‹ Le cotonChapitre 3 sur 245 · Chapitre L · texte numérisé non relu

Chapitre L

tissu moelleux , il n'y eut sans doute pas bien des années d'intervalle.

Il est à regretter que les écrits de Salomon sur les végétaux ne soient point parvenus jusqu'à nous. Nous y aurions sans doute trouvé la mention du cotonnier et de son usage, puisque, dans ce traité, le sage roi faisait mention de tous les arbres, depuis le cèdre qui croît sur le sommet des montagnes du Liban jusqu'à l'humble hysope, qui. pousse dans le creux des rochers (i).

A l'époque où les Hébreux étaient en Egypte, le cotonnier était connu sur les bords du Nil, où il croissait spontanément (2), sa bourre était filée et tissée, et les vêtements qu'on en confectionnait avaient une grande valeur. On lit dans la Genèse (3) que le Pharaon régnant, pour récompenser Joseph, le fit revêtir d'une robe de coton, stolâ byssinâ (le texte hébreu dit : des habits de schesch), récompense qui ne paraîtra pas frivole, si, comme on le dit, les prêtres seuls avaient le droit de s'en couvrir. Strabon rapporte que le cotonnier était cultivé en Egypte onze siècles avant Jésus-Christ, et de Candolle, dans sa Géographie botanique ^ mentionne le fait d'une graine de cotonnier trouvée dans le cercueil

(1) Rois, ch. lY, V. 33.

(2) D'après Ampère fils, la cufl Egypte qu'après l'an 80 de l'ère chrétî^

(3) Genèse, ch. xu, v. 42.

d'iine. momie 5 par RoselUni, et déposée .au musée de Florence, et Champollion, en parlant de la préparation des momies, dit qu'on les bourrait avec des herbes sèches et du coton en y mêlant du baume.

Des doutes se sont élevés, dans l'esprit des savants, sur la question de savoir si le byssus, Bvççoç, dont il est fait si fréquemment mention dans les Livres saints, est réellement du coton ou toute. autre matière textile.

Il est constant, d'une part, que le lin était cultivé en Egypte à une époque reculée dans l'antiquité 0). Les tissus trouvés dans les tombeaux de Thèbes'et les catacombes de Philœ, ne permettent pas d'en douter. D'autre part, le cotonnier croissait et existe encoreà l'état sauvage dans la Haute-Egypte, la Nubie et TAbyssinie. Les anciens Égyptiens le connaissaient, et la preuve de son existence, c'est que Rosellini en a trouvé des graines dans le cercueil d'une momie.

La discussion a porté d'une manière particulière sur la question de savoir si les bandelettes et tissus qui enveloppaient les momies étaient de lin ou de coton. Le chimiste Tompson (Rev. brit., 1837, p. 169), Dutrochet (Compte rendu de l'Ac. des Se, 1" sem., 1837, .p. 739), de Candolle (Géogr. bot,, ii, 972), Ritter, Greaves et d'autres savants, s'appuyant sur l'analyse de Bauer, ont incliné pour le lin. Rouelle (Mém. deVAc, des Sc.^ 1*750), Larcher (Notes accompagnant sa traduction d'Hérodote\

(1) Reynier, Econ. égypt., p. 345.

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