Chapitre L
Forster {de Bysso antiquo), Jomard (Descript, de l'Egypte anliq.:, ch. ix, sect. ^«), et D. Calmet (Commentaires sur la Bible), ont adopté l'opinion contraire. Hérodote luimême (Thalie) distingue le lin du byssus, qui ne serait autre chose que le coton. Parkhurst, dans son Dictionnaire, rapporte au byssus la description que donne Pliae du coton et de Tarbre qui le produit.
Dans ses Leçons de Chimie élémentaire ^ Girardin (t. IV, p. 73) dit : (< que la description détaillée que « donne l'Ancien Testament des habits pontificaux, ne « peut laisser aucun doute sur l'ancienneté de l'usage « du lin pour les vêtements. > Et à la page 85 du môme volume : ce le byssus on lin oriental y dont il est fait « mention dans l'Écriture Sainte, n'est autre chose que € le coton, dont le nom indien esCtaba. >
Que doit-on conclure d'opinions si différentes les unes des autres, émises par des savants de premier mérite. C'est, selon nous, que le lin et le coton étaient employés, simultanément en Egypte, que le lin était plus cuUivé que le coton, et que les tissus de cette dernière matière, plus chers et plus précieux que les premiers, étaient réservés pour tout ce qui touchait au culte.
Ce fait admis, on trouve, à chaque instant, le tissu de coton employé dans la Bible. Au Ovre de l'Exode (Oj Dieu prescrit à Moïse d'entourer le tabernacle de dix
(1) Ex., xxvï, V. I, 31, 36.
rideaux de coton retors; un peu plus loin, il ordonne la confection d'un voile de coton rejors, avec broderies; autour du parvis doivent être des rideaux de coton retors 0).
Dans ses commentaires sur la Bible, D. Calmet dit, en parlant des habits pontificaux d'Aaron et de ses fils : Il est très croyable que la tunique, dont il est question ici, était simplement de lin ou plutôt de coton, comme il paraît par le chap. xxix; et, plus loin : Quoique les tuniques fussent ordinairement de lin , elles pouvaient néanmoins être quelquefois de laine ou de coton. Le bonnet du grand prêtre était de coton ou byssus. Le savant commentateur des Livres saints, à l'occasion du chap. XXV, V. 4, de l'Exode, se livre à une longue dissertation sur la plante que désigne le mot hébreu Scheschj et pense que ce n'est pas autre chose que le coton. Hérodote (Tftafo>) raconte qu'Amasis,roi d'Egypte,
envoya au roi de Lacédémone une cuirasse de lin
ornée d'or et de la laine du xylon ou cotonnier; quelques savants pensent que cet auteur désignait le fromager, bombax, dont la graine est enveloppée de houppes soyeuses.
Pollux (2) parle d'une toile dont la trame était de fil et la chaîne de coton. Le naturaliste Belon assure que les voiles que l'on faisait en coton, dans l'Egypte, étaient plus fines que les ouvrages de soie.
(1) Ex., xxvu, V. 9, 14, 15, 16, 18; xxxviii, v. 16; xxxix, 27.
(2) Livre VII, chap. xvu.