Chapitre L
On a ensuite obtenu, à l'état à peu près pur, la cellulose ou tissu utriculaire, corps blanc; solide, diaphane, insoluble dans l'eaui l'alcool, l'élher, les huiles fixes ou volatiles. Sa pesanteur spécifique est supérieure à celle de l'eau, et sa composition chimique, s'exprime par
C12HiOOH).
Le coton se dissout dans les solutés alcalins concentrés, et les acides forts le décomposent. L'acide azotique à chaud le transforme, en acide oxalique.
Le coton brut contient un 'certain nombre de principes immédiats," acide pectique, acide gras, matières céreuses, colorantes, albuminoïdes.
En 1846, le professeur Schœnbein, de Bâle, a traité la partie solide du coton, la matière ligneuse, la cellulose en un mot, par l'acide azotique monohydralé, seul ou mélangé diacide sulfurique, à 66<>, et en a obtenu une matière explosible, qui a reçu divers noms : fulmicolon, coton-poudre, poudre-coton^ pyroxyle, pyroxylinej nitro-lignine , cellulose trinilrée, trinUro-cellulose. Ce produit a le caractère extérieur du coton cardé, mais, au contact de l'iode et de l'acide suif urique, il jaunit et ne bleuit pas. Frotté dans un endroit sec, il est phosphorescent, mauvais conducteur de l'électricité; il n'est soluble que dans l'élher contenant de l'alcooL Préparé avec de Tacide azotique nitreux, il est plus soluble. Il prend feu, de 75 à 180«. Sa formule est :
C24 Hi7 0*7 3 Az 0^
Tels sont les caractères que donne Nysten, dans son
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dictionnaire 0). Ajoutons le pouvoir détonnant de cette maitière explosible. Une livre de pyroxyle suffit pour déplacer de 30 à 60 tonneaux. Ce pouvoir a un effet six fois plus grand qu'une livre de poudre ordinaire de mine. Le savant chimiste Pelouzefaisait, a ce sujet, la môme découverte que son confrère de Bàle, et, chose étonnante, dans la même semaine. Nous raconterons, plus loin, en quelles circonstances.
Il n'entre pas dans notre plan d'indiquer les nombreux usages qu'on fait actuellement du fulmi-coton, soit dans la guerre et la marine, soit- dans Tindustrie, Cet emploi tend à se développer de plus en plus; il prendrait encore une plus grande extension, si celte matière n'offrait aucun danger (2).
On a découvert le moyen de fabriquer le coton-poudre dans de telles conditions, que, s'il prend feu accidentellement, il brûle simplement, et ne développe son énergie que lorsqu'on le met en œuvre. Ce moyen consiste, suivant le principe de M. Abel, à réduire le cotonî)oudre en pulpe; puis, à le comprimer, sj&us une pression de trois tonnes environ, par centimètre carré. Cette réduction en pulpe assure un lavage, plus uniforme, qui débarrasse le coton de tout acide, et, par
(1) Consulter aussi Dorvault, Répertoire général de Pharmacie pratique, et Héraud, Dictionnaire des Plantes médicinales.
(2) Louis Figuier, dans le tome H de son Exposition et Histoire des principales découvertes scientifiques modernes, donne des détails fort intéressants sur le fulmi-coton, pages 291-316. — Voir Chimie photographique, par BaiTeswil et Davanne, page 315.