, au Malabar), pour le calfatage des navires, cette bourre étant moins susceptible de pourrir; dans notre petit territoire d'Yanaon, on en a recueilli, dans une année, jusqu'à
(1) Le tanioul est une langue dravidique , et parait 'avoir tHë un des idiomes des indigènes de l'Inde , avant l'invasion d)3s hommes parlant le sanscrit (Liitré).