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Chapitre L

constate que toutes les données qui ont été publiées jusqu'à présent sur la largeur des fibres de coton, n'inspire aucune confiance, sous le rapport de leur exactitude, parce qu'on n'a jamais tenu compte des variations qu'elles éprouvent dans la longueur du brin, et qu'on n'a pas mesuré des maxima dans la section de filaments distincts, mais des sections arbitraires.

L'analyse du coton avait donné au docteur Ure le résultat suivant :

Carbone . 42,ii

Hydrogène 5,06

, Oxygène 52,83

D'après M. Payen, les chiffres diffèrent un peu; ce sont :

Carbone 44,35

Hydrogène 6,14

Oxygène ............ 49,51

L'indice le plus important, pour reconnaître le colon, est la pellicule fine qui recouvre la surface extérieure, et qu'on nomme cuticule. Dans les cotons grossiers, cette pellicule est fortement. développée, et apparaît comme une membrane finement granulée, striée ou rameuse. Cette cuticule est d'autant plus prononcée que le coton est plus grossier et a moins d'éclat. Dans le beau coton soyeux du G, barbadense, il est souvent

assez difficile de constater la présence de cette membrane.

MM. Wiesner et Cramer 0) se sont occupés des changements morphologiques que le brin du coton éprouve, lorsqu'on )e met en contact avec la liqueur cupro-ammoniacale. C'est surtout sur la cuticule que cette liqueur agit, en la déchirant, l'accumulant sous forme d'anneaux, en certains points du brin, renflé sous forme vésiculaire. Celte étude est purement spéculative, et n'a guère d'application dans l'industrie,

Enfin, M. Wiesner traite delà matière colorante du coton. C'est une erreur de croire que ce textile (il parle du coton blanc) est d'un blanc complètement pur; il présente toujours un œil jaunâtre, plus ou moins prononcé. Il y a même des cotons, ceux de la Louisiane, qui ont une nuance bleuâtre.

Ces teintes existent surtout dans la bourre de fond; quelquefois le microscope est nécessaire pour les constater.

Il restait à résoudre la question de savoir si la coloration jaune du coton, qui paraît communément blanc, est la même que celle qui colore en jaune les filaments nankin des G. religiosum elfloridum, M. Wiesner, après de nombreuses observations faites à ce sujet, répond

(1) Journal trimestriel de la Société d'Histoire naturelle de Zurich , 1872. Consulter, pour les caractères distinctifs des diverses espèces de coton, le Dictionnaire universel du Commerce et de la Navigation, Guillanmin, 1859.

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négalivement. Il a trouvé, au moyen de réactifs, que la maliëre colors^nle nankin est insoluble dans Teau, l'alcool et l'élher; que les. alcalis et acides avivent sa couleur, et que Tacliou prolongée, même à froid, la détruit complètement.

Le môme savant a observé que la matière colorante des bourres de fond des G. arboreum, barbadense et conglomeralum, passe au rouge rosé, par lés acides, et est colorée en vert par les alcalis.

Ces différentes études microscopiques du coton, toutes de scîence pure , ne peuvent avoir qu'une utilité secondaire dans l'emploi du colon, au point de vue industriel; il est peu de manufacturiers, j'en suis convaincu, qui portent si loin leurs investigations, lorsqu'ils examinent les cotons nécessaires à leur fabrication.

Le coton est très hygrométrique. D'après GirardUi, le linge le plus sec contient encore 3 «/o d'humidité, qui s'évapore à l'étuve, mais qui revient dès que le linge se trouve dans le milieu ordinaire (t).

Le coton s'emploie principalement comme matière textile, mais il sert encore à beaucoup d'autres usages,

(i) Quelques ipipressions à Tindigo avaient été apprêtées au silicate dô soude, et ctinservées en ballots pendant deux ans. MM. H. Caro et U. Danser, en les examinant avec attention, ont observé un exemple remarquable de Taction dangereuse que ralcali libre ou carbonate exerce sur la ûbre du coton. La force de cette fibre avait diminué de près d'un tiers de celle de quelques autres pièces apprêtées à l'amidon. La note qui relate ^es expériences à ce sujet faites par MM. Caro et Danser est imprimée dans le 27« volume du Technoïogiste , année 4868, p. 21. Voir aussi le

6i Le Coton.

dans réconomie domestique, soit tel que la plante le produit, soit après avoir subi des transformations plus ou moins nombreuses.

Le colon simplement cardé , ou ouate, s'emploie avec succès dans le traitement des brûlures. Étendu sur une plaie de cette nature, il apaise promptement la douleur, empêche ou arjête Tinflammation, et prévient autant que possible les difformités. Aussitôt après l'accident, s'il existe des vésicules ou phlyctènes, on eii fait écouler la sérosité; puis, on applique le coton par couches minces superposées, et le malade reste sans mouvement. On laisse l'appareil en place^ le plus longtemps possible, et si l'abondance de la suppuration oblige de le changer au bout de quelques jours, on a soin de faire ce changement, le plus promplement possible, pour empêcher le contact de l'air 0).

On emploie encore le coton cardé dans les rhumatismes, érysipèles, douleurs quelconques, maux de dents, enflures, etc., partout, en un mot, où il est utile de conserver une chaleur égale, et de préserver la partie endolorie des variations de l'état atmosphérique.

La médecine a préconisé, pendant quelque temps, la charpie de coton. En eflet, les filaments de ce végétal sont plus souples et plus flexibles que ceux du lin, com-

Mémoire de M. Clievreul, insère dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, 4836, 2« sem., p. 292, relatif aux proportions d'eau que les étoffes absorbent dans des atmosphères à 65*, 75*>, 80« et 100° de l'hygromètre de Saussure.

^ (1) Dictionnaire de Nyslen.

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posés d'une série de tubes, plus ou moins rigides; mais on' a dû revenir à l'emploi' de la charpie faite avec la libre de* cette dernière plante, précisément parce que «es tubes ont un pouvoir absorbant bien plus considérable que les surfaces p|ates du coton. Quelques auteurs cependant maintiennent la supériorité au coton içabibé de glycérine.

Le savant micrographe Leuwenhœck a observé que les fibrilles du coton sont triangulaires, et à angles tranchants; c'est pour ce motif, dit-on, que les étoffes de cotoD les plus fines, sont plus dures sur la peau que celles de lin; et pourquoi la charpie de coton enflamme les plaies. On vient de voir pourquoi on donne, pour le pansement des plaies, la préférence à la charpie de lin. Quant à la dureté du tissu de coton sur la peau, c'est un préjugé; seulement, pendant les chaleurs , il est préférable de porter des tissus de lin, parce qu'ils absorbent mieux la transpiration.

On a préposé de délivrer aux soldats combattants des tampons de coton salicylés, c'est-à-dire imprégnés d'acide salicylique, de 2 à 3 grammes, dont ils pourraient se servir pour se panser eux-mêmes, en attendant le secours du médecin. On en délivre en Allemagne, au moment de la mobilisation 0).

La ouate préparée avec un 5^ d'iode, ce qu'on appelle le coton iodé,, e* employée chaque jour contre les engorgements glandulaires du cou.

(1) Figuier, Ami. sc./1880.

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Afin de préserver les ouvriers qui travaillent des matières délétères, de l'introduction dans les poumons, par la respiration, de parcelles de ces corps m^alfaisants, ^ M. Wolff a inventé un masque, qu'il appelle respirateur d'ouate i avec un tampon de coton non cardé, sur lequel s'arrêtent les poussières et corps étrangers, qui pourraient occasionner des troubles dans les voies respiratoires et même altérer la santé des manipulateurs.

Lie molleton de coton, imprégné d'une décoction émoUiente, remplace avantageusement les cataplasmes demie de pain, de farine de graines, de tourteaux de lin.

Un tissu spécial, en coton, sert à enrober les cataplasmes préparés avec ces substances.

Les Anglais préparent, avec le coton, une sorte de charpie feutrée, qu'ils préfèrent à notre charpie de toile. Imprégné de nitre et de chlorate de potasse, le coton s'emploie quelquefois comme moxa.

M. Pasteur, dont les éludes sur la fermentation des matières putrescibles sont connues de tout le monde savant, a employé souvent la ouate, comme filtre, pour arrêter au passage les poussières et les germes charriés par l'air, et avoir ainsi de l'air absolument pur. De là à la conservation de la viande et des autres produits alimentaires, il n'y a eu pour lui qu'un pas.

Les théories peuvent être excellentes, mais la pratique est souvent difficile. Il est clairf dit M. de Parville, que l'on conserverait facilement la viande et les autres produits alimentaires, si l'on parvenait à les mettre industriellement à l'abri des germes atmosphériques

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